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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT. —

figure du Christ est magnifique dans cette composition. 4° Les deux disciples d’Emmaüs marchant avec Jésus ;ils portent le costume de pèlerins. 5° Les deux disciples d’Emmaüs, à table avec Jésus , le reconnaissent à lafraction du pain. Ce sujet est renfermé dans une sorte de niche, dont la partie inférieure est un mur crénelépercé de fenêtres, aux extrémités duquel s’élèvent deux tourelles, dont les sommets sont reliés par une courtinecrénelée. 6° Autre apparition de Jésus à ses apôtres. 7 0 Incrédulité et conversion de saint Thomas. Le saintmet son doigt dans la plaie de son maitre et s’agenouille. Par des fenêtres placées de chaque côté, on voit lestêtes d’autres apôtres. 8° La pèche miraculeuse. Le Christ de ce bas-relief est une des plus magnifiques figuresque le moyen âge ait produites ; c’est aussi la plus remarquable de toute la clôture. 9o Mission des apôtres.10° Jésus-Christ, à table avec ses apôtres, leur donne sa bénédiction avant de monter au ciel.

Sous le rapport de l’architecture, les deux parties de la clôture offrent une disposition analogue, mais desdétails très-différents, tous au reste fort intéressants à observer, car ils appartiennent à une époque de l’artqu’on a moins occasion d’étudier que celles qui l’ont précédée ou suivie. En effet, parmi tous les monumentsélevés en France pendant la seconde moitié du moyen âge, c’est-à-dire du XI e au XVI e siècle, ceux du XIV esont les moins nombreux ; cette infériorité numérique est très-sensible.

Au nord, la décoration architecturale se compose de dix-neuf arcatures exhaussées sur un socle profilé(voir la pl.), mais dont la moulure est en partie détruite. Ces arcatures consistent en ogives subtrilobées dontles jambages sont formés par trois colonnettes engagées ayant de hauteur l m ,25 (*). Les plans et les coupes quenous avons donnés dans nos planches de détails, nous dispensent de décrire les chapiteaux et les bases; cesdernières, comme on voit, sont semblables sur toute la rangée, de même que le profil des moulures des arcs; aucontraire, les chapiteaux diffèrent tous, et, étant au nombre de vingt, présentent conséquemment autant detypes, fort curieux à observer. Les tympans des arcs diffèrent tous également ; nous avons reproduit quatredes principaux spécimens sur la planche II. L’ornementation de ces tympans se compose d’animaux fantas-tiques, et surtout de feuillages fort gracieusement disposés. Au-dessus des arcatures règne un cordon, dansla gorge duquel est sculptée une suite de fleurons (**). Le couronnement de la clôture est formé par une sortede petite voussure, dans laquelle court un riche enroulement largement conçu et exécuté , dont le motif estformé par des feuilles de vigne et des grappes de raisin.

Au midi (PL II), les arcatures, également élevées sur un socle, sont infiniment plus fines et plus élégantesqu’au nord. Les chapiteaux reproduisent le profil de ceux du nord , mais sur une plus petite échelle , ce quiaugmente leur légèreté ; leur feuillage ne rappelle plus l’arrangement simple et naturel du XIII e siècle ; lamanière s’y est déjà glissée, et a produit des formes singulières, éloignées de la nature , et qu’on ne pourraitfaire comprendre par la gravure, qu’au moyen de planches soigneusement modelées et de grandes dimen-sions, qu’il ne serait possible d’exécuter que d’après des moulages. Les bases reproduisent le profil de cellesde l’autre côté, mais leur agencement diffère, les fûts offrant un contour beaucoup plus compliqué qu’au nord(Pl. II, fig. 2). Par la même raison, les moulures de l’archivolte diffèrent également ; on y remarque quel’arête y est vive , comme cela est fréquent au XIIP siècle, tandis qu’au nord elle est plate, ce qui est ordinai-rement un indice d’une époque plus avancée ; cependant tout indique que la portion méridionale de la clôtureest postérieure à la portion septentrionale. Il faut se garder, quand on étudie un monument, de considérercomme de peu d’importance les petites variétés du genre de celle que nous venons de signaler ; elles contien-nent souvent un enseignement. Ainsi il est évident qu’il faut voir, dans cette alternance d’arêtes plates ouaiguës des archivoltes, les premières traces de l’apparition des moulures cymatiformes, fort improprementnommées prismatiques, qui ont été presque exclusivement employées au XV' siècle.

Les arcatures du midi, au nombre de 27 en tout, ont leur tympan orné de trèfles à lobes légèrement lan-céolés; elles sont couronnées par un cordon, dans la gorge duquel sont semés des fleurons (Pl. II, fig. 5), etréunies trois à trois, en travées, par de petits piliers qui, en se prolongeant, forment une séparation

(*) Le chapiteau a 0“ ,225 de hauteur, les bases 0 m ,21, et les fûts 0 m ,815, et non pas seulement 0 ra ,760, comme cela est indiquépar erreur sur les planches.

(**) Reproduits en géométral, ces fleurons paraissent déformés et ne donnent plus qu’une idée inexacte de leur motif. C’estau reste le cas avec toute l’ornementation sculptée de l’époque ogivale. Cette ornementation était toujours et exclusivement cal-culée pour la perspective ; et cela est si vrai, qu’il arrive ordinairement que la partie des ornements qui ne peut se voir d’en basest laissée à l’état d’épannelage. On ne peut s’empêcher de reconnaître que ce parti pris était fort rationnel, puisque les édificesne peuvent jamais être vus qu’en perspective. Plus on étudie l’art magnifique des XIII', XIV e et XV e siècles, plus on est contraintd’admirer la sagacité profonde avec laquelle tout y est combiné.