— CATHÉDRALE D’YORK.—
partie est comprise entre la clôture orientale du chœur et l’extrémité de la cathédrale. Elle constitue unesorte de chapelle, nommée quelquefois chapelle de Notre-Dame . La façade orientale a pour trait saillant unefenêtre de dimensions considérables, qui l’occupe presque entièrement. Cette fenêtre, qui, en hauteur et enlargeur, présente trois subdivisions principales, appartient au genre de celles dites composées , quoiqu’ellen’en puisse être considérée comme un type bien caractéristique ; son archivolte, en forme d’ogive, est sur-montée d’un arc en talon dont le pédicule est très-élevé. De petites arcatures à jour, surmontées d’un frontonet formant un ensemble très-léger, mais médiocrement heureux d’effet, s’élèvent au-dessus du sommet de lamuraille, qui est horizontal. Deux contre-forts carrés, ornés de niches et terminés par de petites flèches octo-gones à crochets, la séparent de ses deux ailes que forme l’extrémité des bas côtés, et qui sont flanquéesde petites tourelles octogones , surmontées de flèches de même forme. Ces ailes ont chacune une fenêtre sem-blable à celles des collatéraux. Elles se terminent aussi par les arcatures à jour dont nous venons de parler.
Au-dessous de l’autel, existe une crypte d’architecture anglo-normande, qui doit être du XII e siècle. Elleest divisée en quatre travées. Les colonnes, qui n’ont que l m ,67 de hauteur, ont leurs chapiteaux historiés ouornés d’entrelacs, de godrons, etc. Les voûtes sont d’arête et renforcées de lourdes nervures. Le pavé estformé de briques carrées émaillées et alternativement peintes en bleu et en blanc jaunâtre. On remarque dansla crypte les restes d’une piscine qui appartenait à un des trois autels dont on retrouve les traces, un lavato-rium et un puits. Un autre puits, nommé puits de Saint-Pierre, existe aussi dans une des sacristies.
A l’angle nord-est du croisillon septentrional, se trouve la galerie coudée en équerre, qui mène à la salle ca-pitulaire. Ce joli édifice, buté par des contre-forts très-saillants, est régulièrement octogone. Chacun de ses pansest percé d’une grande fenêtre, à l’exception d’un, toutefois, où la fenêtre n’est que figurée. La voûte est à ner-vures et fort hardie. Dans les parois intérieures, sont sculptées quarante-quatre stalles en pierre, qui étaientdestinées aux chanoines composant le chapitre.
Il n’y a dans la cathédrale d’York qu’un petit nombre de tombeaux curieux sous le rapport archéologique ;les plus intéressants sont celui de l’archevêque Bowett, qui date du commencement du règne de Henri VI ; ilest composé d’un soubassement tréflé , surmonté d’une arcade surbaissée à jour, que couronnent des pina-cles d’une grande légèreté; celui de l’archevêque Thomas Savage, du commencement du XVI e siècle; il estformé d’une niche dont les détails sont riches et nombreux, et qui renferme la statue couchée du prélat ; et enfincelui de Walter de Grev, placé dans l’aile orientale du croisillon du sud ; c’est un petit édicule, dont une voûteà frontons, supportée par des colonnetles, recouvre le soubassement, sur lequel est représentée l’image de l’aff-chevêque, bénissant d’une main et tenant de l’autre sa crosse.
On remarque encore la jolie statuette en albâtre de William de Halfield, deuxième fils d’Édouard III , et lestombes des archevêques Roger, William de Gremfeld, Richard Scrope, ainsi que celle de John Haxby, ancientrésorier de l’église, qui mourut en 1424 ; sur cette dernière se font encore parfois des payements en vertud’anciens contrats.
Le .trésor de la cathédrale était jadis riche en mitres, calices, encensoirs, croix et reliques ; parmi celles-ciles plus célèbres étaient des os de saint Pierre, une partie de la chevelure de saint Guillaume, un bras de saintWilfrid, renfermé dans un bras d’or ; deux épines de la couronne de Jésus, une dent de sainte Apolline,une portion du crâne de saint Étienne, et un drap teint de sang de l’archevêque Scrope. Dugdale , dans leMonasticon Anglicanum (vol. I er , p. 169 et suivantes), a donné le catalogue des nombreux vases et orne-ments d’or ou d’argent, ainsi que des autres trésors qui appartenaient à l’église avant l’époque de la Réforme.La plupart de ces objets ont été dispersés, mais il en est resté quelques-uns qui sont pleins d’intérêt.Ainsi, il y a dans une des sacristies une sorte de grand bahut dans lequel on conserve, avec beaucoup d’ac-tes et de vieux registres de l’église , plusieurs objets anciens fort curieux, entre autres une tête de plomb,trouvée lors du remaniement du pavé de la tombe de l’archevêque Rotheram. On suppose que, comme ce prélatmourut de la peste, il dut être enterré à la hâte et sans cérémonie, et que plus tard on enterra solennellementdans l’église sa statue recouverte des insignes de sa dignité. Le bahut renferme également trois calices d’ar-gent trouvés dans des tombeaux d’archevêques; plusieurs anneaux , trouvés dans ceux de Serval, Gremfeld,Bowett, Nevil et Lee ; une superbe crosse d’argent, donnée en 1687 par Catherine de Portugal, reine douai-rière d’Angleterre, à Smith son confesseur ; un dais d’étoffe d’or et deux petites couronnes d’argent doré,donnés par la ville pour le service de Jacques 1 er , lorsqu’en venant d’Écosse, il passa à York pour se rendre àLondres . Mais le plus curieux et le plus important monument est une grande corne d’ivoire, qui était jadisélégamment enrichie d’ornements en or et suspendue par une chaîne de même métal. Cette corne porte une