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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L'OCCIDENT. —

neaux, à dessins élégants, forment autant de chefs-d’œuvre. La nef s’étend depuis ces chapelles jusqu’auxtours placées sur l’axe des transsepts. Elle présente de chaque côté sept grandes fenêtres, qui contiennent toutesà leur sommet des compartiments d’un dessin différent. Deux fenêtres sont toujours accouplées et comprisesentre deux contre-forts. A l’extérieur il règne une frise et une corniche au-dessus de ces fenêtres , ornées defeuillages, et desquelles sortent, aux angles des contre-forts, des gargouilles représentant les animaux les plusfantastiques et les plus curieux. Au-dessus de la corniche, il existe une balustrade faisant tout le tour de l’église ;à l’endroit de la nef, cette balustrade est surmontée par quatre frontons aigus. Ces frontons ne sont pas achevés.Il n’y en a qu’un seul, le premier sur la face méridionale, qui soit terminé et en harmonie avec la richesse dureste de la décoration du monument.

Les deux petits porches en avant de l’entrée pratiquée au nord-est et au sud de la nef, ne contribuent pasmédiocrement à l’embellissement des faces latérales de Saint-Étienne . Ils sont hexagonaux et présentent unangle de front, ainsi que le fait voir notre plan. Ils sont éclairés par trois fenêtres richement ornées de rosesau sommet, et entre lesquelles il y a à l’extérieur d’élégants clochetons à pyramide, offrant des niches et debelles statues. Ces porches sont couronnés par un parapet très-élevé, orné de compartiments géométriques, declochetons gracieux et de sculptures. Mais c’est surtout aux portes conduisant à l’intérieur de l’église quel’architecte a déployé toute la richesse de son imagination. On admire en particulier, à celle dite de la Courépiscopale, les deux belles statues en pierre représentant la mort et le couronnement de la sainte Vierge. Dansla division inférieure du tympan à ogive, au-dessus de cette porte, l’on voit le corps de la Vierge posé sur unlit de repos et entouré de femmes pieuses et d’apôtres, tous dans une attitude de tristesse et de deuil. A côtédu lit est placé Jésus-Christ : il a la main droite levée pour bénir, et sur sa main gauche l’on aperçoit l’àmeflottante de sa mère, représentée par une petite figure habillée, ainsi qu’on le voit encore ailleurs dans lesouvrages plastiques de la même époque. Dans la division supérieure de ce même tympan, séparée de la précé-dente par une espèce de toit richement sculpté et composé de frontons à ogive en accolade, de clochetons,d’une rangée d’arcades à plein cintre, couronnée d’une frise à feuillages, l’on voit la vierge Marie assise à ladroite deDieu, qui lui place sur la tête, comme reine des cieux, une couronne, en présence de tous les chœursd’anges composant la hiérarchie céleste. L’encadrement monumental de cette porte est des plus riches. Il secompose de deux rangs de statuettes de 0 m ,80 de hauteur. Dans la partie inférieure, on voit la statuette duduc Rodolphe IV, portant le modèle d’une église dans la main droite ; en face de lui, on aperçoit sa femme Ca-therine. Les deux figures sont accompagnées de leurs écuyers portant leurs écussons. Parmi les dix figures dela voussure, continuation de l’encadrement perpendiculaire de cette porte, l’on distingue clairement sainte Ca-therine, sainte Barbe, sainte Élisabeth, sainte Agnès et sainte Geneviève, qui ont chacune leur attribut.

Laporte d’entrée du sud, nommée le Singerlhor, est égale à la précédente, quant aux dispositions générales.Mais, là, la voussure ne contient que des statuettes d’hommes. On n’y a pas non plus oublié les statues de Ro-dolphe IV et de sa femme Catherine. Les deux bas-reliefs du tympan au-dessus de la porte représentent laconversion et la décollation de saint Paul.

Aux extrémités des transsepts sont placées les grosses tours. Au sud s’élève majestueusement celle qui estachevée, et qui rend immortels les architectes AVenzel de Klosterneubourg, Pierre de Brachawitz et Jean Buchs-baum. Cette tour est la plus grosse de l’Europe , mais elle n’est pas la plus haute, cothme on l’a prétendu.

Elle est entièrement bâtie en pierre de taille, et il est impossible de voir une masse plus forte rendue aussilégère et aussi élégante par l’heureuse combinaison et par l’habile choix de l’ornementation. La hauteur de latour de Saint-Étienne est de 136 m ,95. Elle penche visiblement vers le nord, et la déviation de l’axe n’est pasmoins de 0 m ,98. Vue de face, la tour a l’aspect d’un cône ; mais si l’on se place sur une des diagonales ou surun des angles, cet aspect change immédiatement, et alors les clochetons et les pyramides s’épanouissant parétages superposés, semblent se détacher de la masse générale, et lui donnent un caractère de fierté et de har-diesse prodigieuse.

La proportion des parties au tout est d’une harmonie et d’un bonheur accomplis. La diminution de la lar-geur de ses innombrables étages à mesure qu’ils approchent delà pyramide, est presque imperceptible et calculéeavec un rare talent; l’architecte est parvenu, par ce moyen, à dissimuler toute apparence de pesanteur qu’unemasse de pierre aussi considérable aurait pu facilement affecter.

La troisième entrée de la cathédrale est sous la tour méridionale ; son porche n’est pas aussi élégant ni aussirichement décoré que les trois autres entrées précédemment nommées. 11 n’y a point de statues dans les nichesdestinées à en recevoir.