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Deuxième partie.
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— STYLE ROMAN. —

On rencontre encore à l’entablement principal de gros tores ou boudins, alternant avec de petits cavets.Les feuillages de l’ornementation des portails ne sont plus entièrement romans ; mais ils ne sont pas encoreaussi librement disposés en général qu’au XIII e siècle. Les agencements sont plus conventionnels qu’une re-production de la nature.

Pendant la construction de Notre-Dame de Trêves , l’architecture à ogive fut tellement développée, carac-térisée, son essence et ses détails eurent une telle prépondérance, la liberté dans les arts devint tellementpuissante, que pendant l’érection de notre monument, c’est-à-dire de 1227 à l’année 1244, disons-nous, onrejeta toutes les réminiscences antérieures, tout ce qui s’était encore conservé d’archaïque dans le style detransition.

Nous avons déjà dit que notre église avait la forme d’une croix latine, dont la branche orientale était laplus longue des quatre, et que par conséquent le chœur était plus long que la nef et que les deux bras de lacroix. Cette forme est exceptionnelle, et elle ne se retrouve que dans une petite quantité d’églises. Chacundes quatre angles extérieurs de la croix comprend une sorte d’avant-corps, formée par deux chapelles à troispans, ce qui doune une figure pouvant s’inscrire dans un cercle pour ainsi dire, si nous en retranchons lechœur, qui alors formerait une forte saillie. Ce chœur, placé à l’orient ainsi que l’ont consacré les règlescanoniques, se termine par cinq pans formés du polygone à dix pans au dodécagone. Les trois autres branchesde la croix sont terminées par trois faces formées par l’octogone. Les huit chapelles latérales, placées dans lesquatre angles extérieurs de l’intersection de la croix, offrent à l’extérieur trois côtés et à l’intérieur quatrecôtés de l’octogone.

L’architecte a eu soin de prévoir d’une manière savante et ingénieuse les moyens d’entretien de son édifice.Il a établi à cet effet une circulation facile dans toutes les directions du monument. Dans ce but, il a prati-qué sous les fenêtres, à l’intérieur, d’étroits mais commodes passages, sorte de petits couloirs qui font le tourde l’église et auxquels l’on monte par les quatre tourelles circulaires placées au levant et au couchant de l’é-glise. C’est par les tourelles du chœur qu’on arrive au-dessus de la voûte de l’intersection. Les quatre tou-relles correspondent entre elles par un passage pratiqué au-dessus de cette voûte centrale, aux quatre anglesde la tour, et contre les contre-forts.

Notre église offre dans ses voûtes un remarquable exemple de hardiesse, on pourrait même dire de témérité.Les grands points de résistance existent au-dessus des huit colonnes isolées placées au pourtour des quatrecôtés de l’intersection. C’est sur ces huit bases que reposent la poussée et le poids de huit voûtes circonscrivantle point d’intersection. Les quatre principales de ces voûtes n’ont pas moins de 10 mètres de largeur et 0 m ,33d’épaisseur. Les nervures diagonales forment uii plein cintre complet: les arcs-doubleaux, au contraire, for-ment l’ogive deviennent rejoindre le sommet des nervures diagonales.

Comme dans presque tous les monuments du moyen âge, l’on rencontre aussi, dans une église bâtie avecautant de soin que l’est Notre-Dame de Trêves , ses irrégularités incompréhensibles. Ainsi la fenêtre au-dessusdu portail principal n’est point sur l’axe central : elle s’appuie à droite. Le mur d’enceinte du midi est de 15et 18 centimètres plus épais que celui du nord. Dans un des bras de la croix, une des fenêtres n’a qu’un me-neau, tandis que celle eu face, qui lui correspond, en a deux. Parmi le nombre considérable de colonnes quecontient ce monument, il y en a qui n’ont pas de base, taudis que celles qui leur correspondent en ont.

L’église Notre-Dame a 48 m ,64 de longueur sur 37 m ,87 de largeur dans œuvre. La longueur totale est de54 m ,84, et sa largeur de 13'”,50. La largeur dans œuvre du chœur est de I0 m ,10. La hauteur du clocher centralà partir du sol primitif, moins haut de 31 centimètres que le sol actuel, jusqu’au-dessus de la corniche supé-rieure, est de 43"’,50. La voûte de l’intersection a 53 m ,71 d’élévation sous clé. La hauteur des voûtes de lacroix est de 25'",08, celle des quatre voûtes des angles extérieurs de la croix est de 15 m ,l0. La maîtresse co-lonne des quatre piliers supportant la tour a l m ,49 de diamètre; celui des quatre colonnettes qui la flanquentest de O m ,43. Les huit grandes colonnes isolées ont chacune 0'",91 de diamètre, et leur fût a 9 m ,72 d’élévation.La hauteur du sol au-dessus du chapiteau de ces colonnes est de 1 l m ,56, celle jusqu’au-dessus des chapiteauxsupportant les nervures des voûtes est de 20 m ,34.

Le beau portail occidental de notre église, qui a quelque analogie avec ceux de Saint-Etienne de Vienne , deSaint-Jacques de Ratisbonne, de Notre-Dame de Fribourg en Brisgau, de Notre-Dame de Strasbourg , est d’unegrande richesse de décoration et d’une élégante ordonnance architectonique. Son style indique suffisammentl’époque de transition et même la dernière période de la transition du plein qintre à l’ogive, quoique cettedernière n’y soit pas encore visible. La presque totalité de l’ornementation végétale n’est plus empruntée d’une