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limpide et pure dans des aiguières d’or ou d’argent d’une formeanalogue à celle que nous donnons.

La figure 8 est celle d’une OEnochoé (<woç vin, xsw verser); elleservait dans les repas. Quand le maître tendait la coupe noncha-lamment étendu sur le lit circulaire, l’esclave levait le vase con-sacré à Bacchus , comme l’indiquent assez les boucs lascifs et lesanimaux tracés sur sa panse richement peinte, et versait à pleinsbords le cœcube, le falerne ou le vin du consulat de Plancus .

Xunc est bibendum, etc.

La figure 6 est une Ydria (uooa, eau); c’était l’urne que por-taient sur la tête les femmes qui allaient à la fontaine; l’anse laté"raie était destinée à placer la main droite, dans ce geste si gracieuxdes bas-reliefs antiques. Au fond des provinces non encore muniesde bornes-fontaines, parfois, au détour d’une rue, le voyageurrencontre de belles jeunes filles à l’œil vif qui marchent assezsemblables aux canephores grecques des vieux âges, la cruche entête, la main sur la hanche, sans se douter qu’elles portent à lamaison ce que les savants désignent sous le nom d’ydria.

La figure 5 est un Cyathus. C’était la tasse dont l’esclave se ser-vaitpour puiser dans les cratères, afin d’enlever les impuretés quipouvaient souiller le liquide. L’échanson, le chef du gobelet, esttoujours désigné, dans les auteurs, sous le nom de servus àcyatho.

La figure 7 est un Simpulum en usage surtout dans les sacri-fices. Le proverbe français « une tempête dans un verre d’eau »avait son analogie en latin, ce petit ustensile en était l’objet. Lelatin disait : « Excitare [luctwm in simpulo. »

ASSIETTE.

d’après une ancienne gravure.

{ No d’ordre 94)

Nous avons donné, dans un numéro précédent, le service desviandes; nous donnons aujourd’hui le service des poissons ; nouscompléterons la collection par celui des fruits dans une prochainelivraison.

Je ne reviendrai pas sur ce que je disais naguère de l’opportu-nité de faire concorder, en ornementation, la décoration d’unobjet avec sa destination certaine; il y aurait trop de choses àredire sur ce sujet, et l’espace me fait défaut pour de plus amplesdissertations.

H. du C.

LES ARTS PARISIENS

-CO-

LE MEUBLE

( Suite )

Et les commis-voyageurs du bric-à-brac ramassèrent tout cequi était vieux, sans choix, partout, à mesure et pêle-mêle, frusteou non, mauvais ou bon. Un panneau, une corniche, une tête, unpied, le dessus sans le dessous, la porte sans l’armoire ou l’ar-moire sans la porte, pourvu qu’il y eût trace ancienne d’un ci-

seau, d’un couteau ou d’un burin quelconque. C’était laid le plussouvent, mais c’était vieux. Donc c’était beau.

Ces limiers de l’antiquaille sont ardents à leurs œuvres. En faitde nez, les plus fins ne les valent ; ils lèveraient de l’archéologieoù les savants n’ont jamais vu que des bûches. Ils raflèrent d’a-bord des choses très-bonnes, pour ce qu’ils voulurent, un rien,de l’argent, de la toile, du vin, du bois neuf ou des livres; échan-geant généreusement un hanap contre une carafe et le chêne noirsculpté pour le peuplier plaqué. C’est par leurs escroqueries in-nocentes, renouvelées du négoce entre navigateurs et sauvages,que nos paysans bretons, picards et autres reçurent tant et de simauvais meubles dont ils n’ont jamais connu l’usage. On leuravait pris un lit du temps des ducs, on leur envoyait un piano,ou bien une table à ouvrage au lieu d’un bahui. Après consulta-tion et réflexion, sur l’avis du curé principalement, du piano ilsfaisaient une armoire, et mettaient dans la table leurs oignons etleurs cuillers. Voilà comme le progrès vient toujours de Paris .J’ai vu près de Vannes un tableau peint à l’huile qui servait d’é-cran au maire du lieu. On avait percé la toile pour y ajuster desmontants.

Plusieurs maisons honorables gouvernaient ce trafic, dont riaitfort l’ébénisterie du faubourg Saint-Antoine, si fière et si sûre del’avenir immense avec son lit à flasques, sa commode plate et sachaise-gondole aux quatre jambes baiftales. Leur bric-à-brac illus-trait trois quartiers particulièrement, le quai Voltaire, la Chausséed’Antin et le boulevard Beaumarchais. C’est là que venaient s’é-chouer, comme des épaves, tous les vieux débris, tous les lam-beaux sacrés, et que des hommes spéciaux, menuisiers en vieuxcomme il y a des cordonniers, les réparaient, les rejoignaient, lesrecarrelaient. Trois de ces poseurs de béque/s ou rétameurs demeubles , comme plaisamment on les appelait, sont devenus richeset demeurés célèbres : le père Monbro, le père Senlis et un ou-vrier de celui-ci, M. Ribaillier aîné. Sous leurs mains habileset faites à la peine, les. vieilleries se remettaient sur pieds, re-prenaient une forme et un lustre, se remboîtaient, se réarticu-laient. Ces liommes-là ont accompli des résurrections splendides,et ce n’est pas nous, certainement, qui leur demanderons, plusqu’aux autres restaurateurs, compte de leurs rintodages et deleurs repeints. Tout est bien qui finit bien, et 1 acheteur, en cetemps, était encore plus heureux que le vendeur. Les musées im-périaux en font bien d’autres, sous l’œil de l’art et la protectiondu budget !

Paris bientôt ne fut pas seul à ce travail de refaçons hardies.Le gai Dijon aussi s’en mêla, et d’autres villes, qui avaient été,comme Dijon , centres de pays à beaux moines et hauts seigneurs,les deux seules espèces bien meublées de jadis. D’abord on nevoulut que du tout ancien, du moyen âge, la mode en étant venuepar le beau roman de Notre-Dame . Ce fut alors que M. Duponchel,un artiste, fit sa fameuse et superbe chambre à coucher de Char-les VIL Grand et vaste goût, en effet, qui, à défaut de l’impos-sible réforme de l’habillement, servit au moins de prétexte etdonna plusieurs hivers pour scène à des travestissements et mas-carades magnifiques. L exactitude historique des costumes et dé-cors de théâtre date aussi de ce temps. Jusque-làle théâtre n’avaiteu de vrai que la toge et l’épitoge, laborieuses restitutions deTalma Manlius, sévères, roides et tragiques comme le pli de nosrideaux et l’angle droit de nos cheminées : à partir de là il voulutet il lui fallut tout avoir. Nous faisions véritablement de bellesétudes en cette époque chaude de 1832 ; nous prenions l’art très