— STYLE OGIVAL, —
Nous ne quitterons pas e Dôme sans nous occuper de quelques monuments remarquables qui en ornentl’intérieur. Nous -voyons dans un des bas côtés un monument sépulcral que soutiennent deux arcades àplein cintre, supportées par trois riches consoles. Sur la corniche qui couronne ces deux arcades, trois lionsportent un beau sarcophage qui contient les cendres de Marc-Antoine d’Orso de Florence , homme très-éruditet versé dans le droit canonique et civil, d’abord évêque de Fiesole et ensuite de Florence. Lorsque Henri VII ,empereur d’Allemagne, assiégea en 1312 la ville de Florence , Marc-Antoine d’Orso et son clergé en armesmontèrent courageusement sur les murs de la ville, et coururent héroïquement les chances d’une bataille.Le peuple, stimulé par un tel exemple, vainquit un ennemi formidable et le contraignit à la fuite. Antoined’Orso mourut en 1321 , et son exécuteur testamentaire , le poète François de Barberino , lui fit ériger cetombeau, qui est couronné par la statue du prélat. Ce monument ne porte aucune inscription. Le sujet dubas-relief, qui est d’une belle exécution , est tellement obscur, qu’il n’a pu être expliqué jusqu’à ce jour , etquant à nous, nous ne nous aventurerons point dans une nouvelle explication, qui pourrait être controversée.Le monument d’Orso est d’une belle composition, et le style en est pur et correct. La statue de l’évêque nemanque pas d’expression.
Dans le collatéral du sud, l’on voit une sculpture représentant un homme à mi-corps, peignant une minia-ture. C’est le portrait de Giotto, sculpté par Benedetto da Maiano, par ordre de Laurent le Magnifique , pourl’église de Sainte-Marie des Fleurs. Ce buste est placé dans un encadrement circulaire. Au bas on lit uneinscription composée par Ange Politien. Giotto mourut en 1336, et Benedetto en 1498. Ce n’est donc pointun portrait d’après nature. Peut-il être authentique?
Dans le même collatéral du sud, et non loin du portrait de Giotto , nous voyons celui de Philippe Brunei -lesclii. Legrand architecte est chauve ; son chaperon est tombé sur son épaule droite. Ce buste est dû au ciseaude son élève Buggiono, qui est aussi l’auteur du bénitier de la sacristie du dôme, orné d’enfants qui lancentde l’eau. L’inscription au bas du buste de Brunelleschi est de Marzuppini.
Le buste de Marsilio Ficino , père de la philosophie platonicienne, est un ouvrage d’André Ferrucci de Fie-'sole, mort en 1522. Ficino mourut en 1499. Le portrait de ce philosophe peut donc être authentique.
Le monument de S. Zanobi, qui renferme ses cendres, est un ouvrage en bronze de Laurent Ghiberti. Ilfut exécuté vers 1440. Nous recommandons surtout à l’attention des connaisseurs le beau bas-relief qui re-présente la résurrection d’un enfant par S. Zanobi, qui lui avait été confié par sa mère, et les six magnifiquesanges soutenant une couronne de feuilles d’orme sur le revers de cette châsse (*), et qui entoure une inscrip-tion en l’honneur du saint.
Dans le collatéral du nord , l’on voit un ancien tableau représentant le Dante : le grand poète est figurédebout, vêtu d’une longue et large robe rouge ; son maintien est grave et élégant ; sa tète est couronnée delauriers. D’un côté est une vue de Florence ; de l’autre le symbolisme de sa Divine comédie, c’est-à-dire del’enfer, du purgatoire et du paradis. Cette peinture a généralement été attribuée à André Cione (Orgagna),mort en 1389. On y voit cependant la coupole du Dôme , qui ne fut achevée qu’en 1434. Cette peinture surbois serait plutôt de Mariotto, neveu et élève d’André Cione.
(*) Voy. la MetropolitanaFiorentina Illustrata , pl. XXXI et XXXII.
— BIBLIOGRAPHIE. —
l° La Metropolitana Fiorentina Illustrata, par J. Molini. Florence ,1820.1 vol. in-4“, 38 pl.
2° Vies des peintres, sculpteurs et architectes, par Giorgio Vasari , tra-duites par Léopold Leclanché et commentées par Jeanron et Léo-pold Leclanclié. Paris , 1841, 6 vol. in-8°.
3° Italienische Forschungen von B. F. von Rumohr. Berlin et Stet-tin, 1827 à 1831, 3 vol. in-8°.