D’A R C H I T E C T U R E.
C
e t t e base, que Vitruve appelle Attique au Chapitre troi-sième de son troisième Livre, parce que les Athéniens l’ont in-ventée Le s’en font servis les premiers, se met en œuvre indiffé-remment sous les colonnes Corinthiennes, Composites, IoniquesLe Doriques ; néanmoins elle convient mieux à l’Ordre Compo-site qu’à aucun autre : ce qui n’empêche pas qu'on ne puiíTe la to-lérer dans l’Ordre Ionique, quand on n’y emploie pas celle quilui est propre. Pour ce qui est des autres Ordres, j’estime qu’eílene leur convient en aucune maniéré ; Sc il ne me seroit pas diffi-cile d’appuyer mon sentiment par beaucoup de bonnes raisons,mais je ne veux pas contredire une licence si généralement reçue :il me suffit de faire voir , suivant Tordre que j’ai tenu jusqu a pré-sent , quelle est la division de ses parties, qui se mesurent par lemodule divisé en dix-huit minutes, comme dans les Ordres Ioni-que Lc Corinthien.
C>ette base est d’une beaucoup plus belle forme que la Corinthienne,quoiqu’elle ne foie pas si riche de moulures, & Ton voir par quantité d’e-xemples que nous fournissent les édifices antiques, qu’elle a servi encore plusà l’Ordre Corinthien qu a tous les autres Ordres. Elle se trouve aux templesde Vesta , de la Paix, d’Antonin & de Faustine, au frontispice de Néron &aux thermes de Dioclétien : outre qu’elle est encore à l’arc de Constantin &à la basilique d’Antonin, avec un astragale au-dessus du tore supérieur. LesModernes, fondés fur ces exemples, l’ont employée dans tous les Ordresindifféremment, excepté au Toscan. Michel-Ánge s’en est servi dans les de-hors de l’église de saint Pierre, & lui a donné une proportion admirable:elle est aussi au-dehors & au - dedans du Val-de-Grâce. La scorie, qui estune des principales moulures de cette base, est tracée sur le modele de plu-sieurs bases antiques, & Vignole a donné la pratique pour en tracer le con-tour géométriquement ; mais cette cavité qui entre dans le listel fur le grostore, réussît mal dans les ouvrages de pierre, parce que l’arrête de ce listeldevient si vive, qu’elle n’a plus de soutien , & se casse aisément ; aussi setrouve - t’elle rarement conservée dans les bases qui font au rez-de-chauffee &à portée de la main • & c’est ce qui fait qu’on ne voit presque plus de listelaux bases des pilastres des églises des PP. de FOratoire ôc des Petits Peres àParis.
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