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Deuxième partie.
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— ÉGLISE DE SAINT-ÉTIENNE, A VIENNE . —

Au-dessus des trois arcades à ogive très-aiguës, s’élèvent deux fenêtres jumelles, sous lesquelles sont placéesles armes des provinces autrichiennes (*) ; au-dessus de ces deux baies, existe un grand fronton triangulaire, quise répète sur les quatre faces de la tour, et qui cache une partie de la grande fenêtre ou ouïe, de 16 m de hauteurdestinée à l’échappement des sons des cloches. Plus haut encore, s’élèvent des frontons triangulaires et jumeaux,derrière lesquels est pratiquée la grande fenêtre supérieure de la tour aboutissant au cadran. Au-dessus ducadran, le tronc de la tour se détache visiblement de la pyramide, par un chéneau et une balustrade richementdécoupée et maintenue par douze clochetons isolés de près de 9" d’élévation (**).

La partie supérieure de la tour de Saint-Étienne présente une pyramide à huit pans, de 50»,70 de hauteur,y compris le pompon de couronnement en feuillage. Elle est composée de côtes verticales, de frontons et de dé-coupures à jour de plusieurs formes, et elle offre quatre étages. Sur ses huit arêtes sortantes sont placées destouffes ou feuilles de près d’un mètre de saillie, espacées à l m ,30 les unes des autres, et fixées par des barresde fer en croix, traversant de part en part la construction. Le pied de cette pyramide a 7",50 de diamètre d'uneface extérieure à l’autre. On monte dans cette tour jusqu’à la hauteur du faîtage par cinq cent cinquante-troismarches en pierre, et plus haut par deux cents en bois. La pyramide n’est accessible que par des échelles. Latour opposée et non achevée du nord ressemble en tout à celle du midi, quant à l'ensemble. Elle a 45”,20 d’élé-vation ; il n’est question ici que de la partie bâtie au moyen âge. Sa hauteur totale, y compris la constructionde Jean Saphoy de l’année 1579, est de 64 m ,80 jusqu’au pied de l’aigle. Le porche qui précède l’entrée de cettetour a les mêmes dispositions que celles du sud. A l’intérieur cependant, elle est plus richement ornée desculptures et de baldaquins travaillés à jour.

Derrière ces deux grosses tours, commence le chœur, dont l’architecture, moins riche que celle delà nef, estcependant en harmonie avec elle. Sa terminaison orientale ressemble à celle des basiliques anciennes : lapartie centrale et les deux collatéraux se terminent polygonalement à trois pans, formés par l’octogone. Surles quatre arêtes de ces trois pans s’élèvent des contre-forts élancés, mais de la plus grande simplicité. Cinqfenêtres, de plus de 15 mètres d’élévation, à deux meneaux perpendiculaires, se perdant dans de riches combi-naisons curvilignes, éclairent cette partie centrale de l’édifice. Les deux chapelles polygonales latérales ne sontéclairées que par deux fenêtres. Les bas côtés offrent quatre contre-forts et autant de fenêtres. Au-dessus deces dernières règne une élégante et riche corniche ornée de feuillages, couronnée d’une balustrade pleine degoût, supportée au droit des contre-forts par de gracieux clochetons à pyramide.

Si l’aspect extérieur de Saint-Étienne pénètre l’âme d’un sentiment de pieuse vénération, ce sentiment re-double lorsqu’on entre dans cet imposant monument. L’obscurité mystérieuse qui enveloppe le spectateursous ces voûtes séculaires et hardies, ce jeu de teintes diverses et infinies produites par les vitraux peints en-châssés dans ces hautes et solennelles fenêtres, le ton grisâtre des murs et des piliers, qui contraste avec lescouleurs de ses dalles, contribuent avec la solitude et la tranquillité qui régnent dans ces nefs, avec la ri-chesse universelle des œuvres d’art prodiguée dans ce monument, contribuent, disons-nous, à saisir le specta-teur d’une sainte admiration et d’un recueillement religieux et profond.

Douze piliers hardis supportent les voûtes obscures des trois nefs, qui, réunies, ont 36”,60 de largeur. Cesdouze piliers séparent la nef centrale d’avec les bas côtés. La largeur de la nef principale n’excède que de fortpeu celle des collatéraux. Dans le chœur, dont les voûtes sont également supportées par deux rangs de piliers,au nombre de douze, six de chaque côté, les trois divisions longitudinales ont la même largeur. La hauteur dela nef est de 27 m 20 ; celle des collatéraux est de 21",80. Les piliers sont fort compliqués et abondamment fu-selés. Ils sont ornés de coupoles et de dais ou baldaquins d’une grande richesse, sous lesquels sont placées desstatues. Saint-Étienne de Vienne a cette particularité en commun avec la cathédrale de Strasbourg et l’églisede Fribourg en Brisgau. Chaque pilier offre six statues, dont trois sont tournées vers la nef et trois autresvers les bas côtés. Celles de ces statues qui font face à la nef sont placées à une plus grande élévalion queles autres.

Le chœur est plus simple que la nef; le maître-autel est placé à son extrémité orientale. Ses piliers ne sup-portent que de simples voûtes d’arête, dont les clefs ne sont ornées que des attributs des évangélistes.

Sous le rapport de l’architecture, les quatre principales chapelles de la cathédrale méritent encore 1 atten-

(*) L’Autriche supérieure et inférieure, Vienne, le Tyro!, la Carniole et la Styrie .

(**) C’est contre le clocheton du nord-est qu’on aperçoit le banc de pierre sur lequel était assis le comte de Stahrembergpour suivre les mouvements des ennemis pendant le second siège de Vienne , en l’année 1683.

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