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Deuxième partie.
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CATHÉDRALE D’YORK.

Depuis une époque fort reculée, la cité d’York a occupé une des premières places parmi les villes de laGrande-Bretagne. Peu de temps après la conquête des Bomains, elle fut choisie comme siège du gouvernementimpérial. Parmi les motifs qui lui valurent cette distinction, il faut sans doute compter son heureuse positionsur une rivière navigable, se jetant dans la seule des mers d’Angleterre qui fût parcourue par les vaisseaux ro-mains. York , d’ailleurs, était une excellente station pour les armées destinées à repousser et à réduire les fa-rouches habitants de la partie septentrionale de l’ile. Placée sur le vaste territoire des Brigantes, qui s’étendaitd’une mer à l’autre, elle reçut sans doute une garnison dès que Petilius Cerealis, débarqué vers l’an 71 , sousle règne de Vespasien, eut soumis ces peuples après de nombreux et sanglants combats, dont parle Tacite .Cependant, on ne la trouve positivement désignée par son nom latinisé Eboracum, que vers la fin du troisièmesiècle : il est néanmoins fait mention d’un Eboracum dans l'itinéraire d’Antonin.

Sous la domination romaine, la ville d’York acquit progressivement une grande importance. C’est dans sesmurs qu’en 214 fut enterré l’empereur Sévère, après sa malheureuse expédition contre les Calédoniens. C’estégalement après une campagne contre ces peuples, que l’empereur Constance Chlore y fixa sa résidence et ymourut en 306, laissant l’empire à son fils Constantin le Grand, qui y fut déclaré empereur.

Quoique tout porte à croire que la religion chrétienne se répandit dans la Grande-Bretagne, peu de tempsaprès la conquête, il n’existe cependant aucune preuve incontestable qu’elle y ait acquis une certaine stabilitéavant le règne de Constantin . Mais elle fit vraisemblablement de grands progrès sous cet empereur, car lorsque,à propos de l’hérésie des Donatistes, il convoqua à Arles , en 314, un concile général, parmi les prélats assem-blés s’en trouvèrent trois anglais, dont un, Éborius, était évêque d’York .

Toutefois, ce n’est qu’à la piété d’Edwin, le roi saxon de Nofthumbrie, qu’est due la fondation de la cathé-drale. Converti à la religion chrétienne par l’influence d’Ethelburga, sa femme, qu’avait accompagnée, depuisla cour de son père, un prêtre étranger nommé Paulin, il fut baptisé par ce dernier en présence d’une foulede peuple, le jour de Pâques , 12 avril 627, dans une chapelle en bois construite à la hâte et dans ce but. Decette époque date l’établissement régulier d’une église dans la ville d’York , car, à l’oratoire en bois, Paulinobtint du roi qu’on substituerait une église plus vaste, qui fut commencée immédiatement.

La conversion d'Edwin eut les plus heureuses conséquences : une multitude de ses sujets furent instruits etbaptisés par Paulin, dont les succès ne cessèrent de récompenser le zèle, jusqu au moment où son protecteur,ayant eu ses États envahis par Cadvvalla, roi de Galles , allié à Penda, roi des Merciens, lut tué dans un combatlivré près d’York , événement qui eut lieu en octobre 633. La tète de l’infortuné monarque fut portée à l’église,qu’on était alors en train de bâtir, et elle y fut dévotement enterrée dans l’aile ou portique du pape Grégoire.

La mort d’Edwin, qui fut suivie d’épouvantables massacres, fut un coup terrible porté a l’existence duchristianisme dans l’Heptarchie. Cependant, il y avait déjà poussé des racines trop profondes pour être anéanticomplètement, et l’église d’York , après être restée une trentaine d’années sans pasteur, devint de nouveauflorissante lorsque Oswald eut délivré son pays. Le célèbre AVilfrid, dont la vie fut marquée par une suite sin-gulière de vicissitudes, contribua beaucoup à ce résultat. C’est sous le gouvernement de ce prélat que commençala querelle entre les archevêques d’York et ceux de Canterbury , querelle dont il fait bien souvent mentiondans l’histoire des deux diocèses, et qui avait pour objet la suprématie en matière de juridiction ecclésiastique-Cette contestation ne fut jugée définitivement que sous le règne de Guillaume le Conquérant . Ce prince ayantnommé Thomas, son chapelain, au siège d’York, celui-ci refusa l’obéissance à Lanfranc, archevêque de Can-terbury. Les deux prélats se rendirent alors à Rome pour y plaider leur cause devant le pape; mais celui-cirenvoya l’affaire à la décision du roi, qui assembla un concile à Meden, où Thomas fut définitivement condamné.

L’équité de cette sentence ne parut point incontestable à Gérard, successeur de Thomas, car il refusa long-temps de s’y soumettre, et s’il le fit, à la fin, ce ne fut que sur l’ordre exprès du Saint-Siège . L archevêché d A orkdoit beaucoup aux libéralités de ce prélat. Ce fut lui qui obtint du roi le bénéfice inféodé de 1 église de Laugton,et ajouta à son diocèse les églises de Driffield, Killam, Pocklington, Pickering et Burgh. Thomas 11, qui vintaprès lui, montra la même résistance au jugement du concile de Meden ; il fut également obligé de se soumettre,mais non pas toutefois sans avoir été excommunié par le pape Anselme, qui mourut en le laissant sous le coupde l’interdit. Cet archevêque fit de nombreux règlements dans son diocèse; il établit deux prébendes, plaçades chanoines à Vexham, et fit de nombreuses donations de terres au collège de Southwell , pour lequel ilacheta du roi les mêmes privilèges dont jouissaient les prébendes d \ork, de Ripon et de Beverley.