QUATRIEME PARTIE.
particulier, qu’il exprime avec emphase la Valeur, la Force, la P ru- Livre XII»dence, la Vigilance & la bonne conduite à la Guerre, aussi bien que Chap. III.la Justice, la Modération, la Clémence , la Magnanimité , la Géné-rosité, la Libéralité ; En un mot toutes ces nobles Vertus qui ren- SutesSvmusdndent le Roy si redoutable dans les Armées & si aimable dans la Roy *
Paix ; Au lieu que tous les autres titres proposez ont quelque défaut, Tous les autres ont& peuvent estre souvent pris en mauvaise part. queues deffauts.
Car celuy de Dieu-donné que le Peuple ignorant, pouffé peut- r? nom d e Dieu-eltre par ceux qui ont mtereit qu u y ait par tout du miracle, avoit pour ceux donc i 3donné pour Epitete au Roy, estoit infuportabíe au Roy-même, & ^» nceeílmiracu 'ridicule à ceux qui sçavoient que la Reine avoir eu diverses fauffescouches avant la naissance du Roy. Celuy de Victorieux A de Con-quérant , qui auroit peut-estre esté supportable ensuite de la rapi-dité des Conquestes d Hollande, paroissoit alors un peu prématuré ;
Outre que les Historiens font ordinairement accompagner les Con- Les conquérant
querans de tant de vices, comme de cruauté, d’injustice, d’ambi-
tion dereglée , d’avarice, de perfidie, & d’autres de cette nature, de . vi «s dans ks
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qu’il a semble dangereux de donner par un titre équivoque la moin-dre atteinte à la réputation si bien establie d'un Prince juste, verace,sincere, généreux , & modéré comme, est le Roy.
Quoique le nom d 'Augufie signifie en Latin quelque chose de saint, Le nom d 1 Augusteou plûtost quelque chose de consacré à la religion des Dieux par parttcuiie^qidTeulçs Augures ; & qu’il ait esté donné dans ce seps à l’Empereur OSIa- dcs viccs e * íCiaWeî 'yius par la flaterie du Sénat : Il n'est pourtant pas assez connu parminous pour en faire une estime capitale. Inapplication qui s'en estfaite pour le nom d’un Homme qui ne s’est rendu le Maître del’Empirc que par des voyes infâmes de cruauté & d’ingratitudc, &l'impieté des Augures & de Lauciene Idolâtrie dont il a tiré sonorigine , pourroient au contraire nous donner de la haine & de l’a-version pour luy ; bien loin de nous en servir de caractère d’hon-neue pour nôtre invincible Monarque. Outre qu il auroit esté peuséant à la grandeur du Roy de luy donner un nom singulier, que lesEmpereurs qui font venus depuis OHavìus jusqu’aux Alemans mêmes,ont pris comme un titre attaché à leur dignité. Lexempíe du Roy Le nom déguste»Philippe íurnommé Augufie , n’a pas même persuadé Messieurs lesPrévost des Marchands & Efchevins ; car ils ont bien fcû que PaulJovc écrivant en Latin les Eloges des Hommes illustres, n’a point conquérant,trouvé d’autre terme que celuy d 'Auguílus pour exprimer en cettelangue le nom de stnquerant que nos Historiens avoient donné à cegenereux Prince.
J’avois quelque inclination pour le surnom de Félix en Latin, pris Lenomde?^ endans fa belle signification qui est d’estre aimé de Dieu, & favorise d Lnï" ssZTfi' 1 'un point , que ce soit luy qui nous inspire tous nos destins & nos entre - ^^'caà^avan-prifes , qui les conduise (d? qui les termine par d'heureux succès^ ; Mais ugeuse en Fran^oi».outre que le mot qui luy répond en François, qui est celui d heufeux,
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