— STYLÉ OGIVAL DE L’OCCIDENT. -
réseau, à l’exception de quatre petits arcs trilobés , rayonnant du centre de la rosace, est dans le goût de cequ'on appelle assez improprement gothique rayonnant. Il n’y a pas d’arcs-boutants pour soutenir les murs dela grande nef; c’est une disposition très-digne de remarque.
Le transsept présente à son centre quatre énormes piliers qui soutiennent la tour placée au-dessus de lacroisée, c'est-à-dire, de l’espace qu’ils circonscrivent. Chacun des croisillons est divisé dans le sens de sa lar-geur, en d’autres termes, de l’est à l’ouest, en une nef principale garnie de collatéraux, et dans le sens de salongueur en quatre travées inégales. La première correspond aux grands bas côtés ; les piliers qui la formentsont, du côté de la nef, reliés par un petit mur assez peu élevé et percé d’une arcade Tudor ; la seconde travée,qui est fort étroite, a aussi ses piliers reliés par une muraille, mais cette dernière est massive, et n’est sansdoute qu’un travail de consolidation exécuté après coup. La troisième et la quatrième travée sont complètementouvertes et d’inégale longueur. En élévation, les croisillons présentent trois étages comme la nef: le premier,formé par des arcades à ogives, dont les pieds droits sont dissimulés sous des colonnettes en faisceau annelées ;le second, par une galerie divisée en quatre baies en lancette, réunies deux à deux sous des arcs ogives que cou-ronne un autre grand arc, en plein cintre dans la plus large des travées, et en ogive dans les autres, différencede forme résultant de la nécessité de les faire tous ranger à une même hauteur. Les tympans de ces arcs etceux des arcs secondaires qu’ils embrassent sont percés de rosaces à quatre ou cinq lobes. Au-dessus est laclaire-voie consistant en cinq baies étroites et peu élevées, dont les deux latérales sont aveugles dans chaquetravée. Les nervures multiples de la voûte, dont la hauteur est de 28 mètres, sont garnies à leur intersectionde clefs ornées, qui, en plan, sont disposées en quinconce. Les bas côtés ont seulement des croisées d’ogivesavec arcs doubleaux pour nervures. Leur muraille extérieure, que butent des contre-forts, offrent deux fenêtressans réseau par chaque travée. Une arcature trilobée règne au-dessous de ces fenêtres.
Les croisillons ne diffèrent entre eux que par leurs façades. Celle du croisillon nord est percée de cinqgrandes lancettes. Le mur au-dessous de ces fenêtres est orné d’une arcature ogivale à l’extérieur et trilobéeà l’intérieur. Le gable offre sept baies également en lancettes, et dont la hauteur est graduée par rapport àl’inclinaison du toit; les deux plus petites seulement ne sont point ouvertes. Des tourelles octogones, butéespar des contre-forts et qui semblent incomplètes, flanquent l’ensemble de la construction.
La façade du croisillon sud, décorée, comme l’autre, d’arcatures dans sa partie inférieure, est percée d’uneporte qui, placée en avant-corps , forme une sorte de porche par sa profondeur. De chaque côté se trouventdeux fenetres en lancette. Au-dessus s’en trouvent trois autres beaucoup plus élevées et dont la principale estsubdivisée en deux jours par un trumeau, mais c’est là sans doute une addition postérieure. Le gable qui ter-mine ce front est percé d’une vaste et belle rose, ornement peu commun en Angleterre. Les meneaux sontformés de deux rangées de petites arcades trilobées. Dans l’encadrement, on remarque trois rangs de violettes,et dans la pointe extrême du gable se trouve une autre rose à découpures et dont la forme générale est celled’un triangle curviligne. De chaque côté du gable se voient deux tourelles crénelées et pannellées qui sontd une époque beaucoup plus avancée, de même que la petite flèche placée en retrait de son sommet.
Au-dessus de la croisée, s’élève la tour centrale. Elle forme, en plan, un carré de 21 mètres de côté. Cha-cune de ses faces est percée de deux baies presque exactement semblables à celles des tours de la façade prin-cipale. Un parapet crénelé et découpé à jour la termine. Elle a de hauteur 60 m 20.
Le chœur est remarquable par une particularité qui ne peut être indiquée sur le plan par terre. C’est unesorte de transsept secondaire, comme à Salisbury ; ce second transsept n’est en avant-corps que par rapport àla muraille de la grande nef, car il ne dépasse pas la ligne du mur extérieur du bas côté. Il est percé de fenêtressemblables à celles de la claire-voie du chœur, si ce n’est que celles de ses façades ont leur appui presque deniveau avec celles des bas côtés, ce qui leur donne une hauteur considérable que dissimulent un peu leurs troisprécinctions horizontales.
Le chœur a le même nombre de travées que la nef. A l’intérieur, il ne diffère de celle-ci que par ses détails:sa voûte est aussi plus haute de 2 m ,25, et les nervures en sont plus multipliées. A l’extérieur, la différence neconsiste également que dans les détails , qui sont d’un style moins avancé dans la nef que dans le chœur. Cedernier est divisé en deux parties : l’une formée par le chœur proprement dit, et qui est terminée à ses deuxextrémités par de magnifiques clôtures à jour, d’une extrême élégance, et dont l’une, celle de l’ouest, soutientles orgues (*) ; elle contient l’autel, la chaire épiscopale, et une suite de stalles anciennes et fort riches. L’autre
(*) On la trouvera, décrite et illustrée, dans une autre partie de cet ouvrage.