Band 
Deuxième partie.
JPEG-Download
 

— STYLE OGIVAL.

La construction de la mosquée d’Ebn Touloun , comme celle des monuments des premiers temps de l'isla-misme, est tout entière en briques, recouvertes d'une couche épaisse d’enduit; à l’intérieur de ledifice, lesornements, les frises, les moulures, les plafonds des arcs, sont en stuc, de même que les décors de la coupolecentrale et de celle du sanctuaire ou Milirab.

Un couronnement de merlons dentelés et découpés à jour, termine la partie supérieure du premier murd’enceinte ( Voy. I, planche de détails, fig. 3); les parois de cette enceinte sont percées de fenêtres nombreuses ,régulièrement espacées L, accompagnées de niches d’une forme particulière K, et fermées par des claires-voiesen pierre calcaire, d’un dessin élégant et varié M (fig. 3 et 4); tout autour de la cour, au-dessus des portiquesrègne une frise, large, d’un bel effet, formant une espèce d’entablement, composé de compartiments et decaissons, et servant de balustrade aux toits plats des nefs.

A l’intérieur de la mosquée, les plafonds en bois des nefs et des galeries, la belle inscription en caractèrescouliques anciens (Voy. N, planche de détails, fig. 4), qui se continue sur tout le'périmètre de l’édifice au-dessusdes arcades, la Maksourah , sa coupole en briques se rattachant aux murailles par des pendentifs en bois ; leMimbar en noyer, à compartiments richement incrustés d’ivoire, et d’un style bien postérieur à celui de l’é-difice, attirent particulièrement l’attention; le Mihrab est orné de précieuses colonnes (Voyez la planche dedétails, fig. 6) et d’inscriptions de tout genre ; l’une d’elles, extrêmement importante, fut découverte sous unecouche épaisse d’enduit, et relevée par M. Marcel, membre de la commission d’Égypte ; elle fixe l'inaugura-tion de la mosquée de Touloun, ou plutôt d’Ebn Touloun, à l’année 265 de l’hégire (J. C. 878).

Ainsi qu’on a pu Te voir, le monument entier rappelle par son plan, la grande mosquée d’Amrou, premierédifice religieux du Kaire, celle d’Alacksa, fondée par Omar à Jérusalem , et celle non moins célèbre de Cor-doue, élevée à là fin du VIII e siècle par les Arabes d’Espagne . C’est toujours là l’imitation de la basilique chré-tienne des premiers siècles, qui empruntait elle-même une partie de sa disposition à la basilique antique;on retrouve, comme nous l’avons dit ailleurs, dans la mosquée arabe, la tribune ou apside (Voy. a, planche de dé-tails, fig. 1”), le sanctuaire à, la chaire c, mais‘surtout l’atrium complet et sans modification, avec ses galeriesenvironnantes, et sa fontaine ou’bassin central, servant aux purifications.

La planche d’intérieur et celle de détails, qui accompagnent cette notice sont empruntées au bel ouvrage deM. P. Coste, Architecture arabe du Kaire.

BIBLIOGRAPHIE.

l’Makrizi, Description de l’Egypte, manuscrit arabe, ancien fonds,K° 676 et suivants de la Bibliothèque royale de Paris .

2“ Description de l’Égypte, État moderne, tome 1 er , Mémoire sur laMosquée de Touloun parM. Marcel. — La 1™ partie seulement dece mémoire a été imprimée dans le grand ouvrage de la commis-sion d’Égypte , et c’est à la bienveillance de l’auteur que nous de-vons la communication de la seconde, malheureusement inédite.Idem, tome II, 2° partie , Description abrégée de la ville et de la

ciiadetle du Kaire, suivie de l’explication du plan de cette ville etde ses environs, et contenant des renseignements sur sa distribu-tion, ses monuments, sa population, son commerce et son industrie ;par M. Jomard.

3° Architecture arabe du Kaire par M. P. Coste; Paris , 1839, 1 volin-folio, 70 planches avec texte historique et descriptif.

4° Ilaij’s illustrations of Kairo; London , 1840, 1 vol. in-folio30 planches lithographiées, avec texte.