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Dans ce but, la feuille supplémentaire ajoutée pendant l’Exposition universelle , devient une partiedéfinitivement adhérente au Journal.

Inutile de répéter le programme donné à la création de cette feuille; j’ajouterai seulement que jeme suis préoccupé de donner à la rédaction la plus grande extension possible, et à ce sujet je dois medégager complètement de la responsabilité des travaux de mes collaborateurs, dont les idées pourrontquelquefois se heurter et se trouver en contradiction avec mes appréciations personnelles, — c’est direque je laisse le champ libre à tous.

Déjà M. A. Luchet a commencé dans les Arts parisiens la si intéressante Histoire du Meuble; l'Essaisur la Poterie française , de M. II. du Cleuziou, se développe et donne une idée delà quantité énormedes matières et de l’attachante étude qu’il va offrir à nos lecteurs; la remarquable conférence deM. Guichard, sur la décoration intérieure de nos appartements , est arrivée à ses conclusions; et l’Expo-sition universelle fournit un vaste champ à la Chronique.

Cependant mes efforts ne se borneront pas là.

Le présent numéro contient le premier chapitre d’une histoire de la Peinture sur Verre, par un denos artistes les plus distingués, M. Eugène Oudinot , dont je reproduis un remarquable vitrail qu’il aexécuté pour la Cathédrale de Limoges .

M. Prisse d’Avesnes, le savant auteur du grand ouvrage sur l’Égypte , m’a promis un travail sur Y Artarabe, si complètement inconnu de nos contemporains. Je ferai paraître aussi une histoire delà Ferronnerieet de la Serrurerie d’Art, de M. Gillon, l’Architecte le plus autorisé en cette matière. Enfin M. Jean du Boÿscontinuera à émailler le Journal de ses charmantes causeries sur les artistes de la Renaissance.

R. PFNOR.

Paris , ce 1 er juillet 1807.

SOMMAIRE

GRAVURES : Faïence de Rouen. — Crédence en bois de chêne. — Vitrail de l’église de Saint-Pierre de Limoges. —Sculptures de l’Allambrah.

TEXTE .' Explication des Gravures, H. dd C. — La peinture sur verre, Eug. Oudinot. — Essai sur l’histoire de la poteriefrançaise, H. du Cleuziou. — Les Arts parisiens, A. Luchet. — Bulletin, R. Penor. — Chronique de l’Exposition univer-selle , H. du Cleuziou.

FAÏENCE DE ROUEN.

( Nos d’ordre 79 et 80 )

On a tour à tour contesté aux potiers de Rouen et leur ancien-neté et leur originalité. Les uns les font primitivement venir deNevers, les autres les traitent d’imitateurs de l’Italie , de pasti-cheurs de Delft , etc., etc. Nous n’avons pas ici à faire l'histoirede Custode, le soi-disant Nivernais ; de Maclou Abasquène, le soi-disant Italien; de Poirelde Granml, le soi-disant ami passionnéde la Hollande, ni même il soutenir la personnalité si française dans la plus large acception du mot de la faïence de Rouen . Ellese défend suffisamment par elle-même, et il faut avoir le regardà préjugé d’un collectionneur pour que pareille vérité ne voussaute aux yeux du premier abord. De plus savants ont voulu voirdu Chinois spécialement dans l’Ornementation que nous offronsaujourd'hui aux lecteurs. Nous ne discuterons pas davantage aveceux. Nos faïenciers normands du dix-septième siècle cherchaienttout bonnement à s inspirer des dessins de l’orfèvrerie que la vo-lonté royale avait forcé d’envoyer, on sait dans quelle circon-stance, à la Monnaie. Un spécimen de cette orfèvrerie que nous

donnerons par la suite prouvera du reste suffisamment l’opinionque nous émettons aujourd’hui.

Lorsque le roi, qui « avait agité, comme dit Saint-Simon, dese mettre à la faïence » et s’était contenté de vaisselle de vermeilet d’argent, laissant les princes et les princesses du sang mangerdans la terre, lorsque le roi se priva de sa vaisselle d’or, le goûtde la faïence envahit un moment, de par le duc d’Antin, Versailles et la cour. Rouen fabriqua nombre de vases, de plats, de brocs,d’assiettes et chercha nécessairement l'imitation de ces « admira-bles façons d’orfèvrerie » qui disparaissaient dans le creuset deM. Launay. Les oeuvres de cette époque sont marquées d’unefleur de lis. Notre vase possède cette marque, et nous osons ledonner comme type pur de la faïence, « au décor bleu sur émailblanc du siècle de Louis XIV . »

CRÉDENCE EN BOIS DE CHÊNE.

( Nos d’ordre 73 et 76)

Nous donnerons l’explication de ce beau meuble dans un denos numéros prochains, en même temps que les planches dedétail formant monographie complète.