Band 
[Tome cinquième. - Tome sixième.]
Seite
170
JPEG-Download
 

iyo SOC

fociabilité doit être univerfel. ibid. 21S.a , b. 3 0 . L’égalité de nature entre leshommes, eft un principe que nous^ ne de-vons jamais perdre de vue. Rien n’eft plusbeau dans les grands, que ce fouvenir deleur égalité avec les autres hommes. Traitremarquable de Charles XII, roi de Suède.4 0 . Ceux qui par leur malice rompent lelien de la fociété , ne fauroient fe plain-dre , fi ceux qu’ils offenfent ne les traitentplus comme amis; mais fi l’on eft en droitde fufpendre à leur égard les ades de bien-veillance , il n’eft jamais permis d’en étouf-fer le principe. Conféquences qui découlentde ces réglés générales, ibid. 219. a , b.Chacun doit aux autres , juftice , fidélité ,c-ftime & honneur. Si le bien public de-mande que !e> inférieurs obéiftent, il exigeauïïi que les fupérieurs confervenç lesdroits de ceux qui leur font fournis, & neles gouvernent que pour les rendre heu-reux. Parole d’Antigone , roi de Syrie,furies limites du pouvoir des princes. Nousdevons travailler tous pour le bonheur dela fociété , à nous rendre maîtres de nous-mêmes , le bonheur de la fociété fe réduità ne point nous fatisfàire aux de'pens de lafatisfadion des autres, ibid. 220. a , b.Enfin , comme les hommes fe prennentpar le cœur fit par les bienfaits , rienn’eft plus utile à la fociété que la com-paffion , la douceur , la bénéficer.ce, lagénérofité. Paflàge de Cicéron fur cesdevoirs qu’impofe la fociabilité. Mais quel-que piaufiblts que puiftènt être les maxi-mes de la morale , quelque utilité qu’ellesaient , elle n’aura rien de fixe St qui nousattache inébranlablement, fans la religion.ibid. 221. a , b. Pour nous en convaincre,il faut obferver i°. que les vices des par-ticuliers, quels qu’ils foient , nuifenttousplus ou moins au bonheur de la fociété.C’eft ce que l’auteur prouve ici à l’égardde l’ivrognerie, & de l’incontinence, ibid.222. a, b. 2°. Que les devoirs qui nousrèglent par rapport à nous-mêmes, n’ai-dent pas peu à nous régler aufîi par rap-port aux autres hommes, St que ces deuxfortes de devoirs fe renforcent beaucoupde notre exaéhtudeà remplir nos devoirsenvers Dieu. 3 0 . Que la fociété' n’a deforce que P°ut empêcher les hommes de

SOC

violer ouvertement la juftice , tandis queles attentats commis en fecret, & qui nefontpas moins préjudiciables au bien géné-ral , échappent à fa rigueur. Les loix civilesne fauroient même empêcher qu’on nedonne quelquefois au droit & à la jufticedes atteintes ouvertes & publiques ; commeelle ne fauroient preffer avec toute la forcequi conviendroit , l’obfervation de cer-tains devoirs, tels que ceux de la recon-noiffimce , de l’hofpitalité, &c. ibid. 223.a, b. Enfin la fociété a non-feulement pro-duit de nouveaux devoirs, fans en pouvoirprefcrire une obfervation étroite & rigide,mais elle a encore le défaut d’avoir aug-menté de enflammé ces defirs défordonnésqu’elle devoit fervir à éteindre & à corri-ger. De toutes ces confidérations il s’en-fuit évidemment que l’autorité de îa reli-gion eft de néceffité abfolue. La politiquefit la' religion, lorfqu’on fait bien les. unir& les lier enfemble , s’embelliftent fie fefortifient mutuellement , mais on ne peutfaire cette union, qu’on n’ait prérniere-ment approfondi leur nature, ibid 224.a y b. C’eft pour n’avoir point étudié leurnature, que les ultramontains ont vouluaffervjr l’état à l’églife , fie les Eraftiens enAngl..terre ont voulu allervir l’églife àl’état. Le fa!ut des âmes n’eft ni la caufeni iebutdel’inftitution des fociérés civiles.D’où il fuit que la doctrine fit la motale-reîigieufene font point du diftriét du magif-trat. Dftïlrentes circonftances ont contri-bué à faire croire que les foins du msgiftracs'étendaient naturellement à la religion ,en tant qu’elle concerne le falut des âmes.ibid. 225. a ,b. Mais on ne doit pas rejetterce faux jugement fur la religion chrétienne^i! faut l’attribuer à la nature de la reli-gion juive, où les deux lociétés civiles &religieufes étaient en quelque maniéréincorporées enfemble. C’eft à cela qu’ilfaut attribuer les erreurs des proteftansfur la réformarion des états, la tête deleurs premiers chefs fe trouvant remplisdes idées de l’économie judaïque, ibid. 226-a ,b. La fociété reiigieufe ayant donc unbut diftind Sc indépendant de celui de I®

fociété civile , il s’enfuit néceffairemenC

qu’elle en eft indépendante , & par con-

Lquent elle eft fouveraine en ion efpecfi»