668 COURS D’ARCHITECTURE
Livre H.Chap. I I-
L'on n’a point faitaílcz de rcílexion surla nécessité des E-gouts , lorsque l'ona donné les mesuresde ta chiure desEaux des rues àsaris.
traînant une herse de fer pour emporter tout ce qui auroit pû rési-ster à la chutte des Eaux des pluyes ôc engorger TEgout, faisant desissues de cent en cent toises en forme de portes fermées de bonnesportes de fer du costé du fossé par dehors , ôc d’autres plus petitesen forme de semestres ou de soupiraux bien grillez de vingt en vingttoises , pour donner du jour ôc de l’évent dans toute son étendue,dans laquelle je trouvois assez de pente pour transporter aisément àla Rivière tout ce qui auroit pû tomber dans l’Egout des endroitsde la Ville qui en font le plus éloignez.
Si dans la premiere disposition des rues de Paris, on avoir faitune réflexion serieuse sur la nécessité des Egouts , l’on auroit peut-estre pris d’autres mesures pour la chutte des Eaux ôc pour la pentedes ruisseaux des rues, ôc l’on ne se trouveroit pas , comme on faitaujourd’huy , si sujets aux incommoditez qui font ordinairementcausées par les regorgemens des Egouts ôc le refoulement des Eauxde la Rivière; Aufquelles il est comme impossible de remedier àprésent, à cause des bàtimens publics Ôc particuliers dont il faudroitchanger le ré s de chaussée en plusieurs endroits. Car si l’on y vouloirtravailler efficacement,il se trouveroit des maisons enfoncées au dessousdu niveau des riies, ÔL d’autres tellement élevées qu’il seroit impos-sible d’y aborder. Ce que je dis, asin dc faire connoistre combien ilest important de prévoir dés le commencement à ce qui peut arriverdans la fuite , ôc ne pas s’engager à des choses qui entraînent avecelles des incommoditez , aufquelles il est après impossible de don-ner ordre.
CHAPITRE III.
Çloaques de la Ville de Rome.
Chap. III. T) O u r mieux faire comprendre de quelle conséquence est cetteì matière, je n’ay qu a dire que les Cloaques dc la Ville de Rome,Let cioaquc* de qui font encore a présent en leur entier, font des travaux compara-comjf*rabies^aux JX blés à tout ce qu’iì y a jamais eu de plus grand dans le monde ; IlJ«d?mond° UVra n ’y a flu'à lire ce que Pline nous a laissé par écrit fur ce sujet. Quidit au quinzième Chapitre de son trente-sixiéme Livre , que lesCloaques font un des plus grands Ouvrages dc l’Univers, creusédans le fond de hautes Montagnes, tenant pour ainsi dire la Villede Rome suspendue en l’air, ôc la rendant navigable par dessoussept neuve* ame terre. C est , dit- il, dans les Cloaques que Manus dgrippa, dansquesdeVomepour Tannée de son Edilité &aprés celle de son Consulat,fit dériver septle* nettoyer. Fleuves, qui passant avec une rapidité précipitée comme des Tor-rents, entrainoient tout ce qui s’opposoit à leur course. Ces Fleuvesenflez le plus souvent par les pluyes, frappent , dit-il, continuelle-ment contre les murs du fond ôc des costez des Cloaques ; le Tybre
même