XXVI ELOGE DE M. LEIBNIZ
renfermées auparavant dans les cloitres & dans les Ugendes,fedébordèrent impétueufement > & inondérent tout. Ce sont à peuprès ses propres termes. Il attribue la principale cause dumal à des gens qui étant pauvres par institut , inventoient
Î >ar necessitò. Ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que lesbostsivres n’étoient pas encore aìors totalement inconnus. Ger-vaìs de Tilbury , que M. Leibniz donne pour un échantillondu treiziéme fiécle, étoit assez verse dans l’antiquité , soitprofane, soit ecclésiastique, 6c n’en est pas moins grossiére-ment ni moins star dime nt romanesque. Après les faits dontil a été témoin oculaire, l’auteur d'Amadis pouvoit souteniraufli que son livre étoit stistorique. Un stomme aussi versedans l’étude de l’histoire que l'étoit M. Leibniz , en sqait ti-rer de certaines réflexions générales, élevées au dessus del’histoire mème ; 6c dans cet amas confus 6c immense de faits »il démèle un ordre , óc des stailons delicates , qui n’y sontque pour lui. Ce qui l'intéreste le plus , ce sont les originesdes nations, de leurs langues , de leurs moeurs, de leursopinions , sur-tout l’histoire de l’esprit humain, òc une suc-ceffion de pensées qui naissent dans les peuples les unes aprèsles autres, ou plùtot les unes des autres, 6t dont l’encstaî-nement bien observé pourroit donner lieu à des espèces deprophéties.
En 1710. 6c 1711. parurent deùx autres volumes Scripto -rum Brunsvicenfia illujlrantium , 6c enfin devoit suivre l’histoirequi n’a point paru, & dont voici le pian.
Il la faisoit précéder par une dilîèrtation sur l’état de l’Al-lemagne tel qu’il étoit avant toutes les stistoires, 6c qu’on lepouvoit conjecturer par les monumens naturels, qui en étoientrestés, des coquillages pstrifiés dans les terres , des pierresoù se trouvent des empreintes de poissons ou de plantes , 8cmème de poissons & de plantes qui ne sont point du pais,medailles incontestables du déluge. De-là il passoit aux plusanciens habitans dont on ait mémoire , aux différens peuples’qui se sont succedés les uns aux autres dans ces pais, òc trai-