— SAINTE-MARIE DES FLEURS A FLORENCE - —
extérieure se compose d’un placage de marbre, blanc, noir et rouge. Le couronnement, les fenêtres et laporte sont également en marbre de couleur. Cette belle tour est ornée extérieurement de cinquante-quatrebas-reliefs et de seize statues, dans lesquels on reconnaît l’histoire du développement des connaissances hu-maines. Le commencement de cette histoire se trouve à gauche sur la face occidentale et dans les panneaux dubas du rez-de-chaussée. Elle fait le tour du campanile, pour recommencer ensuite dans la seconde rangée. Ony voit la création de l’homme et de la femme, leurs premiers travaux, Jabal, le premier pasteur, Jubal , in-venteur de la musique, Tubalcain, premier forgeron, Noé puni pour s’être enivré, la religion primitive, re-présentée par le culte des astres, l’art de la construction des maisons, la femme de ménage, l’homme domp-tant le cheval, la femme tissant des étoffes, la loi, Dédale, comme représentant les voyages, l’invention de lanavigation, Hercule et Antée ayant dompté les éléments, ou bien représentant la guerre ; l’agriculture, l’u-tilité du cheval, l'architecture. Ensuite viennent les arts et les sciences : Phidias représente la sculpture,A pelles la peinture, Donatus la grammaire, Orphée la poésie lyrique, Platon et Aristote la philosophie, To-lomeus l’astronomie. Vient ensuite un vieillard avec la musique instrumentale. Dans la seconde rangée depanneaux, les sept vertus cardinales, les sept œuvres de la miséricorde, l’exaltation des sept saluts, les septsacrements ou plutôt les six sacrements, car, au lieu de la pénitence, l’on voit la vierge Marie avec l’enfantJésus. Tous ces sujets ont été composés par Giotto lui-même et quelques-uns sont exécutés par lui ; d’autressont dus au ciseau d’André Pisano et de Lucca délia Robbia. La Transfiguration, au-dessus de la porte d’entrée,est d’André Pisano. Les statues du premier étage sont au nombre de seize, ainsi que nous l’avons dit. Cellesdes quatre évangélistes sont de Donatello . Les deux du centre, sur la face occidentale, sont des portraits.L’homme chauve, le Zuccone, est le portrait de Barduccio Cherichini, en costume de sénateur romain : ilregarde à terre. L’autre retrace les traits de Francesco Soderini . Trois des statues des quatre grands prophè-tes sont d’André Pisano, la quatrième est de Giottino. Deux statues des patriarches sont de Donatello , deuxautres de Niccolo Arctino. Les sibylles sont de Nanni di Bartolo.
Il y a une trop grande ressemblance entre l’architecture extérieure du campanile et du dôme, pour quenous ne penchions pas fortement à croire que la décoration de Sainte-Marie des Fleurs ne soit de Giotto engrande partie. Ainolfo est mort en 1300, quatre ans après le commencement de sa grande œuvre. Il élevasans doute les murs bruts jusqu a une certaine hauteur, sans monter en même temps le revêtissement enmarbre. C’était aussi l’usage, à Florence, de procéder de cette manière, car Santa-Croce , Saint-Laurent etplusieurs autres monuments nous laissent voir des façades brutes qui attendent encore le placage en marbrequi doit leur servir de décoration. Peut-être Arnolfo est-il l’auteur de la décoration entière de la partieorientale du dôme, du chœur et des transsepts, qui rappellent celle du baptistère de Saint-Jean, exécutée parlui quelques années avant sa mort. On y remarque des pilastres et des arcades; mais le style est généralementroman, les arcades sont à plein cintre, tandis que les fenêtres du dôme dans cette partie sont à ogive. Ar-nolfo avait laissé le modèle du monument ; on aura sans doute suivi sa conception de l’ensemble, et l’on voiteffectivement que l’intérieur est la création d’un grand architecte, tandis que l’extérieur, qui retrace si peul’idée architectonique des diverses parties organiques de l’édifice, nous semble un simple placage, œuvre fortbelle, à la vérité, mais qui est plutôt le fait d’un peintre décorateur que d’un architecte.
Ce qui donne quelque poids à notre opinion, c’est que Giotto fut chargé de dresser un projet pour la déco-ration d’un riche portail occidental, projet qu’il exécuta aussi en partie, mais qui ne fut pas entièrement ter-miné. En 1588, le * proveditore » de l’œuvre, Benedetto Uguccioni, fit détruire les travaux que Giotto avaitcommencés à la façade, et cela, à l’instigation de l’architecte Bernardo Buontalenti . En 1618 on salit le dôme,en y peignant les détails d’architecture qu’on y voit aujourd’hui.
La coupole a été peinte à fresque par George Vasari . Commencée en 1572, elle fut continuée et terminéepar Frédéric Zucchari et Pierre Candid.
La belle porte en bronze de la sacristie du nord est de Lucca délia Robbia. Il l’exécuta de 1446 à 1464 ( ¥ ),après avoir terminé les ornements en marbre du grand orgue que les marguilliers lui firent faire vers 1438.On en avait chargé d’abord Donato en 1417 ; mais il ne put réussir à la fonte de son œuvre. C’est vers 1446que Lucca fut chargé alors des travaux, conjointement avec Michelozzo di Bartolomeo , le célèbre archi-tecte de Côme de Médicis, et avec Maso di Bartolommeo . La belle résurrection du Christ, exécutée enterre cuite, placée au-dessus de cette porte, est le premier ouvrage de Lucca délia Robbia dans cette matière.
(*) Rumohr, Recherches sur les arts en Italie (en allemand ), 1827, 2 vol., p. 292.
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