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[Tome troisième. - Tome quatrième.]
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faits, eft la caufe générale des événemens,& par conféquent de l’événement fatal. Ceprincipe doit être commun à tous les fyf-têmes des philofophes. Conféquences abfur-des qui découlent de ce principe dans lefyftême de l’athée &. du matérialifte, &qui n’en peuvent découler dans le fyftêmedu théifte. Ufages que le philofoplie chré-tien tire de ce principe pour établir lapuifl’ance, la prelcience , la providence &tous les attributs moraux de l’être fuprême.i°. Dieu n’a pu déterminer l’exiftence desévénemens qui dévoient fe fuccéder, qu’aumoyen de l’enchaînement des caufes, &c.2°. La providence entraîne , comme lacréation, l’enchaînement des caufes. Cen’eft qu’au moyen de la coordination descaufes entr’elles , qu’on peut venir à boutde juftifter la providence des maux par-ticuliers qui fe trouvent dans le monde.ibid. 871. a , b. Opinion de Chryfippefur ce fujet. Objection. Cet enchaînementdes caufes ne juftifie point Dieu des défautsparticuliers du fyftême, du mal que fouffreun être fenfible. Re'ponfe. Cette objedionattaque également celui qui regarde tousles faits comme ifolés. Celui qui voudroitn’être pas entré dans le fyftême de l’univers,parce qu’il fouffre, voudroit par confé-quent que l’univers entier fut refté danslç néant. Quoique dans le fyftême de1 origéniime , cette objeélion foit plusaifée à réloudre, il faut toujours que1 origénifte explique pourquoi les hommesfont malheureux , même pendant unepetite partie de la durée. Cette objectionprend fa fource dans l’ignorance où nouslommes des raifons pour lefquelles Dieua créé le monde. 3 0 . La prelcience del’être fuprême fuppofe cet enchaînementdes caufes. ibid. 872. a , b. Deux fortesde perfonnes combattent cet enchaînement,les feâateurs d’Epicure , & ceux qui fou-tiennent dans la volonté l’indifférenced’équilibre. Les premiers ont prétenduqu’il y avoit des effets fans caufe. Abbadiecité en réfutation de ces chimères. Expofédu fentiment des défenfeurs de l’indiffé-rence d’équilibre. On trouvera à l’articleLiberté , les principales raifons parlefquelles les philofophes & les théologiensle combattent. Earoles de Léibnitz fur ce

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fujet.. Les a&es libres ne rompent doncpoint la chaîne immenfe des caufes. ibid.873. a, b. Si un événement eft amenépar les aftions combinées des êtres, tantlibres que néceffaires , cet événement eftfatal. Deux fortes de fatalités , celle desathées & la fatalité chrétienne. Ce quedit S. Auguftin fur la fatalité prife dansce fécond fens.

Deuxieme quefiïon. Üenchaînement descaufes qui amènent l'événement fatal , rend-il nécejfaire l'événement fatal ? Si les caufeslibres font liées entr’elles dans un mêmeordre ou avec les caufes phyfiques , dès-làmême ne font - elles pas néceffitées , &l’événement fatal n’eft-il pas néceffaire ?ibid. 874. a , b. Cicéron nous apprendque Chryfippe , en admettant la fatalitéprife pour l’enchainement des caufes, re-jettoit pourtant la néceflité. Carnéadesargumentoit contre Chryfippe de cettemaniéré : “ fi tous les événemens font,, les fuites des caufes antérieures, tout,, arrive par une liaifon très - étroite : fi„ cela eft, tout eft néceflàire, & rien,, n’eft en notre pouvoir. ,, Réponfe deChryfippe. Il diftinguoit deux fortes decaufes, les unes parfaites & principales;les autres voifines & auxiliaires, tellesque les imprefftons des objets extérieurs,d’après lefquelles la volonté fe meut félonfes propres forces, fans être cependantnéceflitée. Réflexion de l’auteur fur cetteréponfe. S. Auguftin refont la difficultéà-peu-près de la même maniéré. La vo-lonté elle-même, félon lui, entre dansl’ordre des caufes ; & comme elle produitimmédiatement fon adion, quoiqu’elle yfoit portée par des caufes étrangères, ellen’en eft pas moins libre, parce que cescaufes étrangères l’inclinent fans la né-ceffiter. Voici ce que l’auteur ajoure àcette réponfe; i°. lorfqu’on regarde laliaifon des caufes avec la déterminationde la volonté comme deftrudive de laliberté , on doit prétendre que toute liai-fon d’une caufe avec fon effet eft nécef-faire : or cela eft infoutenable. Dieu peutfaire un fyftême de caufes libres , de ma-niéré que la première amene la fécondé,celle-ci la troifieme, &c. ibid. 875. 4,b. Ces caufes feront-elles néceftitées. ? Non