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si peu. embarrassée de nombres, que par les moin-dres moulures on peut mesurer exactement les plusgrandes : c’est pourquoi faisant une plus sérieuse réfle-xion sur le plaisir que nos sens reçoivent de cette propor-tion , Sc combien au contraire les choses qui en font éloi-gnées leur font désagréables, ainsi que les Musiciens ré-prouvent tous les jours dans leur art, j’ai travaillé depuisplusieurs années à réduire fous une réglé courte & facileîa pratique des cinq Ordres d’Architecture ; & voici lemoyen dont je me fuis servi pour y parvenir»
Lorsque j’ai voulu, par exemple , réduire à ma réglél’Ordre Dorique , je me suis assujetti à l’Ordre Doriquedu théâtre de Marcellus, qui m’a paru être le plus uni-versellement approuvé, & j’ai déterminé sur ce modeleles parties principales de cet Ordre; mais lorsque quel-que moulure ne s’est pas trouvée conforme à la propor-tion des nombres, comme il arrive le plus souvent par lafaute des ouvriers, ou par d’autres accidens qui ne lais-sent pas d’être considérables fur de petites parties ; alorsje n’ai point fait difficulté de les accommoder à ma réglé,fans m éloigner beaucoup de leurs mesures. En prenantcette licence, je me fuis autorisé de l’exemple des autresDoriques qui ont le plus de réputation, dont j’ai prisquelques petites parties, que j’ai substitué à d’autres duthéâtre de Marcellus. Je n’ai pas fait comme Zeuxis à l’é-gard des filles de Crotone, mais, selon que mon raison-nement m’a pu conduire, j’ai fait simplement le choixde certains Ordres antiques ; & n’apportant de ma partque la distribution des proportions fondées fur des nom-bres simples, je ne me fuis point servi de'brasses, de pieds& de palmes d’aucuns pays, mais seulement d une mesure