Band 
Deuxième partie.
JPEG-Download
 

— CATHÉDRALE DE COLOGNE . —

Sur le mur de refend, au-dessus des orgues, qui datent de 1572, sont ces peintures du Christ, entre saintPierre et saint Paul, dont j’ai parlé ; elles se trouveront naturellement détruites quand on abattra le murpour réunir le chœur à la nef ; elles seront du reste peu regrettables. Aux tympans des arcades, sont les angeset chérubins dont on avait retrouvé quelques traces sous le badigeon, mais qui ont été entièrement refaits par31. Steinler de Vienne. Les chapiteaux et autres sculptures du chœur ont été récemment décorés de couleurset dorures, dont plus tard, sans doute, l’effet ne sera pas désagréable, mais qui dans leur fraîcheur produisentune assez mauvaise impression.

Près des orgues, à l’entrée du chœur, on voit la pierre tumulaire de l’archevêque Guillaume de Gennep ,mort en (372, et devant le lutrin est le beau mausolée de l’archevêque Ferdinand Auguste, mort le 2 août1835, composé d’une grande tombe de bronze sur laquelle est représenté l’archevêque couché. Le monumenta beaucoup d’analogie avec celui du pape 3Iartin V, qui se trouve placé de même en avant du maître-autel dansla basilique de Saint-Jean de Latran .

Aux extrémités des stalles, près de l’autel, sont deux statues d’albâtre avec les yeux noirs, sculptées versl’an 1670, et représentant, l’une la sainte Vierge, l’autre saint Pierre. Sur les piédestaux de ces statues, ou-vrage de Héribert Neuss de Limbourg, on lit les inscriptions : latus papæ, et latus régis, indiquant les lieuxoù étaient placés les sièges du pape et de l’empereur. Aux piliers qui entourent le chœur, sont adossées les fi-gures coloriées du Christ, de la Vierge et des douze apôtres, placées sur d’élégantes consoles et sur de richesbaldaquins que surmontent des anges. Aux côtés de l’autel, sont deux cénotaphes en marbre noir et en albâtre,érigés en 1561 par l’archevêque Gebhard de Mansfeld, à la mémoire de ses parents les archevêques électeursAdolphe de Schawemburg, mort en 1556, et Antoine de Schawemburg, mort en 1558.

Le maître-autel (voy. la pl.), érigé en 1346 par l’évêque Guillaume de Gennep , est couvert d’une table demarbre noir de Dinant , ayant 3 m , 30 de long, 2" n , 65 de large, 0 m ,31 d’épaisseur. Sur le devant sont sculptésen marbre blanc, au-dessus d’une plinthe noire, l’apothéose de la Vierge et les douze apôtres. 31alheureusemcnt,lorsqu’en 1770 le maître-autel fut décoré dans le goût moderne, il fut en partie dépouillé de ses orne-ments ; car sur le côté opposé se trouvaient sculptés les douze prophètes, lesquels ont été détruits. A cetteépoque la table de l’autel fut recouverte d’un dais en forme de temple, construit de marbre de Carrare, ornéde bronze doré et posé sur sept colonnes cannelées d’ordre corinthien. En outre, aux angles de l’autel, on aajouté deux consoles sur lesquelles sont assis, à gauche la Vierge avec l’enfant Jésus, et à droite saint Pierre.Une inscription, placée sur le piédestal d’une des colonnes du tabernacle, nous apprend que le plan de ce dais,si peu en harmonie avec le reste de ledifice, fut donné par Fayn, et qu’il fut exécuté par Boureux de Dinant .Dieu leur fasse grâce ! s’écrie M. de Noël.

En avant du maître-autel sont quatre grands candélabres de cuivre rouge fondus à Liège également en 1770.Chacun d’eux, haut de 2 ra ,50, pèse 500 kilogrammes; mais, sous le rapport de l’art, ils ne compensent nulle-ment la perte des quatre candélabres de bronze artistement ciselés, dont chacun était surmonté de quatreanges portant des cierges, et qui avaient été faits à la moitié du XIV' siècle par ordre de l’archevêque Guil-laume de Gennep .

11 est une autre perte dont il est plus difficile encore de se consoler : c’est celle du magnifique tabernaclede pierre qui s’élevait dans le chœur, à plus de^O métrés de hauteur, au lieu ou est maintenant le trône archi-épiscopal. Ce chef-d’œuvre du XIV e siècle a été détruit par les chanoines en 1766, sous prétexte d’embellisse-ment et de régularité, et les débris en ont été jetés dans le Rhin .

Enfin, nous devons encore, en terminant ce long examen de 1 une des plus belles pioductions de 1 architec-ture ogivale, signaler les sculptures en bois du double rang de stalles, remarquables par la profusion defigures d’hommes et d’animaux dont elles sont décorées. Si ces stalles ne sont pas comparables à cellesd’Amiens, de la Chaise-Dieu, de Ste-Cécile d’Alby, d’Anvers , etc., elles méritent néanmoins d’attirer l’atten-tion, et concourent à compléter le magnifique ensemble de la métropole de Cologne .