— ÉGLISE DE SAINT-LAURENT, A NURENBERG . —
figures et les beaux bas-reliefs qui décorent cette partie sont contenus dans la grande porte d’entrée, qui a8 m 50 de largeur sur 14 m 00 dediauteur. Sa profondeur n’est point considérable, comme celle des portes de noséglises de la même époque, car elle est à peine de 2 m 00. La baie d’entrée, de 4 m 90 de hauteur et de 4 m 60 delargeur, divisée en deux par un pied-droit, supporte un champ sur lequel sont placés des sujets tirés de l’Évan-gile. Au-dessus de chaque vantail existe une ogive; dans celle de gauche, l’on voit la naissance de Notre Sei-gneur. La Vierge est couchée sur un grand lit à amples draperies, le dos tourné au monument, tenant l’enfantnouveau-né dans son bras droit. Saint Joseph se tient debout auprès du lit ; l’on voit non loin de lui un des ber-gers auxquels fut annoncée la naissance de Jésus-Christ . Au-dessus du lit de la Vierge il existe une mangeoiredans laquelle mangent un âne et un bœuf. Au-dessus, dans l’angle curviligne de l’ogive, est un ange qui an-nonce que le Seigneur est venu au monde. Au-dessous, dans un compartiment inférieur, est représentée l’ado-ration des trois rois mages de l’Orient, Gaspard , Balthasar et Melchior, venus de leur pays en Palestine pouradorer Jésus-Christ et lui offrir des présents, qu’ils tiennent à la main. L’un est agenouillé devant la Viergecouronnée qui tient l’enfant Jésus sur ses genoux, et au-dessus duquel l’on voit l’étoile qui indiquait le lieu dela naissance du nouveau maître du monde. Dans l’angle à gauche, l’on voit un arbre derrière lequel sont leschameaux qui ont amené les trois rois, et dont on n’aperçoit que le cou et la tète. Entre eux et les priacesétrangers est un jeune serviteur, conducteur de la caravane. Au-dessus du vantail de droite, l’artiste a figuréla présentation au temple et la fuite en Egypte. Cette composition fait pendant à l’adoration des mages.Au-dessus de ces deux sujets, l’on voit le massacre des innocents. Ici Hérode , la couronne en tète, assiste àcette scène dramatique. Au centre est jin soldat tuant un enfant ; à droite sont des femmes les bras levés enl’air, et qui se désespèrent. Au-dessus des ogives, dans les angles, sont placés les quatre grands prophètes ,qui sont très-habilement ajustés pour l’emplacement qu’ils occupent. Là finit le cycle de l’enfance de Jésus-Christ . Nous arrivons maintenant à un grand bas-relief de toute la largeur de la porte, et qui contientla passion de Notre-Seigneur. Le premier sujet à gauche le représente devant Pilate; le second, la flagel-lation ; le troisième, l'Ecce Homo ; le quatrième, le portement de croix ; au centre et s’élevant considé-rablement, Jésus-Christ sur la croix, attaché par trois clous; le sixième sujet, la descente de croix; leseptième, sa sépulture, et le huitième, sa résurrection. Ces huit sujets forment, avec les quatre du bas, lenombre si significatif de douze. Dans la partie supérieure du tympan , l’on voit le Christ assis dans sa gloire,ayant sous les pieds le soleil et la lune à visage humain. A droite est sa mère; à gauche, son disciple favori,saint Jean l’Évangéliste. Au-dessus sont placés deux anges, dont l’un tient les instruments de la Passion,l’autre un saint suaire, vero icon , et aux côtés de ces trois figures l’artiste a placé des anges qui entonnentles louanges et la gloire de Dieu . Ce sujet rappelle celui représenté à la môme place dans le fronton de la portede l’église de Notre-Dame de Fribourg en Brisgau, et en général les bas-reliefs de la porte de Saint-Laurent deNurenberg ont une grande analogie de composition avec ceux de l’église que nous venons de citer. A droite,au-dessous de ce groupe, sont les bons, rois, reines, princes, princesses, prêtres, laïques, hommes d’armeset bourgeois. Une énorme clef, placée debout dans l’angle à droite, indique 1 entrée du Paradis. A lagauche du Christ l’on voit les méchants de toutes les qualités et de toutes les classes , pris dans une mômechaîne et tirés par le diable (et un diable bien hideux du XIII e siècle) en enfer, représenté par la gueule d’unépouvantable animal, à dents longues et aiguës et vomissant des flammes. En dessous, de chaque côté du cru-cifiement, est la représentation si naïve de la résurrection, indiquée par des figures nues et vêtues qui sortentde leurs tombeaux en en soulevant les dessus ou couvercles.
Voilà les épisodes de la vie de Notre-Seigneur et de la nôtre après notre mort, que 1 artiste a représentésd’une manière aussi simple qu’ingénieuse. Ces épisodes, si naïvement exposés, pouvaient instruire la foule quine savait pas lire. C’est sur l’entrée du monument dans lequel ils allaient pénétrer, qu on racontait en pierreaux fidèles la vie de celui dont on allait écouter les préceptes, et célébrer saintement la mémoire par le sacri-fice de la messe.
Contre le pied-droit qui sépare la porte en deux, l’on voit une statue de la Vierge tenant 1 enfant Jésus : cettefigure est de grandeur naturelle. Les deux voussures de la porte contiennent, depuis la naissance de 1 ogivejusqu’au sommet, trente sujets et figures. Les groupes du bas des voussures complètent la vie du Seigneur.La première voussure extérieure à gauche nous montre Jésus-Christ dans le jardin des Oliviers; 1 Ascensionoorrespond à ce sujet, dans la première voussure extérieure de droite. Au même niveau du Christ au montdes Oliviers, et dans la seconde voussure, l’artiste a représenté la trahison de Judas ; en face, dans la secondevoussure à droite auprès de l’Ascension, le groupe manque : il représentait la Pentecôte. Les figures du restede la voussure extérieure représentent les prophètes ; celles de la voussure intérieure, les apôtres. Les pro-