— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT.
rois de la famille de Jésus-Christ . La troisième, où l’on voit quatorze statuettes, contient les prophètes ; la qua-trième, enfin, composée de douze figures, contient des anges.
La porte d’entrée, de 6m,25 de hauteur et de 4 m ,70 de largeur, est divisée en deux parties par un pilierélégant de forme carrée oblongue, contre lequel sont appliquées trois fines colonnettes qui supportent lastatue de la Vierge avec l’enfant Jésus sur le bras gauche. Le grand tympan du fronton à côtés curvilignesau-dessus de la porte, est divisé en trois zones ou champs horizontaux, couverts de figures en bas-relief. Là,nous voyons toute la vie de Notre-Seigneur, depuis sa naissance jusqu’à son ascension. Dans le champ dubas et vers le centre, l’artiste a placé la vierge Marie dans un lit drapé et tenant dans ses mains l’enfantnouveau-né : saint Joseph se tient assis au pied du lit. Les bergers viennent adorer le Messie . A la tête du lits’approche un prêtre tenant un ciboire. Au-dessus de la Vierge, vers ses pieds, l’on aperçoit une tète de bœufet de mouton. Dans l'angle à droite, la naissance du Messie est annoncée aux bergers. Des brebis paissent aupied d’un arbre, et des chèvres en mangent les feuillages. Le berger tient son chien en laisse, et l’ange lui an-nonce la venue au monde de l’oint du Seigneur. Au-dessus du centre du vantail de gauche, nous voyons Jé-sus-Christ fait prisonnier par les soldats au mont des Oliviers . Entre cette dernière composition et la nais-sance, l’on voit le Christ flagellé. Dans l’angle, à gauche de ce premier champ, l’artiste a placé Judas penduà un arbre. Aux deux extrémités de ce bas-relief, il y a deux anges avec d’énormes trompes, qui appellent leshommes au jugement dernier. Au-dessus de ces diverses compositions, et dans le même champ, l’on voit larésurrection des morts qui sortent de leurs tombeaux : d’un côté (à la droite du Christ dont il sera questionplus bas), les justes, gardés et secourus par un ange, tenant une balance avec laquelle il a pesé leurs actions;à gauche, à quelque distance de l’ange, est le diable sous une figure hideuse, et qui grince les dents en re-gardant les justes. Viennent ensuite les méchants et les damnés, sortant également de leur tombeau. Le démona les mains jointes et semble prier. C’est ce que la tradition a nommé l'exemple de N. D. de Fribourg , qui en-seigne que le diable même a adoré le Seigneur. Ce premier champ est terminé par une rangée de petitesarcades à ogive, ornées chacune d’un trois-feuilles.
Dans le second champ, ou champ du milieu, l’on voit au centre Jésus-Christ sur la croix, les pieds poséssur une tète de mort. A sa droite sont placés la vierge Marie et l’apôtre saint Jean. Viennent ensuite des pré-lats, des rois et des reines, les mains levées et exprimant la joie et le bonheur. A la gauche du Christ est lecentenier romain montrant le Sauveur à un de ses soldats, et lui disant : Certainement, cet homme était juste ;c’était le fils de Dieu (*). Ensuite l’on voit sur le même niveau les méchants et les damnés, hommes, femmes,prêtres et laïques, et rois, entraînés aux enfers par le diable, qui semble les précipiter dans la gueule d’unmonstre horrible. Au-dessus du Christ crucifié, est le nid du pélican qui nourrit ses petits avec son sang. Dechaque côté du pélican sont assis les apôtres, séparés horizontalement des bons et des méchants par uneétendue de nuages. Une seconde rangée d’arcades à ogive, plus riche que la première du bas, sépare le se-cond du troisième champ, au centre duquel nous apercevons le Christ glorifié, assis sur un trône, ayant à sadroite sa mère, Marie, agenouillée, et à sa gauche saint Joseph dans la même attitude. A droite et à gauchesont deux anges : le premier tient la croix, le second les clous. Plus haut, au-dessus de la Vierge et de saintJoseph, sont deux autres anges; l’un tient la couronne d’épines, et l’autre l’éponge de la passion. Dans lesdeux angles du bas de ce troisième champ, sont deux anges, entonnant la gloire du Christ avec d’énormestrompettes.
Quatre cordons divisent la partie carrée de notre tour en cinq différents étages. Dans le centre des troiscôtés isolés du quatrième étage, est pratiquée une fenêtre sans encadrement, d’une grande simplicité, etde 9 m ,10 d’élévation. Ces trois fenêtres éclairent une chapelle supérieure et dédiée à saint Michel : elle a vuedans l'intérieur de la nef par une grande arcade à ogive ornée d’une balustrade, et de 6 m ,85 de largeur surI l m ,45 d’élévation. Au centre de cette chapelle, se trouve une ouverture circulaire de l m ,75 de diamètre, etqui traverse la voûte du porche. L’autel, placé ici primitivement et dédié à l’archange saint Michel , n'y existeplus, et maintenant ce lieu sert de magasin : ou y monte par deux petits escaliers à vis, auxquels on entre parl’extrémité occidentale des collatéraux. En ayant monté cent quarante-ueuf marches par l’escalier du sud, onarrive au-dessus de la voûte de l’ancienne chapelle de Saint-Michel, et au pied du beffroi supportant les clo-chas. Ce beffroi est d’ordinaire dans toutes les églises un assemblage de charpente posant sur une base solide,et dans sa hauteur tout a fait iuadhérant à la maçonnerie : il en est isolé.
(*) Évangile selon saint Luc, ch.XXHI, v. 47.