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maux du genre humain. L’homme , envoyant le monde ébranle' & prefque dé-truit , n’avoit point douté que le régnédu ciel ne fut très-prochain ; ibld. 434. a ,b. l’arrivée du grand juge avoir été dansces trilles circonlîances .. le feul point devue qu’il avoir confidéré avec une fainteavidité. Les fiecles fuivans auroient dû ,ce femble, le détromper de ce qu’il yavoit de faux dans fes principes ; mais lepréjugé & la coutume les perpétuèrent.Préoccupées du ciel, les fociétés perfifte-rent donc dans un gouvernement, qui n’é-tant que provifoire & furnaturel , ng pou-voit leur convenir. Qn foutint ce gouver-nement par une multitude de fuppofitions& d’ufages conventionnels , d’où réfultaune foule de préjugés religieux & politi-ques , d’ufages bifarres, & de fables quiobfcurcirent la religion & l’hiftoire dugenre humain, ibid. 43J. a, b, De-là, cefouvenir ténébreux que tous les peuplesOnt confervé , d’un tems où les dîieux fontdefcendus fur la terre pour juger tous leshommes , les gouverner, & les rendreheureux. Chez tous ces peuples, les cir-çonflances particulières de la defcenre deces dieux, font les miferes & les calami-tés du monde. Platon enfeigne que fi lesb tînmes ont été heureux dans les premierstems , c’efi que Dieu les avoit mis fous laconduite des efprits & des anges. Il dit ail-leurs que les premiers hommes vécurentfous trois états fucccffifs ; d’abord erransfur les montagnes, enfuite en famille dansles vallées, & enfin réunis en fociété. Si
le gouvernement théocratique eft devenu fïgénéralement obfcur , c’eft que fes prin-cipes furnaturels le conduifirent à tantd’abus, qu’il fe défigura infenfiblement .
& fut enfin méconnu, ibid. 43 6. a , b. Undes premiers foins des nations, fut de re-préfenter au milieu d’elles la maifon deleur monarque , & de lui donner des mi-nières. Enfuite elles lui attribuèrent uneforme fenfible ; & les lignes de l’autoritéfurent dépofés fur le fiege du célefte monarque. On y dépofa auffi le code desîoix, dont on vint même à faire un myf-tere aux peuples. Le tems & l’ignorancedonnèrent lieu d’imaginer, que des dieuxjfc des déelTes les avoient révélées aux an-
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ciens légiflateurs. Le dieu monarque nepouvant commander d’une façon direéfe ,on imagina des lignes , & des oraclespour connoître fa volonté, ibid. 437. a , b.De ces abus fortirent auffi les tributs qu’oncrut devoir lui payer : le peuple portachez lui la dîme de fes biens, de fes ter-res & de fes troupeaux. On vint jufqu’às’offrir foi-même , fa famille & fes enfans,Après les fruits on offrit les animaux : de-là il n’y eut plus qu’un pas pour égorgerdes hommes, afin de lui offrir le fang leplus cher & le plus précieux. Chez toutesles nations, les facrifices fang'ans n’ont enprimitivement pour objet que de couvrirla table du roi théocratique. Si l’hommeenfuite eft devenu lui-même anthropo-phage , ce n’a été qu’à l’imitation de lqdivinité qu’il s’eft faite. La corruption del’homme donna des femmes au dieu mo-narque ; & comme tout ce qu’il y avoit debon & de meilleur lui étoit dû, la vir-ginité même fut obligée de lui faire fonoffrande, ibid. 438. a , b. Confidéré com-me roi, on lui donna un domaine ; con-fidéré comme homme, on en fit l’exem-ple de toutes les iniquités. Le plus grandde tous les crimes de la théocratie pri-mitive , a fans doute été d’avoir précipitéle genre humain dans l’idolâtrie. On ima-gina des fignes repréfentatifs du monar-que , qui furent chargés de tous les attri-buts , & décorés de tous les titres d’undieu & d’un roi. Ce ne fut là cependantque le commencement de l’idolâtrie. Onne reconnut dans ces fymboles repréfen-tatifs qu’un rapport imaginaire & de pureconvention avec le dieu régnant, ibid. 439.a , b. Mais ces conventions primitives fechangèrent en myfteres, & la religion dé«généra en une fcience bifarre , dont l’ob-jet fe perdit enfin dans un labyrinthe degraves puérilités-. Les différentes fociétésne s’étant point accordées à prendre pourligne de la divinité un feu! 6 c même lym—bole, l’unité fut rompue : chacun déteftale dieu & le roi de fes voifins, & jeshommes devinrent par état & par religionennemis déclarés les uns des autres. Telétoit l’état du genre humain, lorfqueDieufe choifit un peuple pour réformer la théo-cratie des nations. La loi de ne repréfenter