SECONDE PARTIE. î 39
Ces disserenccs de hauteur nous font juger, que l’on s’est accom-modé de temps en temps aux nécessitez que l'on a eiies d’élever oud’abaisser les toits des bâtimens suivant les disserences des Pays, oumême des matières dont on s’est servi pour couvrir les édifices . caril est constant que l’on a donné bien moins de hauteur à un toictlorsqu’on l’a couvert de plomb ou de bronze, que lorsqu’il n’a estécouvert que de tuiles, & partant que les Frontons de ceux-là ontesté tenus bien plus bas que ceux de ces derniers.
Nous voyons même que les Goths dans leur Architecture ont éle-vé quasi toutes leurs façades en pointes fort aigries, parce que lestoicts des maisons dans les Pays du Nord , aussi bien que ceux quel’on faifoit parmy nous auparavant que l’on fe fust accoutumé deles couper par le haut à la Mansarde, font fort exaucez ôc fort roi-des, asin que les neiges ne s’y puissent point arrester.
Livre VIIChap. 1 1 . *
Différentes hauteursci" Frontons si-lonles pays & les matiè-res des couvertures.
Les Frontons GotUcjues sont fort poin-tus comme les toitsdes Pays froids.
CHAPITRE III.
Des deffâuts des "Frontons modernes .
C E L a me fait dire en passant que Lissage des Frontons en cesquartiers ne fait pas toujours un esset agréable aux yeux deceux qui entendent f Architecture, particulièrement lorsqu’ils cou-ronnent des façades à croupes ou à pignons > dont les toicts fontplus élevez & plus roides que les Frontons ; au delà desquels lescroupes representent une seconde image de Fronton def-agreable& disproportionnée aux autres. Ainsi je crois qu’il faut bien íé don-ner de garde de cet inconvénient , & ne sc servir de Frontons queìorsqu’il's répondent enuerement à la pante des toicts, ce qui est rareparmi nous , ou au moins lorsqu'st n’y a aucune apparence de pi-gnon ou de croupe au derrière d’eux.
Les Anciens falsifient les Frontons des Portiques de leurs Tem-% pies fort grands , & ils remplissoient le vuide de leurs tympans avecdes bas reliefs exquis représentant des Combats , des Histoires, desSacrifices & autres choses , desquelles on voir encore des exemples,comme au Temple de Castor & Pollux à Naples. Et l’on remarqueencore à présent dans le tympan du Frontispice de la Rotonde lestrous des crampons qui y attachoient les Tables de bronze histo-riées , dont il estoit tout rempli. Nous fçavons d’ailleurs que lesplus anciens Architectes Romains remphss ient cet espace de figu-res de terre cuitte & plombée, dont st y en avoir qui estoient d’untravail merveilleux.
Et lorsque les Frontons estoient petits comme fur les Tabernaclesdes Chappelles ou fur des niches, ils Iaissoient le tympan pour laplufpart tout nu d , fans le remplir comme nous Laitons de vilainscartouches pour porter des armoiries , de rouleaux , de grotesques
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Char. III.
Les Eronrons furdes façades à croupesou à pignons íòntdésagréables.
Frontons des Tem-ples antiques fortgrands.
Bas reliefs exquisdaus le tympan de*Frontons.
Tympan des petitsFrontons laissé nud& fans ornemens,