PAR M. DE FONTENELLE. xxmrien, & il est étonnant à combien de livres médiocres , òcpresque absolument inconnus, il avoit fait la grace de les li-re : mais il Test sur-tout, qu’il ait pu mettre autant d’espritphilosophique dans une matiére fi peu philosophique. Il po-se des définitions exactes, qui le privent de l’agréable liberted’abufer des termes dans les occafìons ; il cherche des pointsfixes Se en trouve dans les chofes du monde les plus incon-stantes 6c les plus sujettes au caprice des hommes; il établitdes rapports &. des propositions, qui plaisent autant que desfigures de rhétorique, 6c persuadent mieux. On sent qu’il setient presque à regret dans les détails où fon sujet l’enchaîne,& que son esprit prend son voi dès qu’il le peut, òe s’éléveaux vùes générales. Ce livre fut fait Se imprimé en Ho lian-de , 6c réimprimé d’abord en Allemagne jufqu’à quatte foia.
Les Princes de Brunsvic le destinerem à écrire l’histoirede leur maison. Pour remplir ce grand dessein &. ramalserles matériaux nécesiaires , il courut toute l’Allemagne, visitatoutes les anciennes abbayes, fouilla dans les archives desVilles, examina les tombeaux &. les autres antiquités, <5t pas-sa de là en Italie , où le Marquis de Toscane, de Ligurie ,& d’Est, fortis de la méme origine que les Princes deBrunsvic, avoient eu leurs Principautés &t ledfs Domaines»Comme il alloit par mer dans une petite barque feul Se sanaaucune suite de Venite à Mescla dans le Ferrarois , il s’éle-va une fùrieuse tempète, 6t le piloto qui ne croyoit pas otreentendu par un Allemand , & qui le regardoit comme lacause de la tempere - parce qu’il le jugeoit hérétique , pro-pola de le jetter à la mer, en conservant néanmoins ses har-des Se fon argent. Sur cela M. Leibniz, sans marquer aucuntrouble , tira un chapélet, qu’apparemment il avoit pris parprécaution, Le le tourna d’un air aste2 dévot. Cet artifice luiréuffit; un marinìer dit.au pilote que puifque cet homme-là.n’étoit pas hérétique , il n’étoit pas juste de le jetter à lamer.
Il fiat de retour de ses voyages à Hanovre en i6§o. Ik
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