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mais eu d’ouvrages bien faits, prefque enaucun genre.
Ejfai f ur le goût dans les chofes de latiattire & de l’art, par M. de Montefquieu.Trois fortes de plaifirs qui forment lesobjets du goût. Ce qu’on entend par chofebonne & chofe belle. Erreur des anciensqui confiftoit à regarder comme des qua-lités pofirives toutes les qualités relativesdie notre ame. Les fources du beau , dubon , de l’agréable , font en nous-mêmes.Examinons donc notre ame, étudions-ladans fes adions & dans fes pallions, cher-ehons-la dans fes plaifirs, c’eft là où ellefe manifefte davantage. Des plaifirs denotre ame. L’ame indépendamment desplaifirs qui lui viennent des fens , ena qu’elle auroit indépendamment d’eux ,& qui lui font propres, ibid. 341. a, b.Nous ne diftinguerons point les plaifirs quiviennent à l’ame de fa nature, d’avec ceuxqui lui viennent de fon union avec le corps:nous appellerons tout cela plaifirs naturels ;& nous diftinguerons de même le goûtnaturel & le goût acquis. Notre maniéréd’être entièrement arbitraire. Si nousavions été faits autrement, nous aurionsfenti autrement : un organe de plus ou demoins, auroit fait une autre éloquence,une autre poéfie, une autre mufique, &c.Le goût naturel n’eft pas une connoifîàncede théorie , c’eft une application prompte& exquife des réglés même que l’on neconnoît pas. Ainfi, tous les préceptes queï’on pourroit donner pour former le goût,ne peuvent regarder directement que legoût acquis, & indiredement le goût na-turel. La définition la plus générale du goût,fans confidérer s’il eft bon ou mauvais , eft.ce qui nous attache à une chofe par lefentiment. ibid. 342. a ,b.De Ve frit en gé-néral. L’efprit eft le genre qui a fous luiplufieurs efpeces, le génie, le bon fens ,îe discernement, la juftefte, le talent, legoût. L’efprit confifte à avoir les orga-nes bien conftitués, relativement aux cho-fes où il s’applique. De la curiofité. Notreame eft faite pour penfer ; or un tel êtredoit avoir de la curiofité : c’eft le plaifirque nous donne un objet, qui nous portevers un autre. On fera toujours fur deplaire à famé } quand on lui fera voir
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beaucoup de chofes. Nous aimons l’art qias’applique à nous découvrir la nature au-delà des bornes dans lefquelles ils fe ren-ferme ordinairement à nos yeux ; maisquand nous trouvons de belles fituations ,1 nous en fommes bien autrement enchan-tés , parce que la nature ne fe copie pas ,au lieu que l’art fe reffemble toujours. Cequi fait ordinairement une grande penfie,c’eft. lorqu’on nous dit une chofe qui enfait voir un grand nombre d’autres : exem-ples. ibid. 343. a , b. Des plaifirs de l’ordre.Il ne fuffit pas de montrer à l’ame beau-coup de chofes , il faut les lui montreravec ordre ; alors nous nous reflouve-nons de ce que nous avons vu, & nouscommençons à imaginer ce que nous ver-rons. Des plaifirs de la variété. Sans lavariété l’ame languit; les chofes l'embla-bles lui paroiflènt les mêmes & ne lui fontaucun plaifir. C’eft ainfi que les hiftoiresnous pîaifent par la variété des récits ; lesromans , par la variété des prodiges, &c.Il faut que la variété ne nuife point à lafimplicité. Il y a des chofes qui paroiflèntvariées & ne le font point, d’autres quiparoiflènt uniformes & font très-variées.Application de ces principes à l’architeG-ture grecque & gothique, ibid. 344. a , b.Des plaifirs de la fymmétrie. L’ame aimedans les chofes la fymmétrie & la variété.Comment cette apparente contradiâions’explique. La raifon qui fait que la fym-métrie plaît à l’ame , c’eft qu’elle lui épar-gne de la peine, qu’elle la foulage. Auflipar-tout où elle peut aider fes fondions,elle lui eft agréable ; mais par- tout oùelle eft inutile , elle eft fade , parce qu’elleôte la variété. L’objet qu’on voit fuccefli-vement, n’a befoin que de variété; celuiqu’on voit d’un coup d’œil , doit avoir dela fymmétrie. Il faut de plus qu’il foit uni-que, & que les parties fe rapportent toutes àl’objetprincipal. Il faut qu’un toutfoit ache.ve , & qu’il n’y ait point d’imparfaite partie.C’eft pour cela qu’on aime la fymmétrie.Des contrajles. Si la nature demande despeintres qui mettent de la fymmétriedans les parties de leurs figures, elle veutau contraire qu’ils mettent des contraftesdans les attitudes. Mais il eft fouvent ar-rivé que la variété que l’on a cherché à
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