Buch 
Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio dit: Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes, & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
Seite
232
JPEG-Download
 

COURS

i)i

De la décoration des Jardins.

La science de l’Architecture embrasse toutes les connoisjan-ces qui servent tant a la consrucUon qu a la décorationdes édisces ; ains comme les jardins en font inséparables,<§> contribuent notablement a leur embellissement , j'ai cruiqu il étoit utile de traiter en général de la maniéré de lesdécorer.

Les situations différentes des parcs Sc des jardins, tant par rap-port à leur étendue qu’à l’inégalité du terrein, donnent lieu d’envarier à l’infini la disposition. Mais le plus grand art consiste àbien connoîtrc les avantages Sc les défauts du lieu, a fin de profiterdes uns Sc de corriger les autres, Sc fur cette réglé former ion des-sein , en ne remuant que le moins de terre qu’on pourra, parce quecette dépense est toujours très-forte, Sc qu’elle paroi t peu de choseaux yeux de ceux qui n’ont pas vu auparavant Pétat des lieux.

En général on peut réduire la disposition des jardins à troisefpeces différentes ; la premiere est de ceux qui, un peu plusbas que l’édifice, font tout-à-fait de niveau, comme est celui duPalais des Tuilleries ; les seconds font en pente douce , régléepar Pobligatiôn de deux rez-de-chauffée, comme le parterre descouronnes, ou du nord, Sc l’allée d’eau à Versailles; enfin lestroisièmes lont par chûtes de perrons Sc de glacis avec des pen-tes, comme le jardin de Marly. Dans quelque cas que ce soit,il faut tenir pour réglé générale de ménager les plus belles vuesqu’on peut remafquer du bâtiment, Sc de faire enforte qu’é-tant éloigné du bâtiment on n’en perde point Pafpect. Deux cho-ses contribuent à cette pratique : la premiere est, que les alléessoient percées avantageusement , afìn d’en rendre les issues agréa-bles par la découverte, qui est d’autant plus belle qu’elle a plusd’éloignement, Sc que les objets en font plus variés; Sc la se-conde chose à observer, est que les pentes soient réglées de tellemaniéré, que nonobstant les perrons Sc les glacis, on décou-vre du bout de l’allée principale, la masse de tout l’édifice. C’estainsi qu’il en faut user par rapport aux jardins de campagne, oùl’on a la liberté de s’étendre, Sc de profiter de Pétendue du lieu ;

car