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Deuxième partie.
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— CATHÉDRALE D’YOBK. —

Les tours, butées par des contre-forts à trois retraits successifs, n’ont qu’un étage percé d’unegrande baie en ogive, surmontée d’un arc en talon garni de crochets et qui se termine par un pédicule fortélevé. Ces baies, divisées dans leur largeur par deux meneaux, et dans leur hauteur par une précinclion hori-zontale ornée d’arcs subpolylobés, présentent un réseau intéressant, en ce qu’il est propre à l’architectureanglaise. Il est formé particulièrement par quatre petits arcs aussi subpolylobés, dont les pieds droits ne sontque la continuation des meneaux, qui atteignent ainsi l’intrados de la baie, circonstance très-caractéristique,puisqu’elle est celle sur laquelle Eickmau s’est fondé pour proposer la dénomination de style perpendiculaire,qu’il applique à celui qui fut en usage dans la Grande-Bretagne depuis la fin du XIV e siècle jusque vers le milieudu XVI e . Les tours se terminent, non par une balustrade, comme cela aurait lieu en France , mais encore pardes créneaux ornés, soutenus par une corniche. Des merlons des angles et de ceux du milieu des faces s’élèventde gracieux pinacles ; mais malheureusement ceux des angles sont plus élevés que les autres, de sorte que l’en-semble, au lieu de pyramider, comme c’est le génie de l’architecture à ogives, fait exactement le contraire. Lestours d’York sont élevées de 59™ 60 ; elles ressemblent beaucoup à la célèbre tour de Bolton (*').

La partie centrale de la façade n’a que trois étages. Le premier consiste dans la porte, divisée en deux parun trumeau formé de colonnes engagées qui reçoivent la retombée de deux arcs secondaires subtrilobés, etdont la subtrilobure est encore garnie de contre-lobes; bizarrerie qu’on ne rencontre pas en France . Unerosace vitrée et dont les meneaux dessinent trois grands et trois petits trèfles à lobes cymatiformes, est percéedans le tympan de l’arc principal dont la voussure est garnie de violettes, d’enroulements et de petites niches.Au-dessus s’élève un fronton dans le champ duquel sont pratiquées cinq niches d’inégale hauteur, et dont laplus haute, naturellement placée au milieu, abrite une figure d’archevêque tenant d’une main un modèle del’église et bénissant de l’autre. A droite et à gauche du tympan sont les statues de Vavasour et de Percy. Prèsd’eux sont sculptés des écussons, et au-dessus de ces écussons sont deux figures assises et en haut relief. Lesdimensions de la porte centrale semblent mesquines, parce qu’elle est en quelque sorte écrasée par la grandeurconsidérable de la fenêtre qui se trouve au-dessus. Celle-ci, divisée en huit jours par sept meneaux, dontcelui du milieu est plus gros que les autres, est d’un magnifique effet ; cependant son réseau ne nous sembleque médiocrement heureux quant au motif ; elle est surmontée d’un fronton fort élégant dont le sommetdépasse une balustrade crénelée qui continue celle de la base des tours. En retrait de cette balustrade est placéun gable obtus, crénelé aussi, et dont le sommet porte un pinacle.

En somme, la façade de la cathédrale d'York est une des plus riches qui existent. N’ayant point une seuledes parties de son parement qui ne soit décorée de panneaux ou de niches dont peu, au reste, ont jamais étégarnies de statues, elle offre, par la multiplicité des sculptures dont elle est chargée, un aspect magnifique,mais qui néanmoins prête à la critique par trois grands défauts : la gaucherie de l’amortissement des tours, lapetitesse de la porte principale, et l’énorme saillie des contre-forts.

La nef est divisée en sept travées (**). Chacun de ses piliers, formé d’une réunion de seize colonnettcs dequatre grosseurs différentes (voyez la coupe, planche I re ), reçoit la retombée d’un grand arc ogive, dans lestympans duquel sont sculptés des écussons. Au-dessus de ces arcs est une galerie étroite, dont chaque travéeest divisée en cinq parties par la prolongation des meneaux de la fenêtre placée au-dessus. Les nervuresde la voûte sont plus multipliées qu’à la même époque elles ne l’eussent été en France . En effet, indépen-damment de leurs arcs doubleaux et de leurs croisées d’ogives, elles ont de grandes liernes et des croiséesd’ogives supplémentaires, curieuses à étudier. Toutes ces nervures, ornées de clefs sculptées, à leur intersection,et annelées à une certaine hauteur, portent sur une triple perche qui s’élève du pilier inférieur. Les voûtesont sous clef 19 m . Les bas côtés ont de simples croisées d’ogives ; leurs fenêtres sont semblables à celles dudeuxième étage de la base des tours, mais plus hautes j leur allège est ornée d’une riche arcature qui se repro-duit, surmontée d’une autre, sur la face postérieure du mur de la façade. A l’extérieur, ces fenêtres sont cou-ronnées par des frontons, et séparées par de lourds contre-forts que relie, à leur sommet, une balustradecrénelée. A la naissance du toit qui recouvre la nef centrale, est également une balustrade crénelée, à jour, etdivisée en travées par des pinacles qui ne sont que la terminaison des petits contre-forts placés entre les fenêtresde la claire-voie. Celles-ci sont en ogive équilatérale, elles se divisent en trois parties : 1 une centrale, demoitié moins large que les autres, subdivisées en deux par un meneau, de sorte que la baie offre cinq jours. Le

(*) Il en sera publié plus tard une vue et une coupe.

(**) Il y en a huit, si l’on compte celle qui empiète sur le transsept.

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