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ORNEMENTATION
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ANNÉE
t‘ r JANVIER 1868
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19» LIVRAISON
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ADMINISTRATION
RÉDACTION ET ABONNEMENTS 4àÉ|.
M. Rodolphe PFNOR
RUE DE YAUGIRARD, 140
ABONNEMENTS
A LA
LIBRAIRIE
ARTISTIOUE
18 , RUE BONAPARTE
SOMMAIRE
GRAVURES : Miniature d’un manuscrit du XIV e siècle. — Modèles de la C’ramique antique. —Vantail et Panneaux dela porte du château de Schwerin. — Patère antique.
TEXTE : Explication des Gravures, H. du C. et A. DeLaRocque. — Les Arts parisiens, A. Luchet. — La Peinture surverre, E. Oudinot. — Galerie de l’Histoire du travail, A. DeLaRoco'je.
MINIATURES D’UN MANUSCRIT DU XIV e SIÈCLE.
Saint Méen. — Saint Yves.
(Nos d’ordre 109 et i 10)
Les deux miniatures que nous donnons dans cette livraisonproviennent d’un manuscrit de la fin du quatorzième siècle,trouvé dans le diocèse de Saint-Malo.
La figure du saint Yves doit être la plus ancienne représenta-tion connue de ce vénérable personnage.
La délicatesse des ornements, le fini du travail, le pays où futdécouvert ce manuscrit, le choix des sujets qu’il traite, tout nousporte à croire qu’il a dû voir le jour dans un des antiques monas-tères des départements actuels de l’Ille-et-Vilaine ou des Côtes-du-Nord, ou peut-être sous les voûtes majestueuses du montSaint-Michel , dans ce bâtiment de la merveille qui servait debibliothèque aux Bénédictins , sanctuaire des sciences où régnaitle majestueux silence des grèves et d’où l’œil pouvait se reposer
des fatigues de l’étude, en plongeant dans l’immensité de l’hori-zon bleu des mers.
Un mot des sujets que traite notre peintre.
Le premier représente saint Méen (sanctus Mevennus).
Le second saint Yves (sanctus Yvo ).
Saint Méen était natif de la province de Cambrie en l’isle deBretagne , ainsi que le dit son cantique :
Selon l’histoire de sa vie,
Il était d’illustres parents;
L’Angleterre fut sa patrie,
Il y passa ses jeunes ans.
Il vint en Armorique avec saint Samson, l’archevêque de Dol,« qui, l’ayant reçu à profession et conféré les ordres, lui donnason obédience et bénédiction, et l’envoya évangéliser la con-trée. »
Arrivé à Gaël, il fut accepté dans le pays « par un seigneur,bon catholique, aumosnier et religieux, » qui lui donna sa maison