xxxvl ELOGE DE M. LEIBNIZpar M. Newton. Il soutenoit que perforine ne savoit mieuXque Mr. Newton qu’il ne lui avoit rien dérobé, Se il deman-do it que M. Keill desavoiiat publiquement le mauvais fens quepouvoient avoir ses paroles.
La Societé établie Juge du procès, nomma des CommilTai-res pour examiner toutes les anciennes lettres des savans ma-thématiciens que l’on pouvoit retrouver, 6c qui regardoientcette matiére. Il y en avoit des deux parties. Après cet exa-men , les Commilîaires trouve'rent qu’il ne paroissoit pas queM. Leibniz eut rien connu du Calcul differentiel ou des infi-niment petits, avant une lettre de M. Newton écrite en 1672.'qui lui avoit été envoyée à Paris, Se ou la méthode des flu-xions étoit assez expliquée pour donner toutes les ouverturesnécellaires à un homme austì intelligent ; que mème M. New-ton avoit inventò fa méthode avant 1669. 6t par conféquent' 15. ans avant que M. Leibniz eut rien donne fur ce fujet dansles Actes de Leipsic ; ót de-là ils concluoient que Mr. Keilln'avoit nullement calomnié M. Leibniz.
La Societé a fait imprimer ce jugement avec toutes lespiéces qui y appartenoient, fous le titre de Commercium Epijlo-licum de Analyfi promota , 1712. On l’a distribue par tomel’Europe , & rien ne fait plus d’honneur au fystème des in-finiment petits , que cette jalousie de s’en alìùrer la découver-te, dont tome une nation fi lavante est pofiedée ; car encoreune Ibis, M. Newton n’a point paru, foie qu’il se foit repoféde fa gioire sur des compatriotes alfez vifs, foit, cornrne onle peut croire d’un austì grand homme, qu’il foit fupérieur àcette gioire mème.
• M. Leibniz ou fes amis n’ont pâs pu avoir la mème indif-férence ; il étoit acculo d’un voi, 6c tour le Commercium Epi-ftolicum ou le dit nettement, ou l’infinuè. Il est vrai que cevoi ne peut avoir été que très fubtil, 6c qu’il ne faudroit pasd’autre preuve d’un grand génie que de l’avoir fait ; mais en-fin il vaut mieux ne l’avoir pas fait, óc par rapport au génie& par ra'pport aux moeurs.
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