256 ART
feulement qu’elle excite les forces de lavolonté, ibid. (première édition) 46^. a , b.(troifieme e'dition) 489. a, b. Ne diffimli-ions cependant rien. Les beaux-arts peu-vent aifément devenir pernicieux à l’homme.Us perdront celui qui en fera un ufage in-difcret. Quand leur énergie tombe entredes mains perfides, le plus excellent desrernedes devient un poifon mortel. Il eftdonc indifpeniable d’en foumettre l’ufage& l’emploi à la direction de la faine poli-tique & de la raifon. Soins que devroitprendre le gouvernement, i°. d’éloignertout ce qui peut corrompre le goût, &détériorer les arts ; ibid. (première e'dition)466. a , b. ( troifieme e'dition ) 490. a , b.2.‘h de les faire pénétrer jufqu’à l’humblecabane du moindre des citoyens.
Hiftoire des beaux-arts. Les beaux-artsfont des plantes indigènes, qui fans exigeraucune culture pénible, croifiènt dans tousles lieux où la raifon a acquis quelque dé-veloppement. ibid. (première e'dition ) 467.a , b. (troifieme e'dition) 491. a, b. Onretrouve les principales branches des beaux-arts chez des nations qui n’ont eu aucunecommunication, ni direâe, ni indiredeentr’elles. On y retrouve même des ra-meaux particuliers qui dérivent de cesbranches principales. A l’égard de leur an-tiquité, les arts qui tiennent au deflin ,avoient déjà pris racine dans la Chaldée,au tems d’Abraham ; & fous le régné deSéfoftris, contemporain de Moïfe, l’archi-tedure florifioit en Egypte. Il femble quela Grece propre n’a connu les beaux-artsque par le moyen de fes colonies répan-dues dans l’Italie & dans l’Ionie, ibid. (pre-mière e'dition ) 468. a , b. (troifieme e'dition )492. a , b. Mais bientôt ils y acquirent unebeauté & une perfedion, qu’ils n’ont euesnulle part ailleurs. Les Romains qui, aprèsles verfions des Grecs, dominèrent pen-dant quelques fieclesfur le monde connu,avoient un génie trop roide pour entrete-nir les arts dans leur fplendeur. Sous lesempereurs^, les travaux des artiftes furentemployés à rendre la tyrannie aimable ; lesarts furent détournés de leur deflinationvéritable, & dépravés dans les principes quifont la bafe de leur perfedion. Dès-lors ilsfe dégradèrent infenfiblemcnt, & tombe-
A R T
rent enfin dans un état d’aviliïïèment, danslequel ils ont croupi pendant plufieurs fie-cles, & dont ils n’ont pu fe relever en-core. ibid. (première e'dition) 469. a, b.(troifieme e'dition) 493. a, b. Etat de bar-barie dans lequel ils ont langui depuis ladécadence de l’empire romain, jufqu’aufiecle de Léon X. Hiftoire de leur renaif-fance. Réflexions fur les grands ufages queles anciens furent tirer de leur exercice.ibid. (première e'dit.) 470 a, b. ( troifiemee'dition) 494. a , b. Les Grecs les regar-doient comme des moyens propres à for-mer les mœurs , & à appuyer les maximesde la pliilofophie & de la religion. Us lesencouragèrent par de grandes récompenfes& des honneurs diftingués. Les artiftesavoient de fréquentes occafions de déployertout leur génie, & toute l’influence desbeaux-arts fur le caraclere des hommes.Tout tenoit aux beaux-arts, les délibéra-tions publiques, les fêtes, les éloges desgrands hommes, les monumens deftinésàles immortalifer. Les Etrufques furent éga-lement foigneux de leur aflurer une in-fluence utile furies mœurs. Mais à mefureque les fentimens généreux s’émoufîèrent,que le caraftere s’amollit, les arts cédè-rent de fervir au bien de l’état ; ils devin-rent des arts de luxe, & bientôt on perditde vue leur véritable dignité, ibid. (pre-mière e'dition) 471. a, b. (troifieme e'dit.)495- a, b. Enorme abus que la Grece fitdes beaux-arts , lorfqu’elle commença à dé-générer. Pourquoi les artiftes tombèrentdans le mépris parmi les Romains. Etat pré-fent des arts. Nos inftitutions en généralleur ont retranché bien des occafions dedéployer comme autrefois leur énergie.A n’en juger que par le choix peu réflé-chi des fujets fur lefquels on les exerce ,il femble qu’à tous égards on ait perdu lajufte idée de leur utilité & de leur im-portance. ibid. (première e'dition) 472. a ,b. (troifieme e'dition) 496. a, b. On ne lesfait prefque plus fervir qu’au luxe & àl’oftentation, ou on les confine dans lespalais des grands, dont l’entrée eft toujoursinterdite au peuple. Cependant les forcesrequifes pour leur rendre leur premièrefplendeur, exiftent encore. Le génie de nosartiftes a même acquis plus d’étendue, &