Livre I.Chap. X.
ITn bâtiment dansl'opinion des Ou-vriers de Paris n’apoint de grâce s'iln’a des Cou des Pilastres cou-plés.
l3 o COURS D’ARCHITECTURE
Car il fiudroit parier de tous les Architectes bons 6c mauvais quise sont mcstez de bâtir â Paris depuis plus de cent ans , puisqu iln’y en a qu un ou deux qui ne se soient pas servis de Colonnes oude Pilastres couplez. Jamais usage n’a esté reçcu avec tant de do-cilité de tout le monde que celuy-lâ ; l’on s’en est fait un goust sigénéral que l’on ne croit pas parmy les Ouvriers qu’un bâtimentoionnes puisse avoir aueune autorité si les Colonnes ou les Pilastres ne font
re&rnn. A
couplez.
Ce qui est pardonnable à ceux qui n’ont point vu d’autres Exem-ples : Mais il y a íujet de festonner que tant de beaux Genies quiprofessent l’Architecture aient fait voyage â Rome 6c ailleurs, fanssetre depris de ces pratiques ; 6c que la préoccupation des usages deParis > dont ils n’ont trouvé que trop d’exemples dans les ouvragesrions que S nos° a*r r - modernes d’Italie , les ait empesché de goûter ces proportions ad-chicectes ont vues mirables qui se rencontrent dans les Colonnes des édifices anciens
dans les Ouvrages A . , ,
Antiques^ en staiie, entre leurs hauteurs , leurs groíieurs 6c leurs Entre-colonnes ; dontprendre^deì;^preoc" les distances font si judicieusement compassées, qu’ils ne fçauroientdc pa p°ris d pouces jamais plaire comme ils font, si elles estoient disposées dans d’autrescolonnes couplées, mesures. Je m’estonne , dis-je , qu’ils n'ayent pas veu la disserencequ'il y a entre ces restes qui ont l’approbation universelle, & ces bâ-timens demi Gothiques ou les Anciens ont couplé des Colonnesou des Pilastres.
Les plus modestes de nos Architectes ne les ont couplez que
les plus modestes, £ 1 ■ r ì 11 ir — -i í r 1
ne les ont couplées pour rortiner les encognures de leurs edinces ; En quoy lis íont au-?ncognures! tfi£rieS cunement excusables ayant , outre cette raison de la fjrce qu’ilsprétendent par ce moyen ajouter â cette partie du bâtiment qui efi, , a le plus de besoin, celle de l’exemple dc l’Antique. Car c’est sur
A l’exemple de ,A . ' , . , i> . 1 , ,
rate de Pôle Lc du ce rondement que les Architectes de lArc de Pôle 6c du Tem-Tempie dc Trevi. j e q , sev j ont couplé leurs Colonnes ou leurs Pilastres angu-laires.
Palladio & sca- Palladio qui d’ailleurs imite avec beaucoup de foin les belles pra-mêmetriais jamak t H UCS des Anciens, s’est aussi servi de Pilastres couplez dans leshors des encognû- angles de quelques bâtimens dont il a donné les desseins : Scamozzia fait la même chose ; Mais ni l’un ny l’autre n’en ont jamais coupléailleursqu’aux encognures.
Ainsi j ay dit que cet usage étoit excusable en quelque manière,lcs exemples de ue voyant pas qu’d fust absolument â suivre ; ces exemples de l’An-iksTokmne? cou- t H ue n’ont pas comme je pense assez d’autorité pour leur donnerplies n’ont pas assez cours. L’arc de Pôle ne pade poinr pour estre fans dessauts , 6c ledautoria pour leu temple de Trcvi a des ornemens qui font voir qu’il a esté bâti
dans les temps ou l'Architecture étoit des-ja fort dechiie.
Pour ce qui est de la force que l’on prétend adjoûter par ce mo-yen dans les encognures, il me semble que les Anciens qui fça-voient si bien bâtir , n’ont pas cru qu’il fust nécessaire de couperlcs Colonnes pour les fortifier ; au moins voyons nous qu’aux bouts
donner cours.