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Deuxième partie.
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— ÉGLISE DE NOTRE-DAME DE FRIBOURG . —

A une hauteur de 20 m ,25, la tour prend la forme de l’octogone. A 3 mètres environ plus haut, estplace'e labalustrade qui sert à masquer ou à dissimuler le passage du carré à l’octogone. L’on compte 39 m ,23 d’éléva-tion de la dalle du porche jusqu’à celle de la plate-forme ou galerie du pied de l’octogone ; de là, à la nais-sance de la pyramide, 34 m ,50. Cette dernière a 51m,78 d’élévation, le pompon de couronnement compris.Nous avons dit plus haut que la tour de Fribourg avait 125 m ,51 d’élévation : celle de Strasbourg a 136 m ,95.Cette dernière est donc de 1 U.,44 plus élevée que celle dont nous faisons en ce moment la description.

La galerie, ou plutôt cette partie de la tour qui en reproduit fidèlement le périmètre, présente une figureà douze pans, qui réunit en elle à la fois le carré du bas et l’octogone du haut. Par cette ingénieuse disposi-tion, par cette savante combinaison, la transition du carré à l’octogone est ménagée d’une manière peu sensible,et prouve le génie supérieur de l’architecte. Quatre grands angles aigus, dont le sommet est superposé àceux de la partie carrée, et qui, en se prolongeant jusqu’à la partie octogone de la tour, laissent subsister etrappellent encore la forme carrée du bas. Ces sortes d’avant-corps ou de contre-forts, ornés de niches et declochetons, servent en outre, tous les quatre, à consolider l’octogone, et ils semblent, en même temps, desti-nés à marquer la transition du carré à l’octogone.

Le changement delà forme extérieure delà tour ne se reproduit pas immédiatement à sa naissance dans l’in-térieur. Cette transition intérieure n’a lieu qu’à une élévation de 14 mètres au-dessus de la galerie extérieure.Alors aussi, les quatre parties triangulaires que nous avons assimilées à des contre-forts, s’isolent de la masseoctogonale, se convertissent en un massif hexagonal et forment un clocheton qui se termine par un couronne-ment toujours déplus en plus aigu, formé par une agrégation de petits clochetons et de pyramides.

Au-dessus de la galerie dont nous avons parlé, l’on voit le logement du gardien, et plus haut sont placéesneuf cloches dont le son s’échappe par les grandes baies à doubles meneaux de l’octogone. La plus ancienne deces cloches est de l’année 1258. Les autres datent des années 1281, 1300, 1570, etc., etc. L’escalier à vis quiconduit dans cette admirable tour est placé sur sa face orientale. Au-dessus de l’emplacement des cloches estune voûte : au-dessus d’elle est ce qu’on nomme la plate-forme, qui est au niveau du pied des huit grandesfenêtres supérieures de l’octogone; elle est plus haute au centre que sur ses côtés, afin de laisser facilementécouler les eaux pluviales ; elle se trouve à une élévation de 58 mètres du sol. De ce point, on ne peut exa-miner sans étonnement la hardiesse de la construction gigantesque de l’octogone et de la pyramide ; car l’œilpeut apercevoir sans interruption le sommet de cette aiguille surprenante.

De la plate-forme l’on monte soixante-dix marches pour arriver à la galerie supérieure, qui termine et cou-ronne la partie perpendiculaire de notre tour. Là commence la pyramide, dont le périmètre a 37 m ,60, et lahauteur 46 m ,70. Elle est divisée en huit étages ; les sept du bas sont ornés de meneaux droits et circulairesformant des roses, des ogives, des carrés, des trois-feuilles, des quatre-feuilles, etc., etc. Le compartiment su-périeur est vide, et forme un triangle isocèle très-aigu. L’exécution robuste et peu soignée même de cettepartie n’est pas due à des mains inhabiles : elle a été laissée telle, afin de la mettre en harmonie avec le restede l’édifice, et produire ainsi un ensemble complet et homogène.

Les statues placées dans les niches sur les contre-forts au bas de la tour ont une signification historique. Larangée inférieure semble représenter quatre ducs de Fribourg . Ils portent un costume fort simple, ont uneattitude de noblesse et de fierté, la main placée sur le cœur, où l’on voit un écusson triangulaire, dans le-quel est un aigle essorant. La seconde rangée nous offre les statues de deux femmes couronnées, ayant cha-cune un sceptre ; celle de gauche, sur la façade occidentale, tient en outre un calice. Selon M. Schreiber, ces fi-gures représentent les deux sœurs du duc Berthold V , la duchesse Agnès, femme du comte Égon, seigneur deFribourg , qui contribua puissamment à l’édification de l’église, et l’autre, la femme d’Ulric de Kybourg, grand-père de l’empereur Rodolphe de Habsbourg . Sur le même niveau que ces deux statues de femmes, à droite et àgauche, l’on voit un chevalier armé de toutes pièces, ayant chacun un écusson, mais sans armoiries, qui étaientsans doute peintes. M. Schreiber pense encore que ces deux statues pourraient bien représenter les comtesd’Urach et de Kybourg, maris des deux princesses dont nous avons parlé plus haut. Dans la troisièmerangée, sous la première galerie, nous voyons les statues de la vierge Marie, à gauche, adorée par plusieurspetites figures, représentant des personnages de toutes conditions. A droite, sur la même ligne que laVierge, est placé un évêque, que l’on présume être l’évêque Rodolphe ; sur les contre-forts latéraux, nousvoyons les statues de Conrad, père de l’évêque Rodolphe, et son frère Berthold IV, tous deux ducs de Zæh-ringen. Sur la face méridionale, et toujours dans la même et troisième rangée, sont placées les statues desainte Catherine et de l’archange saint Michel, au midi. Au nord, sur 1 autre face, 1 on voit, pour leur faire

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