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empereurs et des impératrices. J’en ai vu le plus grand nombre,que M. Hubaut m'a communiqués avec beaucoup de complaisance.Ils sont tous, sans exception, d’une conservation parfaite.Quelques-uns, qui se rapprochent le plus de l’époque de 1 enfouis-sement, ceux de Commode, par exemple, ceux de Pertinax , etsurtout ceux de Septime-Sévère , sont neufs, et semblent sortirde « la frappe ». Je n’ai jamais vu de plus belles médailles « àfleur de coin ». Quelques Adriens sont merveilleux comme puretéde lignes et de relief.
On sait que l’époque des Antonins fut la plus brillante pourl’art monétaire à Rome . Les médailles qui sont ici suffiraient à leprouver. Celles de cette belle époque y foisonnent le plus. Il y alà des « Faustines », par exemple, l’ancienne et la jeune, à rem-plir trois ou quatre sébiles de changeur. Vespasien , avec sa gri-mace renfrognée «faciès nitentis», comme dit Suétone , figure surplus de cinquante de ces aurei. Ceux de son fils Titus sont moinsnombreux, mais il en est un, avec l’exergue : Divus Titus etportant au revers la chaise curule surmontée d’un foudre, qui estd’un grand prix.
Il faudrait citer presque toutes les pièces : une Julio. Domna,femme de Sulpice Sévère et mère de Caracalla , une «Restitu-tion » d’Auguste, par Trajan , qui, comme art et archéologie, esttrès-précieuse; un Ælius Cœsar, très-rare aussi; cinq ou sixPertinax , tous d’un grand prix; deux ou trois Platine, qui ne sontpas moins recherchées à cause de la figure qui est sur le revers.Le prix est là pour la plupart. La face, en effet, reste la même,mais le revers change, et cette différence fait le plus ou moins derareté.
Il y a là, par exemple, une médaille de Commode, bien dignede cet empereur du Cirque, où on le voit sur le revers, faisantbondir son cheval au-dessus d’un lion, qui est fort remarquable etd’un haut prix. Une plus rare encore est un aureus d’Antonin lePieux , avec deux figures sur le revers et l’exergue : Concordiœœternœ. Celle-là paraît avoir été inconnue jusqu’à présent.MM. Cohen et Henry Lavoix , du cabinet des Médailles, que j’aiconsultés hier, m’ont dit ne l’avoir jamais rencontrée.
Comment ce trésor, qui vient attester, par une preuve nouvelle,l’importance de Lutôce au temps des empereurs, se trouve-t-il là?C’est fort difficile à établir.
La date de son enfouissement se trouve indiquée toutefois parle règne du dernier empereur dont les médailles y figurent. Cedernier empereur est Sévère. Or il y eut dans les Gaules , à sonépoque, un grand mouvement et de vives terreurs causés par larévolte d’Albinus , accouru avec les légions de la Grande-Bretagnepour disputer l’empire au César africain.
Lutèce, dont les nautes faisaient alors un grand commerce avecla Bretagne, d’où venait Albinus , pouvait être compromise auxyeux de Sévère par ce mouvement. Ses marchands pouvaientcraindre d’être pris pour complices du rival de Sévère, et puniscomme tels. N’est-ce pas un d’eux qui, cédant à cette terreur,aura caché, avant de s’enfuir, tout ce qu’il possédait dans la cave•de sa maison, dont on a retrouvé les dernières marches auprèsde l’endroit où les pièces d’or continuent à ruisseler sous la pio-che ?
Je donne ma supposition pour ce qu’elle vaut, mais je défiequ’on la réfute par autre chose que par des hypothèses qui, peut-être, ne vaudront pas mieux. »
R. Pfnor.
CHRONIQUE
DE
L’EXPOSITIOM MIVERSELLE
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Si le sentiment de la famille et du foyer paternel s’en allait dureste du monde, je crois qu’on le retrouverait encore dans lepays de Flandre , pays des légendes patriarcales, mais aussi paysdes communes des Brodeurdès antiques, des grandes unions ci-viles.
Partout en Belgique , en Hollande et même dans le nord de laFrance , vous rencontrez, sur les grandes places, les parloirs auxbourgeois, comme on disait jadis, la maison commune, l’hôtel deville avec son beffroi, son guetteur de nuit, son carillon joyeuxdes fêtes et son bourdon sonore des funèbres tocsins. Anvers ,Bruxelles, Ypres, Bruges, Louvain, Gand , et dans nos départe-ments du Nord, Compïègne, Douai, Béthune, Saint-Quentin ,Saint-Omer , ont les fiers témoins de ces glorieuses associationsd’autrefois.
Si, d’autre part,il vous est donné de vous asseoir près de l’âtresacré où le vieux père a sa place d’honneur, et près duquel seréunissent les têtes blondes, les cornettes blanches et tout aussibien, les fronts brunis et les grands fils au regard placide, queverrez -vous encore ? l’amour de chez soi, de l’intérieur, et, commenous le disions plus haut, le sentiment de la famille.
Pourquoi s’étonner alors de constater au palais du Champ-de-Mars, dès le début de la promenade à travers les produits de cesnations, ce cachet particulier. Soit que nous commencions par lesfermes extérieures, soit que nous prenions les galeries de l’his-toire du travail, un caractère plein d’une intimité charmante faitressortir spécialement ces contrées et semble attirer, au milieude l’éclat des nations voisines, l’observation calme du visiteurfatigué.
Après avoir admiré les Noces de Cana , de Yéronèse, l’œil aimeà se reposer en contemplant un Gérard Dow . Après s’être saturéfies plaisirs de la grande ville, on est heureux de s’étendre à l’ombre fraîche des arbres touffus.
Dans la métairie, il n’y manque que les grands bœufs, leschevaux et l’entourage obligé de pigeons qui voltigent sur lagrande porte de la ferme, de canards qui barbotent dans l’étang,de poules qui jasent, de moutons qui bêlent ; et pourtant elle adéjà l’air si habitée, qu’on ose à peine commettre l’indiscrétiond’y pénétrer. Près de la maison des ouvriers belges, on jette uncoup d’œil furtif à travers l’huis entrebâillé, puis on passe.
Au musée rétrospectif, ce ne sont que grands chenets de cuivrequ’on croirait enlevés aux vastes cheminées du palais de justicede Bruges ou à la salle des mariages d’Anvers , immenses platsrepoussés, cabinets peints, chandeliers de fer, lustres avec bran-ches contournées, sièges à dossiers sculptés, larges fauteuils dechêne, grandes armoires à serrer le linge blanc des belles bour-geoises, petits coffrets ciselés, livres d’heures, dressoirs en faïenceet tables à pieds tournes. Puis auprès, les souvenirs des longsvoyages à travers l’Océan, les conques ornées d’or et d’argent,les petits vaisseaux, les tapisseries représentant la mer couvertede voiles innombrables. Loin du pays, le dur marin rêvait auport tranquille, à la maison silencieuse, à la compagne fidèle, aux