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Deuxième partie.
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— ÉGLISE DE SAINT-ÉTIENNE, A VIENNE . —

de l’orgue, représente le même personnage tenant une équerre dans la main gauche et un compas dans ladroite. Ces deux bustes en pierre sont d’un grand intérêt sous deux rapports différents. Car ils représententsans aucun doute des portraits, et secondement, comme œuvre d’art, ils peuvent être placés parmi les plusbelles sculptures du moyen âge en Allemagne .

On a prétendu que les deux bustes en question ne représentaient pas Antoine Pilgram de Brünn, qui n’a étéemployé qu’au XVI' siècle comme architecte de la cathédrale. Le buste de la chaire représente un hommed’environ quarante ans. L’autre, au pied de la console de l’orgue, exécuté en même temps que la tour nonachevée, entre les années 1450 et 1454, représente un homme de soixante et quelques années, ce qui corres-pondrait parfaitement à la vie de Jean Buchsbaum qui mourut à l’âge de soixante-quatre ans, en l’année 1454.Cependant le costume et surtout la coiffure, qui consiste en cette toque portée par Maximilien, AlbertDurer,Erasme , etc., trahissent l’âge et la date de ces deux bustes, qui, pour cette raison péremptoire, ne peuvent pasavoir été exécutés avant le XVI e siècle ou tout au moins vers la fin du XV e .

La tradition rapporte que Jean Buchsbaum, l’habile architecte qui a terminé le sommet de la tour de Saint-Étienne , jaloux de son élève Antoine Pilgram, précipita ce dernier en bas de l’échafaudage où ils travaillaientensemble. Cette tradition n’a aucun fondement et tire son origine d’une ancienne sculpture de la cathédrale. Agauche et au-dessus de l’arcade du porche de la façade occidentale, l’on voit une sculpture représentant unjeune homme appuyant sa jambe gauche sur la droite : il semble blessé et se reposer. Le costume de ce jeunehomme est celui du XVI e siècle. Il suffit de rappeler toutefois, pour détruire la vraisemblance de la tradition,que maître Buchsbaum est mort au moins un demi-siècle avant qu’Antoine Pilgram ne fût employé commearchitecte à Saint-Étienne de Vienne .

Il existe dans la chapelle de Sainte-Catherine de la cathédrale de Saint-Étienne , des fonts baptismaux de lafin du XV e siècle. Ils sont à douze pans, et leur diamètre est de 1“,58. Chaque face est ornée de la figure d’unapôtre, ayant son attribut consacré, et exécuté avec hardiesse, élégance et habileté. La cuve est un marbrerougeâtre et veiné. Le pied est en pierre et orné des statues des quatre évangélistes, moins bien exécutées quecelles des apôtres. Autour de la cuve on lit les quinzième et seizième versets du dernier chapitre de l’évangilesaint Marc : Ile in orbem universum et predicate evangelium omni créature ; qui crediderit et baptizatusfuerit, salvus erit; qui vero non crediderit, condemnabilur. Marci ult. cap. — Completum est lapidis opus an.Dni. mcccclxxxi.

Il existe, dans notre cathédrale des stalles fort remarquables; de chaque côté du chœur, on en compte vingtbasses et vingt-trois hautes, en tout quatre-vingt-six. Les stalles hautes ont 3 m ,66 d’élévation, et 0 m ,75 de lar-geur. Elles sont séparées les unes des autres par une colonnette élégamment sculptée et décorée, dont le cha-piteau forme en même temps console, qui supporte des statuettes de 50 centimètres de hauteur, représentantdes rois et des saints, et recouvertes d’un gracieux baldaquin. Les dossiers présentent trois compartimentsperpendiculaires. Le premier, couronné d’un plein cintre formé de fines baguettes, et pénétrées par des carrés,ne contient d’ornementation qu’à son sommet. Le second compartiment se compose d un bas-relief repré-sentant la passion de Notre-Seigneur, et le troisième enfin de pénétrations architectoniques, variant à 1 infini.Les stalles se terminent par une corniche horizontale, et non par des frontons et des clochetons, comme nosbelles stalles d’Amiens . Quant à leur goût et à leur exécution, elles sont aussi infiniment inférieures à ces der-nières.

Les stalles basses sont moins richement ornées; leur dossier forme en même temps le prie-Dieu des stalleshautes. On aperçoit sur leurs faces latérales des bas-reliefs remarquables dont les sujets sont tirés de 1 histoiresainte : au-dessus de ces sculptures, on voit des animaux très-curieux et extraordinaires. L appui, en avant desstalles basses, et dont l’épaisseur est ornée de statuettes représentant des moines, est enrichi de nombreux feuil-lages, au centre desquels on a placé les armes de la maison d’Autriche et celles de la ville de Vienne . On voitsur le dossier de la première stalle haute de gauche, en allant de la nef au chœur, les armoiries de la Lombar-die . L’on aperçoit sur un livre tenu par un des moines représentés dans l’épaisseur de 1 appui, un monogrammeformé des lettres I et S. George Syrlin, sculpteur et artiste très-habile, exécuta les stalles de la cathédraled’Ulm en 1469. George Syrlin le cadet était également un artiste distingué. L étonnante ressemblance entreles stalles de Saint-Étienne et ces dernières, peut faire présumer que ces deux ouvrages eurent pour auteur lemême sculpteur.

A l’extrémité du bas côté méridional du chœur est placé le beau tombeau de 1 empereur Frédéric III , quenous n’entreprendrons pas de décrire, parce qu’il nous faudrait pour cela un volume entier. Ce monument a