PAR M. DE FONTENELLE. xxxvst
Après que le jugement d’Angleterre fut public, il parut unécrit d’une seule feuille volante du 29. Juillet 1713. Il estpourM. Leibniz, qui étant alors à Vienne , ignoroit ce qui se pas-toie. Il est très vif) òc soutient hardiment que le calcul desfluxions n’a point precede celui des différences , òc insinuomente qu’il pourroit en erre né.
Le détail des preuves de part òc d’autre seroit trop long,òc ne pourroit mente èrre entendu sans un contntentaire infi-niment plus long , qui entreroit dans la plus profonde geo-metrie.
M. Leibnh avoit commencé à travailler à un CommerciumMathematicum , qu’il devoit opposer à celui d’Angleterre.Ainsi quoique la Societé Royale puisise avoir bien jugé surles piéces quelle avoit, elle ne les avoit dono pas toutes ;òc jusqu’à-ce qu’on ait vu celles de M. Leibniz , l’équité veutque l’on suspende son jugement.
En general il faut des preuves d’une extrème évidence pourconvaincre un homme tel que lui d’étre plagiaste le moinsdu monde, car c’est-là tonte la question. M. Newton est cer-tainement inventeur, òc fa gioire est en sureté.
Les gens riches ne dérobent pas, òc combien M. Leibnizl’etoit—il ?
Il a blâmé Descartes de n’avoir fait honneur ni à Kepler dela cause de la pesanteur tirée des forces centrifuges, òc de ladécouverte de l’égalité des angles d’incidence òc de réfìexion ;ni à Snellius du rapport constant des sinus des angles d’inci-dence 3 òc de réfraction : Petit s artifices , dit-il , qui lui ont faitperdre beaucoup de vèritable gioire aupr'es de ceux qui sy con-noifient. Auroit-il negligé certe gioire qu’il connoisloit si bien ?Il n’avoit qu’à dire d’abord ce qu’il devoit à M. Newton, illui en restosi encore une fort grande sur le fond du sujet, òcil y gagnoit de plus celle de l’aveu.
Ce que nous supposons qu’il eut fait dans certe occasion,il l’a fait dans une autre. L’un des Meflìeurs Eernoulli ayantvoulu conjecturer quelle étoit l’histoire de ses méditations
e 3 mathé-
f