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Deuxième partie.
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— CLOTURE DU CHŒUR DE NOTRE-DAME DE PARIS - —

entre les sujets représentés par les bas-reliefs. Ceux-ci sont abrités par une voussure formée par une suite depetits dais au nombre de sept dans chaque travée. Nous avons donné l’élévation et la coupe en grand d’un deces dais, afin d’en faire apprécier la ravissante composition ; mais nous regrettons que le cadre de cet ouvragene nous ait pas permis de reproduire la suite de ces exquises figurines de musiciens à jambes de satyres , quisont placées au point de réunion des petits frontons. Nous ne connaissons rien de plus délicieux. Il faut avoirvu et touché ces petits chefs-d’œuvre pour avoir une idée du charme qu’ils possèdent, de la finesse merveil-leuse avec laquelle ils sont exécutés, et du talent vraiment extraordinaire qu’ils révèlent. Ceux des petits culs-de-lampe, qui sont ornés de figures, ne sont pas moins remarquables. En général toutes les figurines de cellepartie du monument, angelets, marmousets et bestions, accusent la main d’un artiste hors ligne , et l’on 11 epeut s’empêcher, en les considérant, d’être émerveillé des trésors de talent et de conscience prodigués ainsidans des places où ils sont à peu près inappréciables.

L’examen attentif des deux parties de la clôture confirme de la manière la plus satisfaisante les renseigne-ments historiques que l’on possède sur sa construction. Il est bien difficile, en effet, de ne pas y reconnaîtrel’œuvre de deux artistes d’une même école, dont l’un est venu un peu après l’autre. Dans la partie méridio-nale, la finesse et la complication des formes architectoniques, le style plus maniéré du feuillage, et éga-lement le dessin plus correct et moins lourd des figures sculptées, dont quelques-unes sont d’une grandebeauté, indiquent, ainsi que nous l’avons dit, une époque plus avancée. Or, comme il est tout naturel que letravail du neveu ait été précédé par celui de l’oncle, nous croyons qu’il est infiniment probable que la partieméridionale de la clôture est l’œuvre de Jean le Bouteiller, et celle du nord l’œuvre de Jean Ravy, suppositionque la présence constatée de la statue de ce dernier du côté de la porte Rouge, ne peut que confirmer. Ce qui estcertain, c’est que la supériorité de l’une de ces parties sur l’autre est évidente, car on remarque dans la premièretoutes les qualités de la seconde, augmentées même , et plusieurs des défauts amoindris. Toutes les deux, aureste, exhalent un parfum de naïveté et de piété qui, vraisemblablement, est pour jamais disparu du monde;on y observe également un grand sentiment de vérité, mais qui manque souvent de science. Au moyen âge, lesartistes, étrangers aux œuvres de la statuaire antique, ne puisaient leurs inspirations que dans la religion etdans l’observation de la nature, qu’ils devaient étudier bien davantage qu’on ne le croit généralement : or,comme la nature qu’ils avaient sous les yeux n’était jamais la nature nue, que d’ailleurs ils n’avaient querarement l’occasion de reproduire, ils étaient beaucoup moins capables de rendre le nu que les draperies.D’un autre côté, il est impossible de faire de bonnes figures drapées sans avoir une idée correcte des formes quisont cachées sous le vêtement; c’est pour ces raisons qu’il est si commun de voir, dans les statues du moyenâge, des tètes admirables, des draperies disposées avec infiniment de goût et d’habileté, et des défauts cho-quants de proportions dans les ensembles.

Dans l’origine, suivant la coutume de l’époque, la clôture du chœur de Notre-Dame fut entièrement peinteet dorée. Au commencement du XVII e siècle, cette décoration existait encore intacte : Du Breuil en fait foi. C’estsans doute sous l’épiscopat du cardinal de Noailles, dans la première moitié du XVIII e siècle, qu’on a fait dis-paraître cette magnificence sous des couches de badigeon, répétées depuis un nombre infini de fois. En 1838on a enlevé avec peine ee badigeon, de sorte que l’on aperçoit aujourd’hui des traces nombreuses des couleursprimitives, mais considérablement pâlies. L’architecture était peinte en blanc, bleu, rouge et or; les figuresl’étaient avec leurs couleurs naturelles, et le fond sur lequel elles se détachaient était décoré d’un réticulairedont la couleur est devenue douteuse , mais où l’on remarque des restes de dorure (*). On a eu le bon espritde ne point toucher à ces peintures, mais on a eu la malencontreuse idée de restaurer les personnages. L’ar-tiste chargé de ce travail y a fait preuve de bonnes intentions; mais le résultat n’en a pas moins été ce qu’ildevait être , c’est-à-dire, déplorable. On ne saurait trop s’élever contre cette manie de remettre des tètes etdes bras aux statues qui en manquent, manie qui a remplacé celle de les briser, mais qui n en vaut guère mieux.Qu’on refasse des moulures, qu’on restaure même des feuillages, cela se peut avec de 1 intelligence et du soin ;mais qui peut se flatter de remettre, sur des épaules qui sont veuves de la tète qu elles portaient, une autretête vraiment semblable à celle qui leur manque? Qui vous assure que cette main que vous faites fermée

(*) Ces traces de couleurs qui, dans l’état où elles sont, gênent beaucoup pour juger des formes véritables ; les restaurationsmodernes eu ciment de Molème, qui produisent des taches jaunâtres blessant le regard ; la position élevée des figures, l’obscuritéde la partie du déambulatorium où elles se trouvent, tout se réunit pour rendre leur reproduction graphique d une excessivedifficulté.

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