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[Tome premier. - Tome second.]
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é*io C E R

générations enchaînées les unes dans lesautres , rend la fraude impoflible fur unfait public & intérefl'ant. ibid. Ji 6 . a , b.Tous les âges fe reflèmblent du côté dunombre des générations : on ne peut doncen fuppofer aucune , où la fraude puifièprendre. Ainfi tout fait que nous amènerala tradition , pourvu qu’il foit public & in-térefïant, nous fera tranfmis dans fa pureté.Je regarde la tradition comme une chaînedçnt tous les anneaux font d’égale force,& au moyen de laquelle , lorfque j’en fai fi sle dernier chaînon, je tiens à un point fixequi eft la vérité , de toute la force , dont lepremier chaînon tient à ce point fixe. ib;d.727. A. On doit raifonner fur la traditioncomme fur les témoins oculaires. Un faittranfmis par une feule ligne traditionnelle,ne mérite pas plus notre foi qu’un feul té-moin oculaire ; ibïd. 727. a. mais fi un faitforme différons canaux , je puis facilementm’affmer de fa réalité, en me fervant de laréglé que fuivent les efprits, comme jem’enfuis fervi pour les témoins oculaires.Il y a dans le monde , dira le fceptique,un fi grand nombre de fauffes traditions ,que je ne faurois me rendre à vos preuves :telles font les fameufes dynafiies des Egyp-tiens , les hiftoires des dieux de la fable,le conte de la louve qui nourrit Remus &Romains, &c. ibld. 728.

(Réponfe. Les lignes qui nous tranf-mettent une erreur , font toujours cou-vertes d’un certain voile qui les fait aifié—ment reconnoître. Plus vous les fuivez enremontant, plus leur nombre diminue , &vous en atteignez le bout fans être arrivéau fait qu’elles vous tranfmettent. Il ne fautpoint confondre ce que nous appellons /ù//,avec ce que les différentes nations ont crufur leur origine, ibid. b. Aucun des faitsqu’on cite n’a été tranfmis par un grandnombre de lignes traditionnelles qui nousfaftènt remonter fans interruption jufqu’aufait. Sur quelle preuve le fceptique regarde-t-il les dynafiies des Egyptiens comme fa-buleufes? N’eft-ce pas parce qu’il reconnoîtlui - même des réglés qui lui font difcernerles traditions vraies d’avec les fauflès > EtC eft ainfi que , contre fon intention , ilétablit ce qu’il vouloit attaquer. Me direz-vous que tout ce que j’ai dit peut être bon

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lorfqu’il s’agira de faits naturels j mais néfauroit démontrer la vérité des miracles ?Je réponds que les réglés font les mêmespour les uns & les autres , & c’eft en lesappliquant aux faux miracles que vous endécouvrez l’impofture. ibid. 729. a. Syftê-me de M. Craig , par lequel il établit quela crédibilité d'un fait va toujours en dé-croiffant par la progreffion des âges. Ré-futation de ce fyftême. Si l’auteur angloisavoit voulu dire feulement que l’impref-fion que fait un événement fur les efprits ,eft d’autant plus vive & plus profonde,que le fait eft plus récent , il n’auroit riendit que de très-vrai ; mais un fait bienprouvé paffe â travers l’efpace immenfedes fiecles , fans que la conviction perdel’empire qu’elle a fur notre efprit, quelquedécroifîèment qu’il éprouve dans l’impref-fion qu’il fait fur le cœur. ibid. 730. a , b.

De la tradition écrite , fécond monumentpropre à tranfmettre les faits. Si par uneefpece d’enchantement, des témoins ocu-laires étoient comme détachés de leursfiecles pour parcourir les fiecles fuivans ,& fceller de vive voix la vérité de certainsfaits , quel refpeâ n’auroit - on point pourle témoignage de ces vénérables vieillards ?Telle eft l’innocente magie que l’hiftoirenous préfente. Elle a même plus de carac-tères de crédibilité que n’en auroient cestémoins , qui, en petit nombre , auroientpu s’accorder entr’eux , pour altérer cer-tains faits : au lieu que le langage de l’hif-toire ne fauroit varier. L’hiftoire a de grandsavantages même fur un témoin oculaire. Cen’eft pas l’hiftorien feul qui attefte ce qu’ilécrit, ibid. 731. a. mais une infinité de té-moins qui fe joignent â lui. Il parle à toutfon fiecle qui devient fon juge. En fortequ’un hifîorien ne fauroit en impofer à lapoftérité , que fon fiecle ne s’entende, pourainfi dire , avec lui. Le filence de tousles hommes dans cette circonftance , lesfait parler comme cet hiftorien. Car je nevois que des raifonnemens contre un fait ,quand on auroitpu dire ou laiftèr des preu-invincibfes de l’impofture , je dois invaria-blement m’en tenir à l’hiftorien qui mel’attefte. Or puifqu’un hiftorien eft d’un figrand poids fur des faits intéreffafis , quedoit-on penfer lorfque plufieurs hiftoriens