XXI, ELOGE DE M. LEIBNIZ^ mémes traitemens , qu’à ceux des Princes d’Italie , tels què,font les Ducs de Modene ou de Mantoue. M. Leibniz pu-blia en leur faveur un livre intitulé Cesarmi Furjlenerii De ju-re Suprematus ac Legationis Principian Germaniae , qui parut en1667. Le faux noni qu'il se donne signifie qu’il étoit 6c dansles interèts de l’Empereur , òc dans ceux des Princes ; òcqu’en foutenant leur dignité , il ne nuisoit point à celle duchef de l’Empire. Il avoit effectivement sur la dignité impe-riale une idee qui ne pouvoit déplaire qu’aux autres poten-tats. Il prétendoit que tous les états chrétiens, du moinsceux d’occident, ne font qu’un corps , dont le Pape est lechef fpirituel, òc l’Empereur le chef temporel ; qu’il appar-tiene à l’un òc à l’autre une certame jurifdidion univerfelle ;que l’Empereur est le generai né, le défenfeur , VAdvoué del’Eglise, principalement contre les Infideles , òc que de là luivient le titre de facrée Majesté, òc à l’Empire celui de faintempire ; òc que quoique tour cela ne soit pas de droit di-vin, c’est une espèce de Esterne politique formé par le con-sentement des peuples , òc qu’il feroit à fouhaiter qui subsistaten fon entier. Il en tire des conféquences avantageuses pourles Princes libres d’Allemagne , qui ne tiennent pas beaucoupplus à l’Empereur que les Rois eux-mèmes n’y devroient te-nia : du moins il prouve très sortemene que leur fouveraine-té n’est point diminuée par l’efpèce de dépendance ou ilsfont, ce qui est le bue de tout i’ouvrage. Lette RépubliqueChrétienne dont l’Empereur òc le Pape font les chefs , n’au-roit rien d’étonnant si elle étoit imaginée par un AllemandCatholique, mais elle l’étoit par un Lutherien ; l’efprit deEsterne qu’il possedoit au fouverain degré, avoit bien prévalu/ à l’égard de la religion sur l’efprit de parti.
Le livre du faux Cesarinus Furjlenerius contiene non-feule-ment une infinité de faits remarquables, mais encore quan-tité de petits faits qui ne regardent que les titres òc Ics céré-moniesj assez fouvent négligés par les plus favans en histoire.On volt que M. Leibniz dans fa vaste lecture ne tnéprifoit
rien,