voir aujourd’hui ; mais par l’étude comparée des différentes races,il parvient facilement, les ayant retrouvés chez les unes, à lesdeviner, et partant à les restituer chez les autres. Le cadre denotre étude ne nous permettant pas une longue digression dansce sens, nous nous bornerons simplement à indiquer les emblèmesqui, se rapprochant de la fleur sacrée qui nous occupe, ne sontpour ainsi dire que le commentaire de sa sublime signification.
Le scarabée pétrit en boule une masse infecte de déjectionsanimales, y dépose son œuf, la roule et la durcit en la traînantsur le sable; et, du sein de cette boule, la larve sort insecte bril-lant et s’élève à son tour vers le ciel. L’Égyptien observateur a
fait du scarabée l’image d’une vie nouvelle. « Le phénix, dit Hé-rodote , fait avec la myrrhe une masse en forme d’œuf, la creuse,y dépose le corps de son père et le porte ainsi enveloppé autemple du Soleil, puis s’envole, déployant à l’air pur ses ailes depourpre et d’or » (1). Pour le fellah du Nil , le phénix devientl’oiseau immortel.
Le crocodile noir Avant:-Du .—Ce premier dragon de la légendeceltique a fait déborder le lac des grandes eaux. Hu, le dieu auxailes étendues, aidé de Koridwen,la fée blanche, attèle ses bœufs
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à la coque du monstre. Le lac rentre dans son lit. Les deux épouxmeurent de ce puissant effort, laissant pour leur survivre la belleCreiz-Viou (le milieu de l’œuf). Le Celte voit dans ce germe legrand symbole du principe de la vie (2).
(1) Les Fables sur le phénix oiseau sont très-variées, celle du phénix re-naissant de ses cendres ne s’est accréditée que dans la suite; sur la plu-part des monuments égyptiens, il est représenté s’envolant du sein de la fleurde lotus, issant d une sorte de coupe et passant au-dessus d’une étoile.
(2) Tout à l’heure, nous retrouvions dans l’Hindoustan (voir page 20, li-vraison 9, mars 1867) une légende gauloise, voici dans l’Égypte une croyance,un symbole celtique : le Musée du Louvre est plein d’objets absolumentsemblables à ceux que l’on découvre dans les soi-disant Dolmens de nos con-trées. On cherche l’emmanchement du Celtœ. On en donne des dessins gro-
Mais au-dessus de la boule du scarabée, au-dessus delà myrrhedu phénix, au-dessus de l’œuf d’Hu le puissant, brille partoutdans l’Assyrie, dans l’Égypte et dans la Gaule, le lotus rayon-nant, la fleur, premier' souvenir par excellence de la régénéra-tion.
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Fig. 22 (grandeur d’exécution).
Étui égyptien orné de lotus. — Musée du Louvre.
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Les coupes égyptiennes en sont couvertes (fig. 20-21). On leretrouve dans la main des jeunes filles, à l’œil oblique, qui sem-blent en respirer le doux parfum avec amour (fig. 23). On le re-voit porté par les prêtres à la mitre d’or, qui décorent les bas-reliefs de l’immense Ninive (fig. 24) ; les briques de Babylone enoffrent des vestiges très-apparents (fig. 25). On pourrait le re-connaître même sur les frontons des propylées et dans les anté-
tesques, et il y a des années que Paris en possède de complets encore liés,tels que les élevèrent dans la bataille les Chefs au collier d’or. Ce n’est pasdans de vaines mais pompeuses élucubrations, qu’il faut apprendre h lire lescercles de la grotte mystérieuse, la clef de toutes ces choses est ailleurs. Iln’y a pas tant de différence que l’on croit entre le tertre vert sous lequelMerlin repose et les grandes Pyramides. Les peuplades inconnues de l’Afri-que centrale et des Iles océaniennes, qui dansent la danse du glaive bleu, etbrandissent la hache de pierre, ont peut-être sur la poitrine le mot de l’é-nigme que nous cherchons depuis tant de siècles.