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avides & cruels faifoient fous fon nom ,bien que fans fon aveu. XXXV I. 103.a , b. Il s’agit de rétablir , s’il le peut,cette reine détrônée , perfuadé qu’ellefaura fe contenir dans les bornes que l’é-qui é prtfcrit, & qu’elle évitera les excèsqui ont occafionné fa chute & fes mal-heurs. L’ufure eft l’intérêt légal d’unefomme prêtée à un homme aile , dansla vue d’une utilité réciproque. L’ufurelégale réduite parmi nous au denier vingt,n’eft point contraire au droit naturel, c’eftce qui va être prouvé. La juftice nousprefcrit de ne faire tort à perfonne &de rendre à chacun ce qui lui eft dû. Orquand je prête à des ailés à la charge del’intérêt légal , je ne leur fais pas lemoindre tort , je leur rends même unbon office. D’ailleurs un contrat fait avecpleine connoiftànce , & dont les condi-tions refpedivement utiles font égalementagréées des parties , ne peut être cenféinjufte. ibid. 104. a , b. Un importun mefollicite de lui prêter une fomme confi-dérable , je cede à fes importunités. Peut-on dire qu’il y ait de l’injuftice dans monprocédé? N’eft-il point vrai plutôt queje peche contre moi-même en m’expofantfouvent à des r;fques vifib'es ? Quoi qu’ilen foit, il n’eft ici queftion ni d’aumôneni de générohté j ce n’eft point d’ordi-naire dans cet efprit que fe font les con-trats , mais dans la vue très- permife &trèi-innocente d’une u ùieé réciproque. Iieft permis au propriétaire d’une mailon,de trente mille livres par exemple, delouer cette maifon cinq cens écus par an ;pourquoi ne lui téroic il pas permis d oi-frir pareü'e fomme de 30 mille livres àtout folvable qui en auroit hefoin , à lamême condition de 500 écus de loyer ?ibid. iqL a , b. S’il eft plufieurs genresd’opulence , il eft aufii plufieurs genresde communication : tel eft riche parles domaines qu’il donne à bail : tel eftriche par l’argent qu’il donne à louage :& l’un ik l’autre peuvent être égalem.ntutiles au public. Au furpius , pourquoil’argent , le plus commode de tous lesbiens , feroit-il le feul dont on ne pûtt : rer profit ? ibid, 106. a, b. Je ne trouvede toute part que des gens attachés, qui
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ne veulent prêter gratis ni terres , nîmailons, ni foins, ni talcns, dois-je êtrefurpris que mon prêteur d’efpeces enveuille auffi tirer rétribution ? C’eft ainfiqu’en réfléchiflant fur l’efprit d’intérêtqui fait agir les hommes , je vois que lapratique de l’ufure légale tft de mêmenacure que tous les autres genres de com-merce , & qu’il n’eft en foi ni moinshonnête , ni moins avantageux à la fo-ciété. ibid. 107. a , b. &c. Les emprunteurséclairés fe moquent des fcrupules qu’onvoudroit donner à ceux qui leur prêtent.Ils fentent & déclarent qu’on ne leurfait point de tort dans le prêt de com-merce. Si le prêteur , difent-ils , nousfait payer l’intérêt légal, nous en femmesbien dédommagés par les gains qu’ils nousprocurent , & par les négociations quenous faifons avec les fommes empruntées.( raifons qui fervent à juftifier l’ufage oùl’on eft de vendre les marchandées plusou moins cher , félon que l’acheteur paiecomptant ou en billets. ) ibid. ic8. b.Qu’on reconnoifté donc ce grand principede tout commerce dans la fociété , l’avan-tage réel [/roque des contractans eft la com-mune mefure de ce que l’on doit appelle/jufte : car il ne fauroit y avoir d’injufticeoù il n’y a point de léfion. Pour déve-lopper de plus en plus cette importantevérité y remontons aux vues de la légis-lation. Les puirfances ne nous ont pasimpofé des loix par caprice , mais pourgarantir les imprndens & les foibles de lafurpiife & de la violence ; & pour établirdans l’état le régné de la juftice. Or fila loi prohibitive de l’intérêt modéré fetrouve préjudiciable aux fujets , dès-lorselle eft oppofée au but du légiücteur ,par conféquent elle eft injufte , & tombenéceffairement en défuétude. i/td. 109. a ,b. Perfuadé que le prêt n’eft qu’un aâede bienveillance , Domat en a conclu quele créancier doit prêter gratuitement ougarder fon argent. J’aimerois autant qu’onprefcrivîc aux loueurs de carrofle , oude prêter leurs voitures gratis, ou de lesgarder pour eux mêmes. D’ailleurs il n®s’agit pas de favoir quelle eft la deftina-tion primitive du prêt, mais fimplemencfi le prêt d’abord imaginé pour obli£ eir