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ee calcul vient de ce que l’auteur n’exa-mine chaque témoin qu’un à un, & fépa-rément des autres. Ce qui s’oppofe à lacertitude , c’eft que le cœur des témoinsn’eft pas connu : or le vrai moyen de lefaire paroître , pour ainfi dire à nos yeux,c’eft d’examiner le concours & l’unanimitédes témoins , malgré la diverfité des paf-fions & des intérêts, ibid. 718. a. Les mê-mes principes peuvent fervir à conftater lesmiracles comme les faits purement natu-rels. Objeflion tirée de ce qu’un miraclerenfermant une impoiïibilité phyfique, lesmarques de vérité qui ferviroient à confta-ter un événement naturel , font infuffifan-tes en ce cas. ibid. 719 . a. Cette impoflïbilitéphyfique s’oppofe à l’impreflion que fe-roient fur l’efprit ces marques de vérité.Réponfe de l’auteur. Inftance des adver-faires. ibid. 7x0. a. & nouvelle réponfe.Examen d’un paflage des penfées philofo-phiques. L’auteur de ces penfées déclare,que quand tout Paris lui affureroit qu’unmort vient de rejfujciter , il n’en croiraitrien. ibid. 721. a. Deux chofes à remar-quer à cet égard, i°. la poflibilité quetout Paris fe foit trompé. Il n’eft pas moinscontre les loix de la nature que tout unpeuple croie voir un homme qu’il ne voitpoint, qu’il l’eft qu’un mort reflufcite.2°. La poflibilité que tout Paris ait voulutromper. L’auteur prouve à cet égard qu’iln’eft pas plus poflibîe que tout Paris s’ac-corde à vouloir tromper , en atteftant unfait miraculeux , la réfurrecfion d’un hom-me , par exemple , qu’il ne l’étoit qu’il eûtvoulu tromper en atteftant auparavant lamort naturelle de ce même homme , té-moignage cependant qu’un homme rai-fonnable ne révoquera point, ibid. 722. a.Comme c’eft le merveilleux renfermé dansle fécond événement qui effarouche la rai-fon de notre fceptique , on obferve ici quel’objet du témoignage de tout Paris n’eftdans le fond qu’un événement naturel ,dont tout homme qui a des fens peut êtrecompétent ; fçavoir la vie aâuelle de l’hom-me qui étoit mort auparavant. 11 ne s’agitici que du témoignage unanime des fens:pourquoi le fceptique voudra-t-il plutôt s’enrapporter àfon jugement qu’à tousfes fens?D’ailleurs concevroit-on mieux la pofllbi-Tome I.
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1 îlte d’un complot de tout Paris pour trom-per quelqu’un , que la poflibilité d’une ré-îurredion ? Et fuppofé le complot poflibîe,leferoit-il également qu’il n’en tranfpirâtrien. ibid. 723. a. La réfurrecfion eft con-tre les loix du monde phyfique , le com-plot eft contre la loi du monde moral : &l’on prouve ici qu’il eft beaucoup plus diffi-cile de croire que Dieu fafle infraction auxfécondés,qu’aux premières. L’on n’a parléjufqu’ici que de la crédibilité d’un miracleaétuel ; il s’agit de montrer celle d’un mi-racle arrivé dans les tems les plus reculés.Trois moyens peuvent amplement fup-pléer à l’abfence des témoins oculaires ;fçavoir la tradition orale , la traditionécrite , & la tradition des mcnumens. ibid,72$. a, b..
La tradition orale n’eft sûre & fidelle ,que lorfqu’on peut remonter facilement àfa fource , & qu’à travers une fuite noninterrompue de témoins irréprochables , onarrive à ceux qui font contemporains desfaits. Voici un raifonnement qui montrequ’on peut remonter jufqu’à eux. ibid. 723.a. Les hommes du fécond âge auxquels le faitaura été tranfmis , pourront fans doute s’afifurer de la validité du témoignage descontemporains par les réglés ci - deflùs ex-pliquées , & acquérir ,une certitude auflîparfaite de l’événement, que s’ils en avoientété les témoins. Ceux du troifieme âgepourront faire par rapport à ceux du fé-cond , le même raifonnement que ceux-ci ont fait par rapport aux contemporains 3ainfi on traverfera facilement les fiecles..ibid. 523. b- Il eft impoflible d’afligner danscette longue fuite d’âges un tems où ce faitauroit pu être fuppofé , & avoir par con-féquent une faufle origine. On ne trouverien dans le paflage d’un âge à l’autre , quicoupe tous les canaux par ou ils pourroientcommuniquer enfemble. Si donc dans lapremier il fe fait quelque fraude , il fautnécellàirement que ceux du fécond enfoient inftruits. Ceux-ci inftruiront letroifieme , & ainfi de fuite dans toute l’é-tendue des fiecles. Il n’y a pas .de pointfixe dans le tems, qui ne renferme pourle moins foixante ou quatre-vingts gène*rations enchaînées les unes dans les au-tres : or ce mélange perpétuel de tant de
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