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aufsi-bien qu’au Dorique & à bionique. Mais ce sentiment de Vi-truve est; d’autant moins recevable, qu’il n’est appuyé fur aucunexemple antique. Bien loin de cela, les plus beaux Ordres Corin-thiens qui nous restent, ont une base particulière : leur colonneavec la base Sc le chapiteau, qui est orné de feuilles d’olivier, adix diamètres, le chapiteau en est plus haut d’un tiers de moduleque celui de Vitruve qui a des feuilles d’açanthe, Sc l’entablement,qui a des modulions en consoles, Sc quelquefois des denticules avecdes modillons, est bien différent de l’entablement Ionique.
C’est encore une opinion particulière à Vitruve, que plus lescolonnes font grêles, plus elles doivent être ferrées les unes con-tre les autres, à la différence des colonnes qui ont plus de grosseur,lesquelles doivent être espacées plus au large ; mais l’on ne voit pasque cette pratique ait été reçue par les Anciens, Sc si elle l'a étépar les Modernes, il y en a fort peu d’exemples ; encore ce n’est quedans le cas que les colonnes soient isolées. En général les anciensArchitectes ont affecté de serrer toutes leurs colonnes. Commeils avoient pour objet la durée de leurs édifices, ils obfervoientdans leur construction , de leur donner beaucoup de solidité ,fans avoir égard à la dépense. Or ce qui occasionne le plus ordi-nairement la ruine des édifices , est la trop grande portée desentablemens * Sc il n’y a point d’autre moyen pour l’éviter quede multiplier les colonnes , en diminuant la largeur des entre-colonnes ; Sc voilà la raison pour laquelle il fe trouve dans lesrestes de l’antiquité plus de pyenostyles Sc de fystyles, que destrois autres manières. Car laissant à part les compositions d’OrdreDorique & d’Ordre Ionique, dont il s’en trouve peu oh les colon-nes soient isolées, presque tous les entre-colonnes Corinthiensfont fort ferrés. Ceux du porche du Panthéon, dont l’exemple estd’une très-grandeautorité, font presque fystyles, ou de deux diamè-tres, Sc ceux du dedans diastyles : ceux du temple d’Antonin ScdeFaustine font pyenostyles, mais ceux de la basilique d’Antonin,Sc ceux du temple de Jupiter Stator dans le Marché Romain fontplus approchans du pyenostyleque du fystyle; aussi les architravesde ce dernier monument font la plupart d’une piece. Cependantles Modernes n’ont pu souffrir cette disposition de colonnes si fer-rées, parce qu’il leur a semblé que c’étoit une imperfection dansun porche de voir des colonnes cacher le chambranle de la porte,.'ailleurs comme il fe rencontre ordinairement entre les colonnes