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Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio dit: Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes, & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
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COURS

parce que moins le fable fe rencontre des qualités ci-deílùs décla-rées, plus il faut de chaux; c’est pourquoi on met quelquefois deuxcinquièmes de chaux fur trois de fable, mais jamais la moitié.Toute forte d’eau n’est pas propre poiir détremper la chaux : lameilleure est celle de riviere, de puits ou de citerne ; on ne peutpoint fe servir de celle des marais, ni de celle de la mer. Le mor-tier , pour être bon, doit être broyé & corroyé dans le badin, asmque la chaux &c le fable soient bien incorporés ensemble; ce qui feconnoît, lorsque n’éfant pas trop abreuvé, ceux qui le broyentont de la peine à retirer le rabot du bassin.

II fe fait auffi du mortier de ciment pour les ouvrages qu’onfonde dans l’eau, qui résiste plus à l’humidité que celui du fable;parce que le tuileau qu’on y mêle a dé j a été cuit. Le ciment detuileaux concassés est meilleur que celui de briques ; il fe broieavec de la chaux vive, dont un tiers suffit fur les deux tiers de ci-ment. Cette efpece de mortier sert auffi à la liaison des pierres, &cl’on en fait des aires ou couches, qui ne faisant qu’un corps fortdur, fervent à conserver le dessus des voûtes exposées à l’air. Onpeut encore paver les aqueducs , canaux S c bassins de fontaines depetit caillou de vigne bien lavé & nettoyé, qu’on emploie avec lemortier de chaux vive & de ciment.

Le plâtre est une matière fort nécessaire, 5c qui contribue le plusà la propreté & à la durée de nos bâtimens : ses bonnes qualitésfont d’être bien cuit, blanc , gras & point éventé. Le meilleur fefait à Montmartre près de Paris. II y a auffi plusieurs autres carriè-res où le moilon fe trouve propre pour cet estet; cependant cemoiîon , quoique bien gisant, n’est pas bon pour les fondations,parce qu’il fe mouline èc íe pourrit à l’humidité. Le plâtre sertpour la liaison, pour les crépis, enduits èc ravalemens : on l’em-ploie au gros, ou au panier, ou au sas, selon les divers ouvra-ges, le hâle le fait mieux sécher. Quand le plâtre pur est sec, il estd’une dureté extraordinaire , comme on le peut remarquer auxtuyaux èc languettes de cheminées qui subsistent , quoique fortminces. Le plâtre est sujet à fe gercer 6 c à fe fendre, lorlqu’il estemployé dans la gelée èc qu’il ne feche pas à loisir, ou bien lors-qu il n’est pas travaillé de fuite & avec fart que la pratique ensei-gne, On mesure à Paris le plâtre au muid, qui fait trente-six sacs,ou trois voies.

Au défaut du plâtre on fe sert de stuc, particulièrement en Ita-