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Deuxième partie.
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STYLE OGIVAL. —

personnages dans une posture bizarre, qui ont l’air accablé sous le poids des coûtes et des nervures. Toutesles pièces qui forment une stalle, y compris le haut dossier et le dais, sont assemblées à la colle , sans clous nichevilles, au moyen de tenons et de mortaises, avec tant de soin, que les jointures sont imperceptibles. De cha-que côté de la porte du jubé, deux stalles , plus grandes et plus magnifiques que les autres, s’élèvent à la hau-teur de 13 mètres. La partie inférieure renferme le siège avec ses accotoirs et ses appuis, le haut dossier estchargé de sujets historiques, et surmonté d’une pyramide très-ornée, composée de deux jets principaux, autourdesquels viennent se grouper cinq autres petites pyramides.

Les magnifiques sculptures répandues à profusion sur presque toutes les parties des stalles appartiennent àdeux séries distinctes, et contiennent ensemble quatre cents sujets. La première série comprend les scènes del’Ancien et du Nouveau Testament ; dans la deuxième on voit des sujets historiques, allégoriques , moraux, etquelquefois tout à fait profanes ; l’Ancien Testament fournit de nombreux sujets religieux , à commencer parla création et par les scènes du Paradis terrestre, pour finir par l’histoire de la patience et des malheurs de Job.

La vie de la Vierge forme aussi une des grandes divisions de la sculpture des stalles. Aux faces les plus ap-parentes des quatre grandes pyramides, aux dossiers des deux chaires principales, nous trouvons les circons-tances les plus solennelles de sa vie, sa prédestination, les prophétiques merveilles qui la désignent dans lestemps anciens, l’hommage que lui rendent les nations le jour de l’Epiphanie , le mystère de la purification, safuite en Egypte, sa retraite au cénacle, sa mort, son assomption, son couronnement. Le reste de sa vie se trouveécrit sur les lambris des escaliers qui traversent à quatre endroits différents la ligne des stalles basses : sa con-ception , sa nativité, sa sainte enfance, sa présentation au temple, ses humbles travaux domestiques, sa prièredevant l'arche, sa vie dans le temple, la visite que lui font les anges, ses fiançailles, son mariage, l’annonciation,la visitation, sa présence aux noces de Cana, aux prédications de son Fils, et à toutes les circonstances doulou-reuses de sa passion, l’apparition du Sauveur à sa mère, enfin, le mystère de l’ascension. Aucune autre partie de laboiserie n’est aussi finie que celle-là ; l’auteur a pu mener à fin l’histoire de la Vierge sans l’écourter, et, elle nous aété conservée intacte avec tous les panneaux, qu’aucun accident n’est venu endommager. Au sommet desgrandes pyramides placées à l’entrée du chœur se trouvent les deux statues symboliques de la Synagogue et del'Eglise, de l’ancienne et de la nouvelle loi. Comme toujours dans les sculptures du moyen âge, la Synagogue tientd’une main un étendard brisé, et laisse s’échapper de l’autre les tables de la loi; scs yeux sont recouverts d’unépais bandeau. L’Eglise est couronnée d’un riche diadème à lleurons tréflés ; d’une main elle tient un calice, del’autre, qui a été brisée, elle devait tenir le sceptre ou la croix patriarcale. Sur le point culminant des deuxautres pyramides s’élèvent saint Michel, terrassant le dragon, et saint Paul le glaive d’une main, le livre de l’autre.— Pendant que les surfaces les plus apparentes de la boiserie se couvraient de sujets religieux , une autrepartie moins importante était destinée à reproduire des scènes de la vie terrestre et profane ; en regard del’histoire sacrée venait se peindre la vie de l’époque , avec ses vertus, ses vices, ses ridicules et ses moralités.Les accoudoirs et les pendentifs sont recouverts de sujets bizarres et curieux : on remarque surtout un renardprêchant les poules, affublé de la coule monacale et établi dans une tribune carrée, un tailleur d 'imaiges , unarchitecte, dresseur de plans, assis devant une table couverte d’un papier sur lequel il travaille avec la règle,l’équerre et le compas. Enfin le portrait de JeanTrupin travaillant une statuette à l’aide du ciseau et dumaillet ; son nom, précieux dans l’histoire de l’œuvre, est inscrit un peu au-dessus de la tête de l’accoudoir.

— BIBLIOGRAPHIE. —

1” Les stalles de la cathédrale d’Amiens par MM. Jourdain et Duval I 2° Description de la cathédrale d’Amiens , par Gilbert.

(extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie). | 3° Voyages pittoresques dans l’ancienne France , de Taylor.