7 io COURS D’ ARCHITECTURE
Livre IV. de ce Sculpteur: Mais Phidias qui, par la connoiíîàncc qu’ii avoitChap. V. de l’Optique , savoir fesset que fa figure devoir faire quand elle le-roit élevée au lieu où on vouloir la mettre , lui fit le visage d’uncmonstreufe largeur , les yeux horriblement ouverts, les narines en-flées , la bouche fendue , ne donnant que des traits forts & pro-fonds dans le marbre aux endroits où il vouloir faire paroistre lesu d ph‘<r r ^dieamens les plus délicats , fans rien finir ni rien adoucir, & don-tepour'estrévUe **" nant enfin à fa statste une figure à faire peur : Qui luy attira pre-h“tcw,pîíSst mierement la moquerie , & ensuite la colere du Peuple qui fut toutfeornbiede pré*, p rc st de l’accablcr de pierres , s’ii n’avoit eu recours aux prières
à la promesse qu’il fit de la corriger & de la mettre en état que toutle monde en feroit satisfait. Il est vray qu’il tint fa figure quelquetemps cachée feignant d’y retoucher, fans vouloir quelle fut ví.ucde personne ; Il ne voulut pas même souffrir âpres savoir mise l'urla Colonne , que le voile dont elle étoit couverte fut ôté , quecelle de son Compétiteur ne fut en place. Apres quoy découvrantson Ouvrage , le peuple d’Athènes ne put , en dépit de I’cnvie,s’empêcher d’admirer la capacité de Phidias , & de luy donner leslouanges & l’approbation qu’il meritoit : Voyant avec indignation& mépris la statue d’Alcamcnc , qui abusant de fa facilité lui avoitauparavant imposé avec tant d’cffronterie. En effet dit Tzetzes, I ont* st«ue á’Akame nc connoiffoit plus rien aux traits finis & fardés de la figure d’Alca-
ne posée en place, • A •/r • 1 . . ^
neparoittpius qu’u-mene, qui ne paromoit plus que comme un tronc informe & lansnc masse fans sonne. an . au ip eu ^ìie dans cc Ile de Phidias, ces traits forts & profonds,& ces parties,dont les mesures veûes de prés paroissoient si dére-Maïs ce|k de Phidias glecs , formoient aux yeux des spectateurs des efpeces si justes , fiLrt^deseipropor- délicates & fi bien proportionnées dans leur élognement, que I on newons ‘ pouvoit fe lasser de la regarder. D’où ce Poète prend en fuite occa-
sion de s’étendrc fur les lostanges dc la Geometne & de l’Optique,employant une de fes Chyliades toute entiere à faire voir, que ni laPeinture, ni la Sculpture, ni même T Architecture, ne fçauroient rienproduire dc parfait fans le secours de ces belles Sciences.
Ces exemples font voir que lelognemcnt peut estre pris pour unedes causes qui ont accoutumé d’alterer les mesures des parties des
«effetsde laper- ^ctimens, & que nous avons eu raison sse conter, comme nous avonsspectree altèrent les fait cy-devant, les effets de la perspective entre les choi es qui peu-donnanccsquHout 1 " vent avoir causé cette admirable variété de hauteurs que nous avonstune fur l’autre. jxmarquées entre les Colonnes, & même entre les Ordonnances quel’on met les unes fur les autres.