XX
mesquine que celle de Meilleurs le Mercier , Mansard &le Muet qui les ont suivis; & ainsi des autres.
Cette étude des différentes maniérés des Architectesest non-seulement nécessaire pour fortifier le goût, ellesert encore à faire connoître l’usage propre de toutes lesparties de la décoration , tant pour les dehors que pourles dedans des édifices. Car ce qui produit un bel effetdans une certaine place, ne réussit pas de même dans unautre endroit. Cela est si vrai, que quoique les mesuresdes Ordres soient invariables, il y a cependant des occa-sions où l'on ne peut fe dispenser d’y donner quelqueatteinte. Si, par exemple, un Ordre est élevé sur un autreOrdre, il doit être autrement proportionné pour faireson effet, que s’il étoit placé au rez-de-chauffée ; il enest de même de la grosseur de la colonne par rapport auplus ou moins de distance d’où elle doit être vue ; ce fonrautant de circonstances qui opèrent quelques légers chan-gemens dans les proportions ; parce qu’il faut que lesobjets paraissent dans leur perfection en quelque endroitqu’ils soient situés. L’expérience & letude font alors d’ungrand secours, & il s’enfuit qu’on ne fauroit apporterassez de précaution dans les ouvrages, sur tout lorfqu’ilsfont de quelque considération. On ne doit jamais négli-ger d’en faire des desseins détaillés & des modelés, dumoins en petit, pour juger de l’effet du tout ensemble& de l’affemblage des parties. C’est une vanité mal pla-cée de fe piquer de faire les choses du premier coup, &fans fe donner le tems d’y réfléchir. Quand le bâtimentest achevé , on ne demande point raison à l'Archi-tecte de sa conduite ; on considéré son ouvrage avecdes yeux de critique, & fans avoir égard â ce qu’iîpeut alléguer pour fa défense, on le loue ou on le