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Deuxième partie.
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ÉGLISE DE SAINT-ÉTIENNE, A VIENNE .

Au nombre des grands monuments du moyen âge que l’Allemagne présente à l’admiration et à l’étude desartistes, des antiquaires et des amateurs, il en est surtout quatre qui doivent attirer particulièrement notreattention. Ces édifices sont la cathédrale de Cologne, l’église Notre-Dame de Fribourg en Brisgau, et les ca-thédrales de Saint-Pierre de Batisbonne et de Saint-Étienne de Vienne. Si la capitale de l’Autriche n’est pasaussi riche en édifices du moyen âge que beaucoup d’autres grandes villes de l’Allemagne , elle possède en re-vanche une cathédrale du plus haut intérêt pour l’art et son histoire. Le temps nous a conservé les dates pré-cises de la fondation de ses différentes parties , ainsi que le nom des architectes qui les ont conçues et édifiées.Saint-Étienne est une mine abondante dont les matériaux peuvent puissamment servir aux études de l’archi-tecte. Il pourra, dans tous ses détails, y étudier le style à ogive du XIV' siècle; il pourra y suivre la décrois-sance de la beauté de ce style, sa transition à l’architecture du XV e siècle, et, dans la belle tour méridionale deSaint-Étienne de Vienne , il pourra enfin s’instruire de la haute science qui a concouru à l’édification de cettesorte d’ouvrages. Donc sous tous les rapports de l’art et de son histoire, ce monument offre un vif et puissantintérêt à ceux qui s’identifient aux grandes créations d’une époque que quelques hommes, à demi lettrés etpoint artistes du tout, ont encore l’enfantillage de déprécier avec un superbe mépris. Ces hommes cherchentmais ne trouvent point d’écho dans l’opinion publique, et leurs idées mesquines ne rayonnent que dans lepetit cercle de coteries auxquelles ils appartiennent. On ne juge plus, Dieu merci, les grandes créations del’art à travers le prisme de certaines sociétés; tous les hommes de bon sens jugent eux-mêmes des œuvres quise présentent à leurs regards, et l’immense majorité admirera davantage des monuments comme Notre-Dame de Eeims, les flèches de Strasbourg et de Vienne ! que le Panthéon de Rome ou l’arc de triomphe de SeptimeSévère . Mais revenons au monument qui doit nous occuper, et qui sera toujours l’admiration de toute intelli-gence supérieure et libre de préjugés.

Saint-Étienne de Vienne n’a pas été bâti d’un jet : aussi présente-t-il l’architecture de différentes époques,et, malgré cette circonstance, cette cathédrale offre cependant un ensemble harmonieux et imposant. Lors-qu’en 1144 le margrave Henri II, surnommé Jasomirgott, fit sortir Vienne des ruines de l’ancienne Vindo-bona ou Fabiana des Romains, il l’enrichit aussi d’une église qui, agrandie dans la suite des siècles, est enfindevenue la cathédrale actuelle. Trois ans après, c’est à-dire en 1147, la basilique de Henri II fut achevée avecses deux tours appelées Tours des païens, et consacrée à saint Étienne, le premier martyr chrétien, par Ileim-bert, évêque de Passau. Le margrave avait choisi pour architecte de cet édifice Octavien Falkner, né à Cracovie .L’œuvre de-cet habile architecte n’existe toutefois plus en entier; il n’en subsiste que les deux tours du portailoccidental et la partie comprise entre elles. Car l’église du XII e siècle fut incendiée en 1258 et en 1265, et pluscomplètement par le troisième incendie arrivé en 1276, qui la détruisit presque en totalité. Le curé Bernardde Prambach, aidé par la libéralité du roi Ottocar II de Bohème, rebâtit le monument, et eut le bonheur depouvoir même l’élever à une hauteur considérable. 11 faut que les travaux aient été poussés avec une activitéet une promptitude toutes particulières, pour que l’empereur Rodolphe de Habsbourg ait pu venir célébrer, enaoût 1278, dans Saint-Étienne , son triomphe sur Ottocar II, roi de Bohème. L’histoire ne nous rapporte pasqu’on ait travaillé au monument jusqu’au règne d’Albert II : ce duc commença l’agrandissement de l’église.Le chevalier Ulric de Tirna et sa femme Berthe avaient fait élever en l’année 1326 une chapelle dite de la Croix,et aujourd’hui consacrée à saint Eugène, sur la face du nord de la tour septentrionale du portail principal.Albert fit bâtir du côté opposé, c’est-à-dire au sud, et seulement quelques années plus tard, une autre chapelledite des Fonts, appelée à présent chapelle Saint-Éloi. Il fit aussi considérablement élever la façade occidentaleet bâtit la nef actuelle. 11 fit également construire un chœur consacré le 23 avril 1340 par Albert, évêque dePassau . Ce chœur s’étendait, suppose-t-on, jusqu’au maître-autel actuel, et il avait la largeur de la nef.

Quant au plan, Saint-Étienne ne reçut son apparence actuelle que sous le règne du successeur d Albert II, leduc Rodolphe, surnommé le Fondateur. En 1358, il commença à faire achever 1 œuvre que son père avait si noble-ment commencée. I! termina la nef et en fit les voûtes, ainsi que le toit surhaussé qui les couvre. Ensuite il fitdémolir le chœur qu’Albert avait fait bâtir, et posa la première pierre du chœur actuel, le 7 avril 1359. Il finitpar couronner son œuvre en faisant jeter les fondements des deux grosses tours latérales de Saint-Étienne quel’architecte Wenzla plaça très-habilement au-dessus des extrémités des deux transsepts. Ce grand artiste n élevacependant la tour du midi que jusqu’aux deux tiers de sa hauteur totale, et il mourut en 1 année 1404. Lesinnombrables sculptures et le grand nombre de statues que le duc Rodolphe IV fit exécuter et placer à Saint-Étienne, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, furent exécutées par Henri Kumpf, natif de la Hesse , et Christophe