Livre IV.Chap. VIII.
Il est à croire <yueVitruve a donné lesproportions des Or-donnances de laScene du Theatretelles «ju’elles doi-vent paroistre , Scnon pas telles cp,'el-le s doivent ellre.
Outre que ces me-sures soin altéréespciu-eílre pat les5camillcs impairs.
Si les mesures desOrdonnances de laScene du Theatre de
Vitruve eitoient enœuvre sens modifi-cation, elles feroientUn effet insupporta-ble.
7 zo COURS D’ ARCHITECTURE.
qui les portent. Car suivant cette doctrine ayant à mettre une figu-re Equestre dans un lieu fort élevé, il faudroit bien se garder de lafaire Colossale de trente pieds de haut ; Elle seroit mème trop gran-de, fi on la faisoit de sa hauteur naturelle de huit ou neuf pieds :& pour la faire réussir parfaitement à la veue, ou au moins à la rai-son , il faudroit seulement luy donner six ou sept pieds de hauteur,Qui est une pensée dont je laisse à tirer les conséquences à d autres.
Ce que l’on apporte en confirmation de ce discours de l’ufage desanciens Architectes , dont Vitruve nous a, dit-on, donné un mo-dèle dans les mesures des disserentes Ordonnances dc la Scene deson Theatre, mérite une plus particulière discusson. Et première-ment, bien qu il soit vray que Vitruve diminue par tout égalementles hauteurs des Colonnes & des Ordonnances qui font posées l’unefur l'autre , à mesure quelles font élevées au dessus de l’œil, & qu’ilne change rien à leurs proportions quelque differcnce qu il y ait dansleur situation & dans leur éloignement ; ll est néanmoins à croirequ’il n’a pas prétendu que les réglés qu’il donne comme en desseinpour les mesures dc ces Ordonnances , fussent moins soumises auxloix de la bonne Architecture que toutes les proportions des autresparties des batimens dont il a enseigné les préceptes ; & qu’un Ar-chitecte ne dust rien changer aux proportions de la Scene du Théâ-tre augmentant ou diminuant suivant la ditferencc de leur situationou de leur éloignement, comme il est obligé de faire par toutailleurs.
De plus, si ce qu’il dit des Scamilles se doit entendre au sens queBaldus luy donne , ces mesures en œuvre seront bien disserentes decelles du dessein ; C’est à dire que la hauteur des socles qu’il fautmettre fur les piédestaux, fous les architraves, & enfin fous les mem-bres qui posent sur des corniches, (laquelle doit estre dc telle fortequelle puisse rendre à ces membres , ce que la saillie des parties quiles portent leur dérobé à la veue de ceux qui les regardent de basen haut, ) augmentera de beaucoup les proportions qu’il donne à sesOrdonnances.
Cela doit auffi arriver quand même on ne parleroit point de Sca-milles ; Car l'on ne peut pas, fans fairectnjure à la mémoire de Vi-truve , se servir autrement des mesures de la Scene du Theatre , quel’on a beaucoup de peine à rendre tant soit peu paílables dans ledessein, même fur le papier, & qui mises en œuvre fans modifica-tion feroient un esset insupportable au jugement des plus habiles: àmoins que l’on nc voulut dire pour f excuser, que son intention zesté que chaque estage fut principalement considéré d’un lieu quiluy fust de niveau -, C’est à dire que le troisième Ordre des Colon-nes de la Scene ne fust vû que des Spectateurs posez a même hau-teur , ou de ceux qui feroient asss fur les dernieres marches du Théâ-tre , Sc le second Ordre par ceux-là seulement qui sc trouveroient
sur