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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT. —

de Richeza , princesse polonaise, sœur de l’archevêque Hermann, morte en 1090. Ce cénotaphe, qui était dansl’église de Sancta Maria ad Gradus, a été transporté là à l’époque de la démolition de cette église.

Vient ensuite la chapelle Sainte-Marie, composée de trois travées et faisant pendant à la chapelle où sontl’antique crucifix et l’entrée de la sacristie. Sur l’autel est une statue coloriée de la Vierge, donnée en 1163 àl’archevêque Reinald par l’église de Saint-Celse de Milan, lors de la prise de cette ville. A droite, contre la mu-raille, est une bonne copie de la célèbre Annonciation de Florence , portant la date de 1717. En face de ce ta-bleau, à gauche de l’autel et contre la basse-nef, est le tombeau de l’archevêque Frédéric de Saar-Verden,mort en 1414; sa figure de bronze est couchée sur le sarcophage. Dans la seconde travée de la chapelle, onremarque contre la muraille cinq images de saints coloriés, sainte Rarbe, deux apôtres, sainte Anne tenant laVierge, et sainte Catherine, données à l’église, ainsi que l’apprend l’inscription, par le prêtre Victor, dont jeparlerai tout à l’heure. Dans cette même chapelle, étaient les autels Saint-Hubert et des Trois Rois, qui n’exis-tent plus. Enfin, dans la troisième travée, on trouve contre la muraille le tombeau de l’archevêque Reinaldde Dassèle, mort de la peste à Rome en 1167, le même à qui Rarberousse fit don des fameuses reliques ; il estbien à regretter que de ce monument il ne reste que l’élégant sarcophage en pierre. Selon la tradition, Conradde Hochsteden y avait remplacé l’ancienne statue de pierre par une autre de bronze. Cette statue a disparudepuis 1802, et on ignore ce qu’elle est devenue. Au-dessus de ce tombeau est un joli mausolée de style re-naissance , avec un bas-relief représentant le Christ sur la croix. A côté sont les épitaphes modernes de deuxprélats. En face de ces monuments, sous l’arcade qui sépare cette travée du pourtour du chœur, est le tombeaude Godefroy, dernier comte d’Arnsberg , qui, en 1368, vendit tousses biens et domaines au chapitre métro-politain. La statue est d’un beau style pour l’époque; malheureusement des bourgeois d’Arnsberg lui ontbrisé le nez, et, depuis, la statue a été recouverte d’une cage de fer très-serrée, pour la préserver d’une nou-velle mutilation.

Une grille élégante sépare cette chapelle, la dernière du pourtour du chœur, d’une travée qui sera le trans-sept de droite. Là, contre un pilier, est appliquée une figure colossale de saint Christophe en pierre coloriée,haute de 3 ra 33. Au pilier en face, est posée sur une console une jolie Vierge du moyen âge, et au-dessous setrouve un très-ancien bénitier de marbre noir, espèce de mortier de 0"’, 66 de diamètre, dont les sculpturesreprésentent des trèfles et des quatre-feuilles. Non loin de là, sont adossées à des piliers deux statues, d’uncôté la vierge Marie, de l’autre l’ange Gabriel , qui présente à la Vierge le donateur revêtu d’une chape; lesdeux consoles portent l’inscription : Victor sacerdos olim Judæus, qui nous apprend que c’est un israélitenommé Victor qui, devenu chrétien et prêtre, consacra ces images. Près delà porte, on voit dans le bas dumur un morceau de fer en forme d’enclume, que, dit-on, des serruriers y ont enfoncé en mémoire de l’atrocitéqu'ils se vantaient d’avoir commise en arrachant de la chaire un prédicateur protestant, et en le faisant mouriren le tourmentant avec des tenailles rouges. Au fond de cette travée est la chapelle Saint-Nicolas, séparée parune cloison, et qui sera détruite lorsque le transsept sera achevé.

Ici se termine ce côté de l’église, la basse-nef méridionale n’ctant pas encore finie. De là, par une portepercée dans une cloison en planches, on entre dans la grande nef, qui, comme je l’ai dit, sert d’atelier. Les pi-liers qui soutiendront sa voûte sont au nombre de sept de chaque côté, et chacun d’eux est accompagné dedouze colonnettes. Contre le mur de refend qui sépare cette nef du chœur, sont deux autels de style rococo,dédiés à sainte Anne et à sainte Barbe; ils n’ont d’autre ornement que les statues de bois des deux saintes,d'un style médiocre et maniéré.

Nous voici arrivés au chœur, la seule partie terminée de l’édifice et aussi la plus admirable. (Voy. la coupetransversale.) Ce chœur, exhaussé sur cinq degrés et pavé de marbre noir de Liège , s’élève à une hauteur de42"’, 80 sous clef. Une grille de fer, donnée en 1769 par l’archevêque Maximilien Frédéric, l’entoure, et sansdoute a remplacé une clôture de pierre détruite depuis longtemps. La longueur du chœur depuis sa clôturejusqu’au fond de la chapelle absidale est de 55 m ; sa largeur, compris son pourtour, est de 43 m . La longueur to-tale de l’édifice se trouve ainsi être dans œuvre de 113 m , et hors œuvre, y compris l’épaisseur des tours, de 142"’.Le chœur sans son pourtour a 41 m de long sur 15 de large. Les vitraux qui décorent les fenêtres datent de1288 ; ils furent exécutés après la bataille de Worringeu par ordre de Jean, duc de Rrabant, et du comte Dickde Clèves, qui y ont fait peindre les armes de la ville et celles de plusieurs nobles familles colonaises dont lesmembres s’étaient distingués dans la bataille, et au-dessus les figures des rois de l’Ancien Testament. A lafenêtre du milieu, on voit l’adoration des Mages et la généalogie de la Vierge.